Plongée dans le site témoin d’enfouissement des déchets nucléaires, à Bure (Meuse)
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Le projet de Bure vise à enfouir au moins 83.000 m3 de déchets nucléaires.
Juliette Raynal
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Le projet de Bure vise à enfouir au moins 83.000 m3 de déchets nucléaires.
Juliette Raynal
C'est un projet vertigineux, quasiment inimaginable à l'échelle d'une vie humaine. Et pour cause, celui-ci part d'un constat déroutant : nul ne peut prédire l'avenir de nos sociétés, ni écarter leur éventuel délitement dans 500, 1.000 ou 10.000 ans. Un scénario du chaos incompatible avec l'entreposage en surface des déchets nucléaires les plus radioactifs, dont on sait qu'ils resteront dangereux pendant des dizaines, voire des centaines de milliers d'années. Car d'ici là, il sera impossible de garantir que les générations suivantes disposeront des moyens suffisants pour gérer cet héritage toxique, sans s'exposer à des contaminations mortelles ou à un déversement dans l'environnement.
Telle est la raison d'être de Cigéo, cet immense complexe qui devrait se déployer dans les départements de la Meuse et de la Haute-Marne... ou plutôt en-dessous. Acronyme de « Centre industriel de stockage géologique », Cigéo repose sur une idée insolite : celle de ne pas compter sur l'homme du futur pour s'occuper de ces matières. Dans le détail, il s'agit des éléments de moyenne activité à vie longue (MA-VL), qui constituent 3% du volume des résidus radioactifs pour 4% de leur radioactivité. Mais surtout, de ceux de haute activité (HA), qui ne constituent que 0,2% du volume total... pour 96% de leur radioactivité totale en France.
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Quelque 85.000 mètres cubes de ces déchets, dont la moitié existent déjà, devront ainsi être confinés à un demi kilomètre sous terre. Et plus précisément dans une couche argileuse de 130 mètres d'épaisseur stable depuis 155 millions d'années, avant que le lieu ne soit définitivement scellé autour de l'an 2150. De quoi enfouir l'épineux problème de leur prise en charge, espère-t-on à l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), l'établissement public chargé de s'en occuper.