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Pollution plastique de l’eau : pas d’impact sur la santé, jusqu’à quand ?

Dominique Pialot

Publié le 22 août 2019 à 15:27 - Mis à jour le 22 août 2019 à 16:03

Minuscules polymères synthétiques et non biodégradables, les microplastiques s'accumulent dans les sols et dans les eaux, de surface (et donc les océans) ainsi que les eaux souterraines. Même si leur impact sur la santé humaine n'a pas encore été clairement établi, ils sont désormais entrés dans la chaîne alimentaire et affectent certains animaux. (Photo : petits morceaux de polyéthylène trouvés dans une pâte dentifrice.)

Minuscules polymères synthétiques et non biodégradables, les microplastiques s'accumulent dans les sols et dans les eaux, de surface (et donc les océans) ainsi que les eaux souterraines. Même si leur impact sur la santé humaine n'a pas encore été...

Dantor, via Wikipedia (CC BY-SA 3.0)

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Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé publié ce 22 août, les niveaux actuellement connus de micro-plastiques dans l’eau potable seraient "sans danger". Mais au rythme où ils se répandent, sachant notamment que les consommateurs de produits marins ingéreraient jusqu'à 11.000 microparticules de plastique chaque année, et vu le peu d'études fiables sur le sujet, cette affirmation pourrait vite s'avérer téméraire.

Sur les trois risques qu'elle a étudiés (risque d'ingestion, risque chimique et risque de bactéries agglomérées), l'OMS estime « faible » l'impact sur la santé humaine des micro-plastiques présents dans l'eau potable.

Néanmoins, une étude publiée par l'université de Gand, en Belgique, montre que les consommateurs de produits marins ingéreraient jusqu'à 11.000 microparticules de plastique chaque année. Jusqu'à 1% de ces microparticules sont absorbées par le corps humain.

En outre, deux bémols doivent être apportés à cette évaluation rassurante. Le sujet reste aujourd'hui mal documenté. Il existe en effet peu d'études fiables, et celles qui existent sont difficilement comparables. C'est pourquoi l'OMS incite les chercheurs à se livrer à une évaluation approfondie sur la base de méthodes standardisées.

Péril en la demeure

On craint en effet que le risque d'absorption de très petites particules (les nano-particules) soit plus élevé que ce qui est aujourd'hui documenté.

Surtout, si les émissions de plastiques se poursuivent à leur rythme actuel, le risque pour les écosystèmes aquatique serait nettement plus important, ce qui entraînerait de façon quasi-mécanique un danger accru sur la santé humaine.

Les déchets plastiques causent déjà la mort de plus de 1 million d'oiseaux marins et de plus de 100.000 mammifères marins chaque année, et l'on estime que, en 2050, 99% des animaux marins auront ingéré du plastique.

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Jusqu'à un tiers de croissance en moins

L'OMS souligne également le rôle essentiel du traitement des eaux usées, dont l'action consiste notamment à supprimer 90% du micro-plastique.

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En outre, une étude rendue publique par la Banque mondiale en début de semaine faisait état d'une dégradation de la qualité de l'eau et de son impact sur la croissance économique de certains pays. Les pays en développement, notamment, pourraient voir leur croissance amputée d'un tiers en raison d'une détérioration de cette qualité de l'eau. Or, le plastique est, avec les bactéries et les produits chimiques, l'un des responsables de cette détérioration.

Dominique Pialot

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