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ClimatEnergie & Environnement

Réchauffement climatique : la France métropolitaine doit se préparer à 4°C de plus

latribune.fr

Publié le 04 mai 2023 à 15:44 - Mis à jour le 04 mai 2023 à 16:32

sécheresse quais de Loire

La sécheresse sur les quais de la Loire en mai 2023. (Photo d'illustration)

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Le Conseil national de la transition écologique (CNTE) a annoncé, dans un avis présenté ce jeudi, que la France métropolitaine devait se préparer à un réchauffement climatique allant jusqu'à +4°C en métropole et encore au-delà dans certains territoires d'Outre-mer.

Le constat dressé par Conseil national de la transition écologique (CNTE), ce jeudi, est des plus alarmants. Selon l'avis adopté par cette instance qui regroupe représentants de collectivités territoriales, ONG, syndicats, patronat et des parlementaires, la France doit se préparer à un réchauffement climatique allant jusqu'à +4°C en métropole.

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« Nous sommes sur une trajectoire vers les 3°C au niveau mondial et donc pour la France métropolitaine ça veut dire +4°C », a précisé le sénateur écologiste et vice-président de la commission spécialisée du CNTE Ronan Dantec. Le réchauffement est en effet plus marqué en France métropolitaine par rapport à la moyenne mondiale. La situation variera, par ailleurs, en Outre-mer selon la situation géographique des territoires, a-t-il souligné : « Saint-Pierre et Miquelon ira au-delà de +4°C, et d'autres territoires avec l'inertie de l'océan seront plus proches du +3°C, qui est la moyenne mondiale ».

L'avis propose ainsi « de retenir, pour la trajectoire d'adaptation au changement climatique, l'hypothèse générale d'un réchauffement global de 3°C d'ici la fin du siècle, croisant 1,5°C en 2030 et 2°C en 2050 ».

Un consensus avec le gouvernement

Le député a souligné que cet avis avait été adopté « à l'unanimité ». « Ça dit un consensus aujourd'hui de la société française dans sa prise de conscience qu'il faut affronter la réalité de ce changement climatique, et de manière lucide », a-t-il ajouté en présentant cet avis à des journalistes.

Ce constat est également en ligne avec les conclusions du gouvernement. L'avis suit, en effet, les préconisations du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, qui appelle depuis quelques mois à sortir du « déni » et à préparer la France à un réchauffement possible de 4°C. La précédente mouture (2018-2022) du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) se fondait sur des hypothèses moins pessimistes d'une hausse moyenne des températures de 2°C par rapport à l'ère préindustrielle. La France prépare désormais son troisième plan. « Non pas que ça veuille signifier que nous renonçons à des ambitions climatiques. Nous devons agir comme si tout dépendait de nous, mais nous devons nous adapter en mesurant que tout ne dépend pas de nous », a jugé le ministre, ce jeudi.

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Des engagements mondiaux bien difficiles à tenir

À l'échelle mondiale, l'accord de Paris prévoit de contenir le réchauffement à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle, quand les humains ont commencé à utiliser en masse les énergies fossiles responsables du réchauffement climatique. Mais cet objectif semble désormais bien difficile à atteindre. Les engagements actuels des pays signataires de l'accord ne permettent pas de tenir cet objectif, ni même celui de contenir l'élévation de la température à 2°C. Ces engagements, en admettant qu'ils soient intégralement tenus, mettraient au mieux le monde sur la trajectoire de +2,4°C à la fin du siècle et, au rythme actuel des émissions, sur celle d'un catastrophique +2,8°C.

D'autant que la précédente COP, marquée par d'âpres négociations qui ont largement débordé du calendrier prévu, s'est soldée par un bilan mitigé. De nombreux pays ont même dénoncé ce qu'ils considéraient comme un recul sur les ambitions définies lors de précédentes conférences malgré une déclaration appelant à une réduction « rapide » des émissions, mais sans ambition nouvelle par rapport à la dernière COP de Glasgow en 2021.

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Pour la COP28, qui se tiendra en novembre à Dubaï, son président, l'émirati Sultan Ahmed al-Jaber, a prévenu de sa volonté « d'accélérer le développement des énergies renouvelables, qui doivent tripler leur capacité d'ici à 2030 et la doubler à nouveau d'ici à 2040 ». Un objectif qu'il avait déjà fixé mi-avril dans le huis clos du sommet du G7 réunis à Sapporo (Japon) et qui est également prôné par l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Cette dernière a estimé, dans un récent rapport, que les ajouts de capacité d'énergies renouvelables devaient tripler d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2022. Il s'agit de déployer au niveau mondial environ 1.200 Gigawatts (GW) par an, selon l'AIE.

(Avec AFP)

latribune.fr

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