Retour en grâce du nucléaire dans le monde : EDF tisse sa toile à l'étranger
Marine Godelier
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Stephane Mahe
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Les industriels du secteur peuvent souffler : dix ans après l'accident de Fukushima, l'atome revient en force. Y compris en France, où, malgré la fermeture de la centrale de Fessenheim, Emmanuel Macron a récemment officialisé son souhait de construire de nouveaux réacteurs. Mais le mouvement ne concerne pas que l'Hexagone : en plus des ambitions chinoises en la matière, la fission suscite l'intérêt de divers pays, comme l'Inde, la Pologne ou encore la République Tchèque. Signe de ce retour en grâce, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a même relevé ses projections cette année, pour la première fois depuis 2011, prévoyant jusqu'à un doublement de la puissance installée d'ici à 2050.
Et pour cause, de nombreux Etats espèrent y gagner en souveraineté énergétique, à l'heure d'une transition obligée des modèles. Surtout, plusieurs d'entre eux comptent sur cette technologie pour répondre aux exigences de décarbonation de l'économie. En effet, les énergies fossiles polluantes (charbon, pétrole, gaz) comptent encore pour plus de 80% du mix mondial, tandis que la production d'électricité d'origine nucléaire, elle, présente l'avantage d'émettre peu de gaz à effet de serre.
Sans surprise, la question agite la sphère bruxelloise : depuis plusieurs mois, la Commission européenne planche sur l'inclusion ou non de l'atome dans sa « taxonomie verte », une classification des activités jugées bénéfiques pour l'environnement. A l'ouverture du « World nuclear exhibition » (WNE), le plus grand salon mondial du nucléaire qui s'est tenu de mardi à jeudi à Villepinte, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a ainsi promis qu'il serait inclus à cette précieuse liste « dans les jours qui viennent ». De quoi débloquer de nombreux financements de la part d'investisseurs, désireux de miser sur les technologies du futur.
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Et de quoi, par là-même, relancer le fleuron français EDF, alors que son PDG, Jean-Bernard Levy, s'était inquiété en début d'année de voir le groupe « relégué en deuxième division ». Et pour cause, durement touché par la crise sanitaire et handicapé par les déboires du chantier de l'EPR de Flamanville et surtout, selon lui, par l'ARENH, celui-ci essuie une dette de plus de 40 milliards d'euros.
Marine Godelier