Suez et La Poste unissent leurs forces pour conquérir le marché des déchets de bureau

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La société assure que 100% des déchets collectés seront valorisés: la plupart recyclés, sauf les gobelets, aujourd'hui recyclés seulement à 1%, qui seront valorisés énergétiquement.
La société assure que 100% des déchets collectés seront valorisés: la plupart recyclés, sauf les gobelets, aujourd'hui recyclés seulement à 1%, qui seront valorisés énergétiquement. (Crédits : Reuters)
Les deux groupes créent une entreprise commune, qui reprend le nom d'un service déjà proposé par La Poste depuis 2012, Recygo. Elle propose dans toute la France la collecte et le recyclage de l'ensemble des principaux déchets de bureau: papier, bouteilles, canettes, cartons, gobelets et cartouches d'encre.

Même si une offre existe déjà, il y a encore de la place pour davantage d'acteurs. En France, seulement 20% des déchets de bureau sont recyclés, selon l'Ademe, malgré la taille du gisement: quelque 1,7 million de tonnes jetées chaque année par les 13 millions de Français qui travaillent dans un tel contexte. Le "décret 5 flux", qui depuis 2016 étend progressivement l'obligation de tri à la source à l'ensemble des entreprises, peine en effet à s'imposer, en l'absence, pour le moment, de toute forme de contrôle.

La Poste et Suez investissent donc dès aujourd'hui ce marché, en développant ensemble une nouvelle offre de collecte et de recyclage sur tout le territoire français, ont annoncé les deux groupes jeudi 29 mars. Ils créent notamment une entreprise commune, qui reprend le nom d'un service déjà proposé par La Poste depuis 2012 mais jusqu'à présent limité aux déchets en papier des PME, Recygo.

8.000 clients pour commencer

Appartenant désormais pour 51% à La Poste et pour 49% à Suez, Recygo passe ainsi à la vitesse supérieure, en proposant la collecte et le recyclage de l'ensemble des principaux déchets de bureau: papier, bouteilles, canettes, cartons, gobelets et cartouches d'encre. La complémentarité du maillage logistique fin de l'opérateur de services postaux et de la puissance industrielle du recycleur permet aussi à la nouvelle société d'étendre ses activités aux plus grosses structures, en leur proposant des solutions pour l'ensemble de leurs sites, expliquent les deux groupes.

Si elle s'appuiera initialement sur les 6.000 clients déjà conquis depuis 2012 par Recygo et sur 2.000 supplémentaires venant de Suez, mais elle espère conquérir au moins 50.000 sites dans les cinq ans. Ses 30 salariés (pour la moitié venant de Suez et de La Poste) ne s'occuperont que du marketing et des ventes, la collecte et le recyclage étant matériellement pris en charge par La Poste et Suez.

L'inscription en ligne

Mais comment convaincre les entreprises jusqu'à présent réticentes à enfin s'y mettre ? Corinne Sieminski, ancienne de Suez et présidente de Recygo, parie surtout sur la simplification des démarches demandées aux futurs clients, qui à partir d'aujourd'hui peuvent s'inscrire sur un site dédié, pour recevoir six jours plus tard les premiers conteneurs. L'offre -qui peut inclure le déserchivage- est "packagée" en fonction des différents besoins: avec ou sans abonnement, plus ou moins personnalisée etc. Un prix unique sera pratiqué indépendamment de l'emplacement géographique, à partir de 1,7 euro par salarié par mois.

Recygo insiste aussi sur la transparence: une application digitale permettra de suivre  entièrement le parcours des déchets, ainsi que d'être informé de l'impact environnemental de la démarche (émissions de gaz à effet de serre évitées, eau économisée etc.). La société assure que 100% des déchets collectés seront valorisés: la plupart recyclés, sauf les gobelets, aujourd'hui recyclés seulement à 1%, qui seront valorisés énergétiquement.

Un engagement sociétal est enfin mis en avant, puisqu'une partie du tri et du recyclage seront réalisés par des personnes éloignées de l'emploi, via deux structures internes des deux groupes déjà dédiées à la réinsertion: Rebond chez Suez et Nouvelles Attitudes chez La Poste. Recygo promet également d'accompagner ses clients dans la pédagogie auprès de leurs salariés, ainsi que dans la réduction des déchets: notamment des gobelets, qui la loi a condamnés à disparaître en 2020.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2018 à 14:44 :
Les populations «  aussi » recyclent les déchets en triant pourtant il n’y a pas de déductions des « taxes pour cette utilité publique « 
Suez et Poste sont des grands groupes :
Donc ... ils vont «  prendre » le travail des petites entreprises de services aussi , non ?
C’est l’histoire des requins qui mangent des sardines...
Jamais «  satisfait «  toujours plus et plus...
D’argent mais tout en supprimant des postes...

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