Voté mi-décembre à l'Assemblée nationale, l'amendement 428 de la loi sur l'accélération de la production d'énergie renouvelable visant à revoir la répartition des taxes des éoliennes maritimes en fonction de la densité des résidences secondaires a fait bondir le maire socialiste de Saint-Nazaire, David Samzun. « C'est un scandale ! Et clairement, un cadeau fait aux communes riches », s'étrangle l'édile socialiste qui, avec 2% de résidences secondaires, chiffre sa perte à 242.519 euros par an quand la Baule, avec 60% de résidences secondaires, voit son enveloppe gonfler de +150.000 euros.
Si la somme en jeu ne fera pas vaciller l'économie nazairienne, le maire en fait une question de principe. « De symbole ! », ajoute-t-il. « On a d'un côté une ville industrielle, qui depuis dix ans, a investi et structuré la filière éolienne, aménagé sa voirie, construit des logements sociaux -29%- pour héberger les salariés de cette industrie, a fermé une plage pendant seize mois pour passer des câbles... et à qui l'on dit ce sera -20% et de l'autre, une cité balnéaire -comme La Baule, entre autres- qui n'a pas investi dans le développement de l'éolien et va toucher 20% de plus », dénonce-t-il.
Perçues par l'Etat au profit des collectivités locales et de divers organismes, la taxe annuelle sur les installations de production d'électricité utilisant l'énergie mécanique du vent concerne les eaux intérieures, la mer territoriale... dans un rayon de 12 miles nautiques (22 kilomètres). Calculées à l'origine pour neuf communes, (Saint-Nazaire, la Baule, Pornichet, le Croisic, la Turballe, Batz-sur-mer...), ces taxes, payées par EDF Enr, représentent 8,9 millions d'euros dont la moitié est fléchée vers les communes où les installations sont visibles. Trop, selon certains. Des élus de la presqu'île guérandaise s'en étaient fait l'écho auprès du président de la République lors de sa venue, le 22 septembre dernier, pour l'inauguration du premier parc français offshore. « On a voulu que soit prise en compte la disparité de communes plus petites jusque-là moins bien traitées comme le Croisic et Batz sur Mer, où la gêne est réelle», justifie le maire de la Baule LR Franck Louvrier, auteur d'un courrier, cosigné par les maires de la presqu'ile, et adressé à la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Pour sa part, le maire de Saint-Nazaire avait mis en garde : « Si vous voulez prendre en compte les résidences secondaires très bien, mais par contre ça ne peut pas être au détriment de Saint-Nazaire...»