Les éoliennes terrestres, si mal aimées, vont rapporter près de 8 milliards d'euros à l'Etat

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) estime que les énergies renouvelables en France seront rentables pour l'État en 2023. La filière éolienne terrestre y contribue majoritairement, à hauteur de 7,6 milliards d'euros.
Pour la première fois, les énergies renouvelables vont venir gonfler les caisses de l'Etat, et c'est l'éolien terrestre qui contribue très majoritairement à ce retournement inédit.
Pour la première fois, les énergies renouvelables vont venir gonfler les caisses de l'Etat, et c'est l'éolien terrestre qui contribue très majoritairement à ce retournement inédit. (Crédits : Pascal Rossignol/Reuters)

Conséquence directe de la flambée globale des prix de l'énergie, pour la première fois, les énergies renouvelables vont venir gonfler les caisses de l'Etat, plutôt que l'inverse. D'après les estimations de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), « la recette prévisionnelle liée aux énergies renouvelables électriques s'élève[rait], au titre de 2022 et 2023, à 8,6 milliards d'euros cumulés pour le budget de l'État. La filière éolienne terrestre contribue majoritairement à cette recette, à hauteur de 7,6 milliards », précise le gendarme français de l'énergie dans un communiqué publié lundi.

Ce retournement inédit s'explique par le fait que l'État paie les opérateurs quand le prix du marché est inférieur au prix garanti, et inversement, les opérateurs doivent reverser des recettes à l'État lorsque le prix du marché dépasse le prix garanti. Dans le contexte actuel d'inflation des prix des énergies fossiles, et des difficultés que connaît le parc nucléaire français, les filières renouvelables deviennent rentables pour l'Etat.

« Les charges liées au soutien aux énergies renouvelables en France métropolitaine continentale sont en baisse du fait du niveau exceptionnellement élevé des prix de gros de l'électricité et du gaz », indique la Commission de régulation de l'énergie. « En particulier, les prix de gros de l'électricité sont devenus en moyenne supérieurs aux tarifs garantis par l'État dans les contrats de soutien aux énergies renouvelables électriques. Ainsi, ce qui constituait les années précédentes des charges pour le budget de l'État représente pour la première fois une recette pour les finances publiques », ajoute la CRE.

Le photovoltaïque continue de peser sur les finances publiques

La CRE évalue ainsi le montant des charges à compenser par l'État envers les opérateurs pour 2023 à « -11,1 milliards d'euros, en baisse de 18,7 milliards d'euros par rapport à l'évaluation réalisée l'an dernier pour 2022, qui s'élevait à 7,6 milliards ». Au titre de ces deux années, la recette prévisionnelle liée aux énergies renouvelables électriques s'élèverait donc « à 8,6 milliards d'euros cumulés pour le budget de l'État », portée donc par l'éolien terrestre.

De son côté, la filière photovoltaïque continue « de peser marginalement sur les charges de service public à hauteur de 0,9 milliard d'euros » en cumulé. « Le poids des contrats historiques », conclus à son lancement « à des tarifs élevés, n'est pas encore compensé par les nouveaux contrats qui contribuent positivement aux finances publiques », précise la Commission de régulation de l'énergie.

Enfin, la filière hydraulique apporte une contribution positive, à hauteur de 0,8 milliard d'euros cumulés au titre de 2022 et 2023.

Accélérer le développement des énergies renouvelables

Fort de ce constat, la Commission insiste donc sur « la nécessité d'accélérer le développement des énergies renouvelables, par ailleurs indispensables pour renforcer la sécurité d'approvisionnement et atteindre les objectifs de neutralité carbone ». Toutefois, la CRE met en garde contre d'éventuels effets d'aubaine liés à la crise énergétique, concernant notamment le plafonnement des contrats de complément de rémunération et la résiliation anticipée des contrats de soutien.

De quoi peut-être inciter Emmanuel Macron à revoir ses positions vis-à-vis des éoliennes terrestres. Le président de la République avait déclaré lors de son discours à Belfort en février dernier prévoir un doublement de la capacité des éoliennes terrestres à l'horizon 2050, alors que l'objectif initial était un doublement de la capacité dès 2030.

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Commentaires 8
à écrit le 21/07/2022 à 2:01
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Merci pour ce publi-reportage.....en fait cela ne va pas rapporter mais 'moins coûter'....nuance. Par ailleurs il faudrait que la situation actuelle perdure pour que l'on cesse de biberonner des producteurs dont la rentabilité reste à démontrer....

à écrit le 20/07/2022 à 13:42
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Serait-il possible que la presse publie des excuses pour avoir martelé des années que les éoliennes n'étaient qu'une supercherie ? Mieux, pourrait-on enquêter sérieusement sur la source des informations mensongères publiées et prendre les mesures néc...

à écrit le 20/07/2022 à 10:23
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On plante des éoliennes à qui mieux mieux partout dans les paysages, mais on a du mal à voir qui s'enrichit avec : les nouveaux milliardaires du réchauffement climatique sont très discrets, on dirait. Ce serait pourtant intéressant de savoir qui ils...

à écrit le 20/07/2022 à 10:11
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il est faut de dire que les promoteurs offrent cet argent à l'état: cette somme est payée par le consommateur. Honte à ces promoteurs qui après avoir touché des rentes indues quand l'électricité était peu se réjouissent des taxes nouvelles que n...

à écrit le 20/07/2022 à 8:48
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Haliade a été développée par Alstom, GE n'a fait que prendre le train e mn marche.

à écrit le 19/07/2022 à 18:39
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Il faut quand même préciser que c'est le consommateur qui va payer ces taxes. Le prix de l'électricité est volontairement indexé sur le prix des hydrocarbures pour en arriver à ce résultat. J'aurai préféré que l'état investisse raisonnablement dans l...

le 20/07/2022 à 6:17
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L'état ?? Mais c'est le consommateur aussi. Et donc éoliennes ou nucléaire, c'est le consommateur qui paye des taxes. Et éoliennes, c'est pas mal, mais c'est pas suffisant. C'est juste un appoint par rapport au nucléaire. Il faut diversifier les s...

à écrit le 19/07/2022 à 17:41
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Pour avoir une idee des ordres de grandeur. 8 milliards , c est les 2 tiers d un EPR (12 milliards pour Flamanville). General Electrics a investi o,4 milliard (400 millions) en recherche pour developper l Haliade X ( le top des eoliennes offshores).

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