Même ramenées à 10 %, les surtaxes douanières de l'administration américaine fragilisent de nombreuses entreprises, et particulièrement certaines PME françaises. Si elles partagent toutes un certain attentisme pour l'heure, leur adaptation sera très différente d'un cas à l'autre. Témoignages aux quatre coins de la France.« Dans les conditions actuelles, nous sommes considérés comme un produit chinois ». En pleine guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, dans laquelle le premier vient de relever à 145 % les surtaxes douanières sur les exportations sur le sol américain du second, ce constat amer est dressé par Clément Moreau, le directeur général de la PME Invoxia. Fondée en 2010, cette entreprise française d'une quarantaine de salariés est spécialisée dans la conception et la commercialisation de solutions de tracking GPS. Dans ce secteur d'activité, la fabrication est principalement chinoise... Or, les États-Unis représentent aujourd'hui 25 % de l'activité de cette entreprise francilienne.
Si son produit historique est destiné aux véhicules motorisés afin de lutter contre les vols, depuis peu elle a adapté sa technologie à la santé animale en proposant des fonctionnalités supplémentaires comme le suivi du rythme cardiaque de son porteur. Un nouveau produit dont sont friands les consommateurs américains, car il permet un diagnostic plus fin du vétérinaire lors des visites de contrôle. Sur l'ensemble de ses ventes, 80 % sont réalisées aux États-Unis.
« Les Américains ont un temps d'avance sur la considération de leur animal de compagnie. Ils sont pleinement considérés comme un membre de la famille et doivent être soutenus dans leur vie comme on le ferait pour un humain. Pour nous, c'est un marché d'avenir, en plein essor. Sur ce segment, nous comptons multiplier notre activité par deux en 2025, principalement grâce à nos ventes aux États-Unis », relate Clément Moreau.
Pierrick Merlet, avec Laurence Bottero, Pierre Cheminade, Guillaume Fischer et Emilie Vales