Métaux rares : les secteurs industriels qui souffriront d'une pénurie

 |   |  432  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les risques de pénurie de métaux rares, qui proviennent en grande partie de Chine, pourraient nuire aux industriels. Automobile, énergies renouvelables, nouvelles technologie, santé, de nombreux secteurs seraient touchés, comme l'indique une étude menée par le cabinet de conseil Alcimed et publié ce mercredi.

L'industrie souffre d'un manque d'approvisionnement en métaux rares. Antimoine dans l'automobile, Indium pour les producteurs d'écrans plats et de panneaux solaires ou encore Molybdénite pour certains alliages d'aciers... de nombreux types de matières premières connaissent actuellement une situation de pénurie ou sont en passe de l'atteindre. C'est ce que relève la société de conseil Alcimed dans une étude publiée ce mercredi.

"Les enjeux sont forts dans les secteurs ayant pour objectif d'améliorer l'efficacité energétique", explique Yves Lenain, consultant auprès de l'Alcimed. Des élements entrants dans la fabrication des éoliennes ou bien encore des lampes à économie d'énergie sont concernées par la raréfaction de ces métaux précieux. Dans d'autres secteurs, les technologies d'imagerie médicale ou bien encore les écrans LCD qui utilisent du phosphore subissent également des difficultés d'approvisionnement.

Vers un épuisement de l'Antimoine d'ici onze ans

La société de conseil spécialisée en sciences met particulièrement en garde contre les risques d'épuisement de l'un de ces minerais: l'Antimoine. A partir de données de l'Institut d'études géologiques américain, ils prévoit que d'ici 11 ans, l'Antimoine pourrait connaître une rupture de stocks. Ce métal entre dans la composition des batteries au plomb. Au début des années 2000, ce sont les producteurs d'écrans plats de panneaux solaires qui avaient été contraints de trouver une parade à la pénurie d'Indium, une matière qui se trouvait en quantité très faible dans les minerais de zinc.

En cause, notamment, les quotas à l'exportation imposés par la Chine. Le pays totalise entre 90% et 97% de la production des métaux rares, comme l'indique l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques. Les terres rares pourraient d'ailleurs fait l'objet d'une plainte de la part des principaux pays importateurs, Etats-Unis, Japon et Union européenne ayant annoncé mi-mars leur intention de déposer une requête en ce sens auprès de l'Organisation mondiale du commerce.

Afin de trouver des solutions de rechange, un certain nombre d'entreprises se sont déjà organisées. "Au Japon, Panasonic, Sharp et Mitshubishi se sont associés pour recycler des métaux rares" rappelle Yves Lenain. Outre-Rhin, des industriels se sont unis pour sécurisé l'approvisionnement en matière première au sein d'une entreprise baptisée Alliance. Parmi eux, des géants de la chimie comme BASF, de l'automobile (BMW, Daimler), ou encore de la sidérurgie (ThyssenKrupp, Stahl-Holding-Saar).

En France également les fournisseurs de métaux rares cherchent à diversifier leurs sources.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/04/2012 à 10:54 :
L'indium, l'antimoine et le molybdène ne sont pas à proprement parler des terres rares. Les problématiques sont différentes donc en fonction de ces atomes.
Merci de préciser.
a écrit le 12/04/2012 à 13:12 :
Pas de problème pour avoir des terres rares (qui ont pour inconvénient d'être très proches au niveau propriétés chimiques, donc difficile à "trier" des mélanges) : les Chinois demandent aux entreprises qui les utilisent de s'installer sur leur sol, alors, plus de restrictions d'exportations. Pas bête ?
Le recyclage, question de prix. A une époque, le plomb était beaucoup moins cher que les frais pour recycler les batteries usagées. Quand ça change, l'intérêt devient soudain évident.
Des terres rares, il y en a eu venant d'autres horizons, mais vu que la Chine s'est lancée, pourquoi continuer (pb prix sans doute + pollution) ?
a écrit le 12/04/2012 à 12:04 :
Les métaux "rares" sont, contrairement à ce que suggère leur appellation, assez répandus dans l'écorce terrestre, à l'égal des métaux usuels. Leur nom vient du fait qu'on les a découverts dans des minerais peu courants et à l'exploitation commerciale difficilement rentable. A l'instar des autres ressources naturelles, il n'y a évidemment aucune pénurie de terres "rares" à craindre. Pour l'instant, seule la Chine a investi dans l'exploitation rentable des terres "rares". Aux autres régions du monde de relever ce défi !
Réponse de le 12/04/2012 à 17:14 :
La Chine a fait du dumping ces 10 dernieres années pour étouffer le marché et ainsi obtenir le monopole de l'exploitation de terres rares. Meme process pour la fabrication de molecule de vitamines C
a écrit le 12/04/2012 à 7:10 :
En effet, un recyclage efficace serait nécessaire. Or, aujourd'hui, on incinère..
Réponse de le 12/04/2012 à 14:32 :
@yvan: suggèrerais-tu qu'on installe des usines de fabrication Canigou à la place des crématoriums pour un meilleur recyclage :-) :-)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :