NovAsco : de la promesse de relance au redressement judiciaire
Raphaël Melka

NovAsco, ex-Ascometal, est de nouveau en très grande difficulté économique. (Photo d’llustration.)
Ina Fassbender
Raphaël Melka

NovAsco, ex-Ascometal, est de nouveau en très grande difficulté économique. (Photo d’llustration.)
Ina Fassbender
[Article publié le lundi 11 août 2025 à 07h01 et mis à jour à 11h45] La relance de NovAsco n'aura pas tenu longtemps. Ce lundi, le groupe sidérurgique, issu de la reprise d'Ascometal à l'été 2024, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de Strasbourg. Un placement qui intervient un an après l'opération de sauvetage portée par l'État et le fonds britannique Greybull Capital.
L'entreprise, qui emploie environ 760 personnes réparties sur quatre sites en France (Hagondange, Custines, Saint-Étienne et Leffrinckoucke), a traversé une nouvelle période d'instabilité. Depuis la fin juin, NovAsco était sous procédure de conciliation, une phase confidentielle censée permettre un accord à l'amiable avec les créanciers. Faute d'avancée significative, la direction a demandé l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire pour cet ancien fleuron de la sidérurgie française. Ascometal a produit des aciers spéciaux pour l'automobile, l'énergie ou les engins industriels depuis les années 1970. Mais à partir des années 2000, elle subit la mondialisation du marché de l'acier, la montée en puissance de la concurrence asiatique et la désindustrialisation progressive du territoire. L'entreprise change alors plusieurs fois de main, sans grand succès. En 2024, l'État organise une nouvelle tentative de relance, confiée au fonds britannique Greybull Capital. Ascometal devient NovAsco, pour repartir sur une page blanche.
L'État français aide à hauteur de 85 millions d'euros, dont 75 millions ont été débloqués. Greybull Capital, actionnaire majoritaire, avait de son côté annoncé une contribution de 90 millions d'euros. Selon plusieurs sources syndicales, le fonds n'aurait injecté qu'environ 1,5 million d'euros depuis la reprise.
Le site de Hagondange, le plus important du groupe avec 450 salariés, est à l'arrêt depuis plusieurs semaines. Aucun repreneur n'a pour l'instant formulé d'offre ferme concernant ce site, bien que plusieurs marques d'intérêt aient été exprimées. L'avenir industriel du site est donc très incertain. Six candidats à la reprise ont été entendus dans le cadre de la procédure de conciliation, mais aucun n'a proposé, à ce stade, une reprise globale des actifs. La perspective d'une vente à la découpe, ou d'un recentrage sur certaines activités, est évoquée.
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Le redressement judiciaire devait ouvrir une période d'observation de six mois renouvelables. Cette phase aurait permis d'examiner des offres de reprise dans un cadre sécurisé, sous le contrôle du tribunal. Mais le calendrier « contraint par le niveau de la trésorerie » du groupe n'a pas permis de mettre en place cette période, a indiqué Yann Amadoro, secrétaire CGT du comité social et économique (CSE). Le tribunal a ainsi « acté le redressement judiciaire et fixé la date limite du dépôt des offres de reprise à la dernière semaine de septembre », a-t-il déclaré. Car « la trésorerie permet aujourd'hui de tenir jusqu'à fin septembre début octobre ».
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Raphaël Melka