La menace de la faillite plane au-dessus du sidérurgiste NovAsco et ses 730 salariés français. Anciennement appelé Ascometal, l’industriel repris par un fonds de retournement britannique il y a un an, doit faire face à la désertion de son nouvel actionnaire.Alors que l'industrie française est focalisée sur les conséquences des 30 % de droits de douane potentiels pour ses exportations aux États-Unis, un autre dossier chaud occupe le bureau du ministre de l'Industrie. Ce jeudi, le sidérurgiste NovAsco est attendu devant le tribunal de commerce de Strasbourg pour tirer le bilan d'un mois de procédure de conciliation. La juridiction pourrait acter le placement en redressement judiciaire pour ce fabricant d'aciers spéciaux, particulièrement pour l'industrie automobile.
Ce n'est pas la première fois que cet industriel, fort de 730 salariés en France répartis sur quatre usines, se retrouve dans une situation précaire. Plus connu sous son ancien nom, Ascométal, le sidérurgiste avait été extirpé d'un redressement judiciaire en juillet 2024 par le fonds de retournement britannique Greybull Capital. L'entreprise « est aujourd'hui au bord du gouffre », peste l'intersyndicale, composée de la CGT, la CFDT et la CFE-CGC.« NovAsco est en très grande difficulté financière, au bord du dépôt de bilan », ajoute-t-elle.
Discrète, la direction de l'industriel, emmenée Roland Junck (un ancien d'ArcelorMittal), a fait savoir à l'AFP dans la soirée de mardi ses besoins en matière de trésorerie. Elle a besoin « d'au moins 100 millions d'euros supplémentaires » pour poursuivre ses activités. La faute à un projet de reprise « trop optimiste » en 2024, selon une déclaration de la direction à l'AFP.
Aucune promesse d'investissement n'a été tenue
Au-delà de possibles erreurs de calcul et de besoins de modernisation de l'outil industriel sous-estimés, la reprise de NovAsco arrive dans un contexte plus que compliqué. Le principal débouché commercial de la société, l'automobile, est confronté à un fort recul de la demande, entre concurrence des voitures chinoises et mutation vers la mobilité électrique. De plus, la sidérurgie européenne, en crise face aux surcapacités de production mondiales, est toujours dans l'attente de la concrétisation législative de son plan de sauvetage porté par la Commission européenne.