Oubliée la fabrication soustractive de papa, vorace en moules, outillages et matériaux. S'il vole un jour, le futur moteur Prométhéus low cost de la fusée européenne, en cours de prototypage chez Ariane Group à Vernon, sera presqu'entièrement imprimé en 3D. Une petite révolution sous la coiffe. Challengés par SpaceX, les dirigeants d'Ariane Group ont vite compris tout le parti qu'ils pouvaient tirer des super pouvoirs de l'additif : réduction des délais de conception, diminution des assemblages et des soudures, allègement des coûts et des structures, possibilité d'imaginer des pièces d'un seul tenant d'une complexité inouïe ...
Mais pour une poignée de convaincus, combien de sceptiques ? « Beaucoup de dirigeants de PME pensent, à tort, que cette technologie clé de l'industrie du futur est l'apanage des grands joueurs » constate Philippe Eudeline, président de Normandie Aeroespace (NAE) : très actif réseau des entreprises de l'aéronautique et du spatial. C'est à son initiative que vient d'être lancée la marque FAN (alias Fabrication Additive en Normandie). Objectifs : créer des liens entre les acteurs privés ou académiques disposant d'un bagage dans cette spécialité et accompagner la conversion des entreprises industrielles. « Il s'agit de populariser des procédés connus mais dont la diversité et la technicité peuvent faire peur » explique Sébastien Vernay, référent fabrication additive et composites chez NAE.