« Alors » que le ministre de l'Industrie et de l'Énergie, Marc Ferracci, et son Premier ministre, François Bayrou, doivent arpenter les allées du salon Global Industrie, ce jeudi 13 mars, la tension dans les rangs des patrons de l'industrie ne faiblit pas. Présenté comme la plus grande usine de France avec ses 2 500 exposants et milliers de machines, cet événement réunit tous les corps de métiers d'une industrie qui se sent inaudible ces derniers mois. « Monsieur le ministre, nous entendez-vous ? », a pesté lors d'une prise de parole publique sur le salon, Élizabeth Ducottet, présidente de l'entreprise Thuasne.
La patronne de cette société spécialisée dans la production d'équipements et accessoires médicaux a critiqué le coût du travail en France, mais aussi le coup de rabot des aides pour le recrutement d'apprentis acté dans le budget de l'année 2025. « Au lieu de 50 apprentis à Saint-Etienne, nous n'en aurons que 30 cette année », a notamment précisé la dirigeante, qui a aussi critiqué les coupes dans le Crédit Impôt Recherche (CIR), outil qui permet une prise en charge des dépenses de R&D réalisées dans l'Hexagone. « Nous allons faire quatre à cinq projets de recherche en moins en France dans les prochains mois à cause de cette mesure », ajoute-t-elle.
Dans ce contexte, un sondage réalisé auprès de 2 000 industriels par l'institut Ipsos avant la tenue du salon et commandé par ses organisateurs remet sur la table une nouvelle fois le besoin d'aide de ce tissu économique. Ils sont 77 % à demander une baisse des prélèvements obligatoires même si cela implique une baisse des aides aux entreprises. En ce sens, le député Charles Rodwell (Renaissance) compte porter une mesure similaire pour environ 20 milliards d'euros dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire sur la désindustrialisation, elle qui commence ses travaux ce jeudi.