ENTRETIEN - Emploi, santé mentale et inclusion restent les priorités de cette rentrée pour les DRH. Le point avec Audrey Richard, présidente de l’Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines.LA TRIBUNE - Cette rentrée 2024, qui s'annonce bousculée dans le calendrier social, remet-elle en cause les priorités des DRH ?
AUDREY RICHARD - Nous avons des priorités très clairement identifiées mais il faut effectivement tenir compte du lien qui nous tient avec le calendrier social du nouveau gouvernement, puisque cela a des impacts sur les négociations et ce qui va ressortir en termes d'accords et de mise en place dans les entreprises. Le fait que le calendrier social ait été mis en pause ces derniers temps, cela a forcément des répercussions sur les organisations.
Cependant nous tenons compte évidemment de nos actualités d'entreprise, sachant qu'à l'ANDRH nous avons des adhérents qui sont à 80 % du monde privé et 20 % du monde public. Et ce que nous constatons dans l'ensemble c'est que la préoccupation majeure demeure celle de l'emploi. Ce dont nous parlons depuis des mois, c'est l'impact du business et ses conséquences sur l'emploi en termes de recrutement. Et à observer les prévisions de croissance en légère baisse, cela induit une petite baisse ou une petite pause sur les recrutements à venir. C'est évidemment le sujet majeur pour les DRH.
Baisse des recrutements mais pour autant on observe une pénurie de main d'œuvre dans certains secteurs...
Oui, c'est un sujet qui nous préoccupe beaucoup à l'ANDRH. Nous sommes confrontés à un paradoxe : d'un côté il existe effectivement une pénurie de main d'œuvre et de l'autre côté on compte environ 500 000 seniors en recherche d'emplois. Or, pourquoi ne pas embaucher de seniors ? Cette situation révèle une complexité à laquelle il faut remédier en luttant contre les stéréotypes et pour cela nous nous rapprochons de France Travail et de l'APEC. Nous avons encore beaucoup d'efforts à faire collectivement.
Certaines entreprises ont également des difficultés à retenir et attirer les talents. Qu'est-ce que cela implique comme transformation en termes de gestion RH et bonnes pratiques ?