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Les énergies renouvelables, une opportunité pour le monde agricole

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Le monde agricole se met aux énergies renouvelables
Le monde agricole se met aux énergies renouvelables (Crédits : Pixabay.com - Hygruesen)
L’Ademe a profité du salon de l’Agriculture pour publier une étude qui tend à démontrer que les énergies renouvelables pouvaient non seulement combler les besoins en énergie du monde agricole, mais aussi s’avérer être un plus non-négligeable pour le revenu des agriculteurs.

Pour quantifier les apports potentiels des énergies renouvelables (EnR) à l'agriculture française, l'Ademe s'est basée sur les principales ressources énergétiques (biocarburant, méthanisation, éolien, etc.) appliquées aux principales filières agricoles (grandes cultures, élevage, viticulture...).

Il en ressort que l'agriculture, en France, pèse pour 20% de la production nationale d'énergies renouvelables (4,6 millions de tonnes équivalent pétrole -Mtep- sur 23 millions produites, au global, au niveau national, données 2015). C'est sur les postes biocarburant/biomasse, éolien et production de biomasse/chaleur que son poids est le plus important.

L'Ademe relève d'ailleurs que « toutes les filières contribuent à la production » d'énergies renouvelables : les grandes cultures en premier lieu devant la polyculture/polyélevage, les élevages de bovins pour le lait et la viticulture.

Géographiquement, précise l'Ademe, c'est la région Grand Est qui est la première productrice d'énergies renouvelables agricoles de France. Elle devance d'assez loin les Hauts-de-France et le Centre-Val de Loire. Ce trio concentre à lui seul 45% de la production d'EnR en France !

Jusqu'à 15 000 euros de revenu annuel complémentaire par agriculteur

Au total, selon l'étude de l'Ademe, ce sont plus de 50 000 exploitations agricoles qui, en France, sont impliquées dans la production d'énergies renouvelables (15% des exploitations françaises). La filière biocarburant en regroupe près de 35 000, suivie du solaire photovoltaïque (11 000). L'éolien (un peu plus de 5 000 exploitations) complète le podium.

Concernant l'impact de la production d'EnR sur le chiffre d'affaires des exploitations agricoles, elle pèse pour 2% du chiffre d'affaires global du secteur agricole hexagonal. Soit 1 366 millions d'euros, qui se répartissent notamment ainsi : 1 057 millions d'euros tirés de la vente de biomasse pour les biocarburants, 105 millions pour le photovoltaïque, 88 millions pour la méthanisation ou encore 85 millions pour la production de biomasse pour la combustion. « A ce chiffre d'affaires, s'ajoutent 112 millions d'euros d'économies sur la facture énergétique des exploitations par l'autoconsommation de biomasse, la mise en place d'installations de solaire thermique et de pompes à chaleur, soit 3,4% des dépenses énergétiques », précise l'Ademe.

De quoi dégager un vrai complément de revenu pour les agriculteurs engagés dans la production d'EnR. « Le développement des EnR contribue à diversifier leur revenu, pour des montants pouvant aller de quelques milliers d'euros de réduction de leur facture énergétique à plus de 15 000 euros de revenus complémentaires », détaille l'étude. Des chiffres « à mettre en perspective avec le revenu agricole moyen de 2015, évalué à 25 400 euros pour l'ensemble des filières », poursuit l'Ademe.

La production d'énergies renouvelables, qui a généré 370 emplois supplémentaires en 2015, pourrait être multipliée par deux entre 2015 et 2030 puis par trois entre 2015 et 2050, selon les projections de l'Agence.

La production totale passerait alors de 4,5 à 15,8 Mtep.

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Commentaires
a écrit le 13/03/2018 à 10:10 :
mais ! promesses non tenues pour les retraites agricoles !! voir reportées a 2020.....?..
a écrit le 12/03/2018 à 13:18 :
Cela semble être du bon sens paysan que d'exploiter des ressources naturelles, renouvelables et locales. Dans le contexte d'un secteur agricole soumis à des pressions concurrentielles, à des concentrations et aux aléas climatiques qui rendent leurs revenus incertains, un fond de revenus issus d’énergies renouvelables ne serait pas un luxe. D'autant plus que beaucoup d'exploitations disposent de grandes surfaces de hangars et de terrains pouvant accueillir des installations solaires ou des éoliennes.
Pour le moment, le manque de stabilité et l'enchevêtrement des réglementations et les divers revirements politiques n'incitent pas à l’investissement et le montage de projets collaboratifs ou coopératifs semble complexe. Voir les divers débats et lois MAPTAM et loi Notre, des dispositifs régionaux et territoriaux, TEPOS, PLANS CLIMAT, PCAET, SRCAE, SRCE, STRADET, … difficiles à comprendre pour le commun des mortels. Complexité d’autant plus absurde que des fonds Européens existent et que pour y accéder il faut aussi dépenser beaucoup d’énergie avant de pouvoir en produire. Une étude récente de la Cour des Compotes Européenne montre que le Fond Européen pour le Développement Rural serait sous-utilisé (https://www.eca.europa.eu/fr/Pages/DocItem.aspx?did=44963).

Les régions lancent des appels à projet pour essayer d’atteindre des objectifs et se plaignent du manque de moyens. A défaut de moyens publics, on pourrait s'inspirer de l’efficacité du modèle Allemand. (http://fr.boell.org/fr/2017/03/29/allemagne-pas-de-transition-energetique-sans-les-citoyens), où l’on peut lire : « Près de la moitié des capacités renouvelables électriques sont aujourd’hui en possession de citoyens et d’agriculteurs, le plus souvent regroupés sous forme de coopératives ».

La Tribune en avait déjà parlé en 2013 : https://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20131023trib000792002/en-allemagne-l-energie-verte-est-une-affaire-de-citoyens.html.

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