Rachat de Kindred : la FDJ réalise la plus grosse opération de son histoire
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Avec l'achat de Kindred, la FDJ est en passe de devenir un acteur de premier plan sur la marché des jeux en ligne.
REGIS DUVIGNAU
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Avec l'achat de Kindred, la FDJ est en passe de devenir un acteur de premier plan sur la marché des jeux en ligne.
REGIS DUVIGNAU
[Article publié le mercredi 02 octobre 2024 à 06h30 et mis à jour le vendredi 04 octobre 2024 à 09h22] C'est une nouvelle étape franchie dans le développement de la Française des Jeux. L'entreprise tricolore a bouclé jeudi l'acquisition de l'opérateur suédois Kindred, propriétaire du site de paris sportifs Unibet. Une acquisition au coût non-négligeable : 2,6 milliards d'euros. Avec cette opération, l'héritière de la loterie française créée en 1933 et entrée en Bourse fin 2019 poursuit sa diversification et ses emplettes hors des frontières, après l'acquisition de la loterie nationale irlandaise l'année passée.
Techniquement, la clôture de l'offre publique d'achat (OPA) sur Kindred, annoncée en janvier, s'est achevée ce mercredi 2 octobre. Car la FDJ a décidé d'avancer la date de plus d'un mois après l'obtention du feu vert réglementaire en France. Cela permet à la FDJ de détenir 90,66% du capital de Kindred, pour un « montant total de près de 2,5 milliards d'euros », selon un communiqué.
« La condition suspensive de contrôler plus de 90% du capital de Kindred étant réalisée, la FDJ a décidé de finaliser l'acquisition du groupe » qui sera retiré de la Bourse de Stockholm. L'offre est prolongée jusqu'au 18 octobre 17h pour permettre aux actionnaires de Kindred n'ayant pas apporté leurs titres de le faire aux mêmes conditions, précise la FDJ. « Nous sommes largement au-delà du seuil qu'on s'était fixés (...) et plus vite que prévu », s'est félicité Stéphane Pallez, la présidente du groupe, invitée de BFM Business jeudi.
Seule ombre au tableau : à la Bourse de Paris, l'opération de la FDJ a été éclipsée par une information des Echos selon laquelle le budget de la Sécurité sociale qui doit être présenté le 10 octobre comprendrait une taxation supplémentaire sur les jeux d'argent. Le titre a perdu mercredi plus de 6% à 34,44 euros. Mais pour Stéphane Pallez : « Aujourd'hui, il n'y a pas de mesure de ce type dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. »
Pour rappel, Kindred Group est l'un des principaux opérateurs mondiaux de jeux en ligne, avec des activités en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Il compte 30 millions de clients répartis sur neuf marques (Unibet, bingo.com, 32 Red, Maria Casino...). Il a enregistré un chiffre d'affaires de 893 millions de livres sterling (1,07 milliard d'euros) en 2023 et emploie environ 2.500 personnes. En France, l'acquisition d'Unibet permettra à la FDJ de devenir « le troisième opérateur du secteur des paris sportifs et des jeux en ligne en concurrence ».
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En 2023, la FDJ avait déjà finalisé une autre acquisition : le rachat de ZEturf, deuxième opérateur du marché français des paris hippiques en ligne, pour une valorisation de l'entreprise de 175 millions d'euros.
Et ce n'est pas tout... L'entreprise tricolore a également racheté l'année dernière Premier Lotteries Ireland (PLI), « pour une valeur d'entreprise de 350 millions d'euros », devenant pour la première fois de son histoire opérateur d'une loterie à l'étranger.
Ce développement tous azimuts porte ses fruits : les résultats annoncés à la fin du mois de juillet sont en croissance. Le bénéfice net a bondi de 17,5% sur un an au premier semestre 2024, à 213 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 1,42 milliard d'euros, en hausse de 10,8%. Mais ces bons résultats font aussi l'objet de critiques, et notamment de concurrents de la FDJ.
Ces derniers mois, les casinos se sont notamment émus auprès des pouvoirs publics d'une distorsion de concurrence. Le rachat de Kindred est d'autant plus inquiétant pour eux que le groupe suédois opère des casinos en ligne, actuellement interdits en France, mais que certains acteurs du marché souhaiteraient voir autorisés. L'organisation qui fédère le secteur, Casinos de France, a prévenu mi-septembre qu'elle se montrerait « extrêmement vigilante » sur le respect des engagements pris par la FDJ auprès de l'Autorité de la concurrence.
Mais les casinos ne sont pas les seuls à s'inquiéter de ce rachat. En janvier, le patron du groupe français Betclic et président de l'association française des jeux en ligne (AFjel), Nicolas Beraud, dénonçait, auprès de La Tribune, des « problèmes de distorsion de concurrence ». « Avec l'arrivée du groupe Kindred (Unibet en France), qui est déjà un leader, la part de marché de la FDJ dans l'Hexagone va considérablement augmenter en produit brut des jeux (PBJ), en paris sportifs en ligne, en poker... dans un contexte où il y avait déjà des distorsions. Les opérateurs de l'AFJEL s'inquiètent de cette transaction. Elle risque de déstabiliser l'équilibre du marché en France », s'inquiétait le patron de Betclic.
La FDJ répondra sans doute au patron de l'Afjel que pour pour être autorisée à mener le rachat de Kindred, elle a dû s'engager auprès de l'Autorité française de la concurrence (AFC) à souscrire « un nouvel engagement de séparation de marques : toutes les offres de jeux concurrentiels seront, à terme, commercialisées sous une ou plusieurs marque(s) propre(s) aux jeux concurrentiels et ne comportant pas de racine commune ou de logo commun avec les marques FDJ ». Des engagements déjà pris au moment du rachat de ZEturf. Pas sûr, cependant, que cela rassure les acteurs du secteur.
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Leader sur les paris hippiques, et concurrent de la FDJ depuis le rachat par cette dernière de l'opérateur en ligne ZEturf, le Pari mutuel urbain (PMU) a réalisé de bons chiffres en 2023. L'entreprise a engrangé 10 milliards d'euros d'enjeux. « C'est un symbole fort », a déclaré la directrice générale de l'opérateur Emmanuelle Malecaze-Doublet, faisant également état pour 2023 d'un « niveau de résultat net très élevé à 835 millions d'euros » et d'une croissance de l'activité de 2%. « On a retrouvé la croissance depuis deux ans », a-t-elle rappelé. Le PMU projette, par ailleurs, d'ouvrir 150 points de vente d'ici 4 à 5 ans dans les grandes villes de l'Hexagone.
(Avec AFP)
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