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Disneyland, leader d'un secteur qui ne connaît pas la crise

Sylvain Rolland (avec agences)

Publié le 06 avril 2012 à 05:15 - Mis à jour le 06 avril 2012 à 05:16

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Pour ses vingt ans, Disneyland Paris lance une nouvelle attraction inédite : "Disney Dreams". Loin de décliner, la première destination touristique d'Europe revendique une hausse de 5% de son chiffre d'affaires en 2011, à 1,3 milliard d'euros. Comme ses concurrents Futuroscope ou Parc Astérix, les parcs de loisirs profitent de la crise.

250 millions de visiteurs depuis le 12 avril 1992. Il fallait bien un spectacle inédit, intitulé "Disney Dreams" et une nouvelle parade pour marquer le coup : Disneyland Paris a vingt ans. Et à l'heure des bilans, la première destination touristique européenne peut exhiber des chiffres flatteurs : 57 attractions réparties sur deux parcs, 62 boutiques, 58 restaurants, 5.800 chambres d'hôtel. Vous en voulez encore ? En vingt ans, le site de Marne-la-Vallée, qui accueille des attractions à la célébrité planétaire comme "Pirates des caraïbes" (6,5 millions de visites par an en France) ou "Buzz l'éclair" (5,6 millions), revendique 50 milliards d'euros de valeur ajoutée générée pour l'économie française depuis son ouverture. En 2011, Disneyland Paris faisait vivre 55.643 personnes avec des emplois directs et indirects en France: plus de 48 000 en Ile-de-France et presque 8.000 en province.

Malgré la crise, l'année 2011 a même été la meilleure de son histoire, avec 15,7 millions de visiteurs, un record, devant Le Louvre (8,4 millions), et la Tour Eiffel (6,6 millions). Le groupe revendique, malgré une perte nette de 55,6 millions d'euros, une hausse de près de 5% du chiffre d'affaire de ses activités touristiques, qui s'élève à environ 1,3 milliard d'euros.

En temps de crise, les parcs de loisirs ont la côte

N'y allez pas voir l'arbre qui cache la forêt : la bonne santé de Disneyland Paris n'est pas une exception dans ce contexte de crise. Qu'ils s'appellent Disneyland, Futuroscope, Parc Astérix ou Puy du Fou, les parcs de loisirs de France attirent de plus en plus, à la fois pour la qualité de leur offre et parce qu'ils proposent une détente à moindre frais en ces temps de crise où les budgets de vacances se resserrent.

Le secteur carbure. Plus de 20 millions de personnes ont fréquenté les parcs de loisirs de l'Hexagone l'an dernier, générant une dépense moyenne en hausse, entre 30 et 50 euros par jour dans la plupart des 280 sites du pays. Avec ses 15,7 millions de visiteurs, Disneyland raffle plus de 75% de la fréquentation et 60% des 2,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires de la profession. Derrière, le Futuroscope a accueilli 1,8 million de visiteurs, et le Parc Astérix 1,6 million.

Un courte escapade, un dépaysement à prix réduit

"Les parcs de loisirs, c'est de la détente, du tourisme concentré et financièrement accessible, voilà pourquoi ça marche autant en période de crise. Le rapport entre le dépaysement et le prix est très raisonnable", explique Guy Raffour, le président du cabinet Raffour Interactif. "C'est un cocon, une plongée loin du quotidien", renchérit François Banon, en charge de la communication de Disneyland.

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Alors que le budget vacances de nombre de Français a chuté, les courtes escapades, en revanche, progressent. "La crise stimule notre trafic. Les gens partent moins loin, moins longtemps mais plus souvent. Ils ont envie de faire des breaks et de ressouder les liens", estime Dominique Hummel, qui dirige le Futuroscope à Poitiers, le numéro deux du secteur. La moitié de la clientèle dort sur place ou dans la région.

Le Puy du Fou sacré meilleur parc mondial

La réussite de ce secteur est d'autant plus remarquable que les parcs de loisirs français plaisent pour "leur créativité et leur qualité, reconnues internationalement", note Guy Raffour. Le Puy du Fou (1,5 million de visiteurs en 2011), parc de spectacles en Vendée centré notamment sur l'époque médiévale (et chouchou des Français selon un sondage IFOP), vient d'être sacré meilleur parc mondial (Thea Classic Award). Une attraction du Futuroscope, Arthur 4D, a aussi été primée. En outre, "l'offre est unique en Europe: très vaste, bien répartie sur le territoire, avec beaucoup de thèmes différents, des volcans d'Auvergne au Marineland d'Antibes..."

"L'arrivée en tir groupé au tournant des années 1990 de trois majors, Futuroscope, Parc Astérix et Disneyland, a structuré la qualité du secteur", explique Sophie Huberson, déléguée générale du Snelac, le grand syndicat de la profession. Souvent, "les collectivités locales ont impulsé la naissance de parcs, comme la Cité de l'Espace à Toulouse, la Cité de la Mer à Cherbourg ou le parc Vulcania autour des volcans près de Clermont-Ferrand", ajoute-t-elle.

Bien implantés dans la culture française

Les parcs de loisirs ont mis du temps à s'implanter dans la culture française. Mais aujourd'hui, 9 Français sur 10 en ont déjà visité un, la moitié en ont visité au moins quatre différents, et 16% au moins sept, selon des études OpinionWay et GfK. La profession, qui emploie 30.000 personnes, s'affiche assez sereine. L'an dernier, les trois-quarts des sites de loisirs de France ont vu leur nombre de visiteurs augmenter et les quatre-cinquièmes leurs recettes grimper.

Et 2012 s'annonce prometteuse, puisque la célébration de plusieurs anniversaires placera le secteur sous les feux des projecteurs, grâce à une cohorte de nouveaux spectacles et attractions. En plus des 20 ans de Disneyland, le Futuroscope fêtera ses 25 ans, Vulcania ses 10 ans... La doyenne, la Mer de Sable, soufflera elle ses 50 bougies en 2013 et le Parc Astérix, 25 en 2014.

Les innovations et les investissements, les clés du succès

Dans le secteur des parcs de loisirs, les innovations et des investissements permanents sont le nerf de la guerre car ils conditionnent le taux de "revisite" et la durée du séjour, deux facteurs cruciaux de la survie des parcs. Si le tout premier défi d'un parc de loisirs est d'attirer des visiteurs, l'enjeu majeur est de les faire revenir et d'allonger autant que possible le temps passé sur place, générateur de recettes, explique Sophie Huberson, la déléguée générale du Snelac, grand syndicat du secteur. "Quand les gens reviennent, c'est le jackpot, parce qu'on a déjà beaucoup amorti les manèges, qui coûtent plusieurs millions d'euros chacun. Et comme le consommateur est zappeur, il faut des nouveautés en permanence pour le séduire", dit-elle.

Disneyland s'est ainsi offert pour ses 20 ans plusieurs gros cadeaux, dont une nouvelle parade, des chars, un spectacle nocturne... Pour innover, le royaume de Mickey, leader européen du secteur, réinvestit depuis deux décennies en moyenne 7% par an de son chiffre d'affaires, qui a atteint 1,3 milliard d'euros en 2011.

Entre 8% et 18% du chiffre d'affaire réinvesti

Les investissements sont "vitaux" dans cette profession, juge Sophie Huberson, "car il existe un cercle vertueux: plus on investit dans les parcs, plus l'offre est pléthorique, plus les clients sont contents, plus ça allonge la durée de visite, plus ça intensifie la consommation sur le site". "C'est la nouveauté qui tire le trafic dans ce métier, très concurrentiel", confirme le patron du Futuroscope de Poitiers, Dominique Hummel. "60% de nos clients sont des revisiteurs, venus en moyenne il y a 4 ou 5 ans", explique-t-il. Pour "faire bouger les lignes en permanence", le Futuroscope réinvestit "10% du chiffre d'affaires chaque année afin de renouveler 20% de l'offre et générer un taux de 60% de revisite". Soit 9 millions d'euros d'investissements pour 90 millions de recettes en 2010.

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En général, "les parcs français réinjectent entre 8 et 18% de leur chiffre d'affaires dans l'attractivité. Celui qui ne fait pas ça, il ferme", assure Sophie Huberson. Faute d'une telle dynamique, le parc Mirapolis avec son géant Gargantua, né en 1987 près de Paris, a vécu à peine cinq ans. Et Vulcania, sur le thème des volcans en Auvergne, jugé trop peu ludique à son démarrage il y a dix ans, est resté loin des 800.000 visiteurs annuels espérés. Le succès a un prix.

Découvrez ici ces parcs de loisirs qui ne connaissent pas la crise

Sylvain Rolland (avec agences)

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