... mobilité, mais aussi la modélisation de l'enneigement de ses stations par des algorithmes afin de "penser" la montagne de demain autrement. Avec à la clé un plan de "désaisonnalisation" qui pourrait se traduire par une quinzaine de millions d'euros investis chaque année dans de nouveaux modèles.
LA TRIBUNE - Vous êtes arrivé en juin 2021 à la tête de la filiale de la Caisse des dépôts, qui exploite les plus grandes stations françaises de ski alpin et plusieurs parcs de loisirs en Europe, avec un agenda et des résultats marqués par la crise sanitaire. Quels premiers enseignements tirez-vous de cette saison blanche et comment abordez-vous cette reprise, désormais marquée par l'incertitude du variant Omicron, mais dont le climat demeure toutefois encore très différent de l'hiver dernier ?
DOMINIQUE THILLAUD - Lorsque j'ai pris mes fonctions, on espérait déjà à l'époque, et depuis de longs mois, la fin de la crise Covid... Les domaines skiables ayant été fermés durant une saison, les derniers résultats ont été sans surprise, tandis que du côté des parcs d'attractions, qui sont notre second métier, la réouverture a pu se faire entre le 9 mai et le 9 juin.
La principale leçon que nous pouvons tirer de cet épisode, c'est que, lorsque l'on crée un espace de certitude sanitaire, plus les visiteurs se sentent en sécurité et meilleure sera leur expérience. Et même si cela est un peu contraignant, tout le monde est prêt à faire un effort, en contrepartie d'une certitude qui va rendre l'expérience encore plus belle.
Le pass sanitaire a été pointé du doigt par des syndicats qui ont demandé un « assouplissement des conditions » pour faciliter les recrutements de saisonniers, difficiles à clôturer sur certains domaines skiables. La Compagnie des Alpes est-elle parvenue à compléter ses recrutements ?
Nous avons recruté les saisonniers dont nous avions besoin, en premier lieu car près de 90% reviennent quasi mécaniquement d'une année sur l'autre (du fait de la reconduction automatique prévue dans la convention collective), et cela a encore été le cas cette année. Nous avons aussi fait le choix de payer nos salariés au dessus du minimum prévu par la convention collective. Enfin, nous leur proposons des primes logements, voire même des logements pour la saison, ce qui nous rend attractifs.