Œnotourisme  : la Vallée de la Gastronomie-France fait étape par les plus beaux vignobles bourguignons

SÉRIE D'ÉTÉ – BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE. (4/4). De la Bourgogne au Jura, le vignoble se réinvente. La création de la Vallée de la Gastronomie-France par les comités touristiques régionaux met en avant les meilleures adresses de vignerons et d’activités œnotouristiques dans la région.

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(Crédits : ©CHERRYSTONE)

Pour la première fois, deux régions - Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté - ainsi que Provence Tourisme et Gard Tourisme, se sont unies autour de la gastronomie et du terroir français pour créer une destination commune : la Vallée de la Gastronomie-France, lancée officiellement au grand public en mai dernier. Un ambitieux projet qui s'étend sur 620 kilomètres de Dijon à Marseille, les ex nationales 6 et 7, autrefois appelées « routes des vacances ».

Avec un budget de 84.000 euros par an, sur une période de trois ans, la Région Bourgogne-Franche-Comté veut se donner les moyens de valoriser cette nouvelle offre touristique dont la mission est d'inciter les voyageurs à quitter l'autoroute pour flâner et consommer local.

Sur le périmètre bourguignon, représentant 20% de la vallée, les 150 à 160 kilomètres entre Dijon et Mâcon foisonnent d'adresses tentatrices : l'incontournable maison Loiseau trois fois représentée, Le Charlemagne, la Maison Doucet, le domaine Besancenot, la moutarderie Fallot, Mulot et Petitjean, Veuve Ambal, le Cassissium, etc.

Une gamme d'offres autour du vin s'étend du nord au sud, pour découvrir les différents cépages qui ont permis de faire la renommée de grands vins : pinot noir, chardonnay, gamay, syrah, viognier, clairette, cabernet, sauvignon, merlot... Les vignerons ouvrent leur porte aux initiés comme aux amateurs de la gastronomie en proposant différentes façons de découvrir les vignes : balades dans les vignes, dégustation commentée, dîner avec un chef, expérience en vendanges, apprentissage des techniques d'assemblages, repas au cœur des vignes, etc...

« Nous avons veillé à ce que l'expérience soit toujours adossée à l'offre », souligne Sophie Ollier Daumas, directrice générale de Bourgone-Franche-Comté Tourisme. « Avant, les professionnels de notre région n'avaient pas forcément une offre adaptée. Nous les avons accompagnés pour leur montrer qu'il ne suffisait pas d'avoir un lieu d'accueil, mais que désormais il fallait proposer des expériences pour que le visiteur puisse sentir, goûter, savourer, explorer un territoire, mais aussi partager et rencontrer ses habitants », poursuit-elle.

 « Offres gourmandes » et « expériences remarquables »

Les quarante partenaires de la marque se répartissent en deux catégories : les offres gourmandes et les expériences remarquables. Pour prétendre à la première, il faut avoir une activité touristique, valoriser les produits du terroir, être référencé par un guide ou un label, et se situer maximum à 45 minutes d'une sortie d'autoroute. Pour prétendre à la seconde, il faut, en plus de tout cela, proposer une prestation personnalisée et immersive. Par exemple, faire travailler la vigne, donner un cours de cuisine, offrir un temps particulier avec un grand chef, etc. Un jury étudie et valide les dossiers.

La Vallée de la Gastronomie-France répond à un changement d'aspiration des voyageurs, avides de retour à l'essentiel, aux traditions et aux rencontres autour d'une culture commune. Initiée avant la crise sanitaire, cette marque prend une résonnance particulière en cette période où l'envie de se retrouver, d'apprendre, d'échanger avec les autres anime les Français. Cette tendance vers une nouvelle façon de voyager s'est accélérée ces derniers mois puisque pour 31% des Français, la convivialité́ et le partage seront désormais au cœur de leurs préoccupations. « Il était donc primordial de lancer un nouveau produit, pour des touristes nouveaux, adeptes du 'slow tourism', de dégustations et de promenades. Cela correspond à une demande forte et captera des voyageurs qui, avant cela, traversaient notre région sans s'y arrêter », souligne Patrick Ayache, conseiller régional en charge, entre autres, de l'attractivité et du tourisme.

cave conte senard

Créer un maillage entre les professionnels de la gastronomie et du vin

« Pour les professionnels de la vallée, cela permet de faire briller leur zone de vie et de se connecter à d'autres métiers pour échanger et favoriser les circuits courts. », explique Loïc Niepceron, président de BFC Tourisme. Par exemple, au nord de Dijon, les touristes peuvent commencer leur voyage sensoriel par la visite de l'atelier des Anis de Flavigny, un petit bonbon fabriqué depuis 400 ans dans cette ancienne abbaye, et qui reçoit chaque année 98.000 visiteurs. « Nous ne faisons pas de visite de musée. Ici, nous partageons avec les visiteurs notre savoir-faire », explique Catherine Troubat, présidente des Anis de Flavigny. Pour cette passionnée, faire partie de la Vallée de la Gastronomie-France est une vraie fierté. « Lorsque les gens m'en parle, je les invite volontiers à poursuivre leur voyage au travers de nos spécialités avec le pain d'épice à Dijon, puis de descendre sur la route des grands crus avec notamment les vins de la Côte de Beaune », précise-t-elle.

Anis de Flavigny

Le groupe Bernard Loiseau représenté par ses différentes maisons, dont le Relais de Saulieu, est l'une des rares "Expériences remarquables" du circuit. « Nous proposons une immersion dans les coulisses du Relais, ce que nous faisons rarement. C'est une offre spécifiquement développée pour la Vallée. Ce lancement tombe à pic car avec la crise, les gens ont envie de partir en vacances, de retrouver de l'humain, de l'immersion et du multisensoriel, et les divers partenaires de la Vallée proposent cela pour tous les budgets. », confie Bérangère Loiseau, directrice marketing et communication, vice-présidente du groupe Bernard-Loiseau. Quant au restaurant Le Charlemagne, situé dans le village de Pernand-Vergelesses (21) et tenu par Laurent Peugeot, il proposait déjà une offre avec des immersions en cuisine et des ateliers. « Même si nous n'avons pas attendu de faire partie de la Vallée de la Gastronomie-France pour attirer du monde, la période actuelle est compliquée et savoir que les comités touristiques régionaux communiquent pour nous au travers de cette marque est appréciable. En ce moment, nous devons nous concentrer sur notre offre restaurant essentiellement », confie le chef étoilé.

atelier culinaire au Charlemagne

Sonia Guyon, gérante de Burgundy Emotions a également été sélectionné dans la deuxième catégorie pour son offre « circuit secret ». « En fonction des préférences de mes clients, vin blanc ou vin rouge, je les emmène sur un itinéraire secret en Côtes de Nuits ou en Côte de Beaune, avec des attentions particulières pour éveiller les sens de mes clients et découvrir les vins de Bourgogne autrement », précise cette passionnée. La Vallée de la Gastronomie-France représente une opportunité supplémentaire de communiquer sur son activité indépendante.

Sonia Guyon

 Avec un budget de 84 000 € par an, sur une période de trois ans, la Région Bourgogne-Franche-Comté se donnera les moyens de valoriser cette nouvelle offre touristique, qui incite les voyageurs à quitter l'autoroute pour flâner et consommer local.

Lire ici les autres épisodes de cette série

1/4 « L'œnotourisme est l'un des points forts de l'attractivité de notre région » (Sophie Ollier Daumas, directrice de Bourgogne-Franche-Comté Tourisme)

2/4 Œnotourisme : Quand le vignoble bourguignon se professionnalise

3/4 Œnotourisme : le tourisme durable mène au vignoble du Jura

6 mn

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