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SNCF : le TGV est-il réellement trop cher ?

Fabrice Gliszczynski

Publié le 22 mai 2013 à 09:06 - Mis à jour le 22 mai 2013 à 09:12

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La SNCF reconnaît la "présence d'un sentiment de cherté du TGV dans l'opinion publique" mais explique que les TGV français sont 30% moins chers que le prix moyen du reste de l'Europe.

Critiqués par les voyageurs et par les régions, les prix des voyages TGV sont-ils trop chers ? Le débat est complexe car une telle appréciation est d'abord subjective. Celle-ci dépend évidemment de l'idée que chacun se fait du transport ferroviaire en général, de la SNCF en particulier, et du prix que chacun est prêt à payer pour ce service rendu.

Transport populaire et service public
Depuis sa création en 1938 sous le Front Populaire, la SNCF, entreprise publique, est associée aux notions de transport populaire et de service public. Deux qualificatifs qu'elle revendique toujours d'ailleurs. Pour rappel, le slogan de son 75e anniversaire était d'ailleurs : « 75 ans de transport populaire ». Et c'est pour de telles raisons que les prix de la SNCF font régulièrement l'objet de débats animés. De nombreux clients et élus estiment que les tarifs doivent rester raisonnables. Visiblement, ils ne le sont pas à leurs yeux. « Le sentiment de cherté du TGV est présent dans l'opinion publique », constate Barbara Dalibard, la directrice générale de SNCF Voyages. Un sentiment que n'a pu que renforcer la politique tarifaire agressive menée il y a une dizaine d'années par les compagnies aériennes à bas coûts, rapidement suivie par Air France.

Les coûts de la grande vitesse

D'où le sentiment que, sur la longue durée, les courbes tarifaires se croisent entre un transport élitiste (l'avion) qui a baissé ses prix et un transport populaire (le train) qui les a augmentés en raison du passage progressif de la vitesse conventionnelle à la grande vitesse, beaucoup plus coûteuse. Or, ce coût de la grande vitesse, l'opinion ne veut pas l'entendre. Le prix d'une rame TGV est pourtant trois fois plus élevé que celui des TER. Le prix des péages aussi. Ils représentent 37% des coûts du TGV, et ont progressé de 7,5% par an au cours des cinq dernières années. Or, sur la même période, le prix moyen des TGV n'a augmenté que de 2% par an. Barbara Dalibard a beau rappeler que « depuis 2008, les hausses de prix des TGV sont inférieures à l'inflation et que les marges du TGV ont beaucoup baissé », l'opinion semble sourde à ces arguments. De nombreux observateurs estiment plutôt que, pour être plus compétitive, la SNCF devrait réduire ses coûts de fonctionnement et augmenter la productivité de son personnel. Une problématique qui débouche inévitablement sur celle du monopole de la SNCF et l'ouverture du marché français.

L'aérien baisse ses prix

Au final, qu'en est-il? Cher ou pas, les prix des TGV français sont en tout cas environ 30% moins élevés que ceux pratiqués ailleurs en Europe, notamment en Allemagne, comme l'a rappelé Barbara Dalibard mardi devant la presse. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Air France martèle depuis plus de 10 ans que son véritable concurrent est le train plus que les compagnies aériennes européennes.

Mais la communication de la SNCF n'est pas tant de jouer les comparaisons nationales. Pour la direction, les prix du train au kilomètre sont bas comparés à ceux des autres modes de transport. D'une part, ils évoluent dans un espace réglementaire contraint dans la mesure où le plein tarif loisir (payé par 17% par des voyageurs loisirs) doit être inférieur à « 2,1 fois le barème kilométrique du TER », lequel est fixé chaque année par l'Etat. Cette année, il s'élève à environ 11 centimes d'euros le kilomètre. Mais le plein tarif ne représente que 17% des billets loisirs. 8 passagers sur 10 bénéficient d'une réduction entre les tarifs Prem's, les tarifs loisirs réduits, les IDTGV, Ouigo et les tarifs sociaux. Ces derniers sont au nombre de 600. Cela va des familles nombreuses, aux militaires en passant par les chasseurs le jour de la Saint-Hubert !

Eviter les trains le vendredi de 17 heures
Outre cette palette de tarifs réduits, la SNCF rappelle qu'il existe de nombreux moyens pour baisser le prix des billets. Notamment en achetant ceux-ci le plus en amont possible par rapport à la date du voyage, les prix augmentant au fur et à mesure que se rapproche le départ du train. Ou en évitant, si on le peut, de prendre les trains aux heures de pointe. « Oui il y a des petits prix mais pas à 17 heures un vendredi », rappelle Barbara Dalibard. Cet horaire est en effet celui qui est le plus chargé. Or le choix d'un autre train programmé à « flanc de pointe », où la part de billets à petits prix est plus grande, permet d'abaisser la facture. Ainsi le panier moyen peut passer de 59,7 euros sur un train partant à 17 heures à 38 euros sur celui de 21 heures.

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Hausse des prix de 15% pendant les vacances de scolaires
Quant à l'inflation des prix pendant les vacances scolaires, Barbara Dalibard assure que l'écart ne dépasse pas 15% dans le pire des cas et non 30% comme l'a écrit récemment une enquête. « En prenant le pire des cas, le week-end de chassés-croisés du 1er mars 2013, le plus chargé, le panier moyen s'est élevé à 57 euros contre 50 pour les week-ends normaux. Soit un écart un 15% », a assuré Barbara Dalibard, en précisant qu'il fallait « prendre en compte l'ensemble des trains et non un seul train isolé. « Si l'on ne prend que le train arrivant le samedi à Bourg-Saint-Maurice, l'écart de prix dépassera peut être les 15% », reconnaît-elle. Enfin, la crise pousse la SNCF à réduire ses prix. Confrontée à une demande atone, les promotions et le nombre de billets à petits prix se multiplient.

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Pour autant, à six ans de l'ouverture du marché français, la SNCF doit se préparer pour être plus compétitive et affronter une baisse des prix.

Fabrice Gliszczynski

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