Le front uni des syndicats de pilotes d'Air France (SNPL, Spaf, Alter), qui tous ont appelé à la grève à partir du 15 septembre pour dénoncer la manière dont la direction veut développer la filiale low-cost Transavia, fait grincer des dents au sein des filiales régionales. En particulier chez de nombreux pilotes de Regional, l'une des trois compagnies aériennes avec Britair et Airlinair qui composent le pôle régional, baptisé HOP. Le Spac Regional, majoritaire (30% des voix, soit une centaine de pilotes) appelle en effet les pilotes à tout faire pour "briser la grève des syndicats de pilote d'Air France, le SNPL en tête".
Dans un tract, ils demandent à tous les pilotes de "répondre à toutes les sollicitations de la régulation pour remplacer un vol d'Air France impacté par la grève".
Ce syndicat dénonce la revendication des syndicats d'Air France concernant la mise en place d'un groupe unique de pilotes pour les avions de plus de 110 places, tous sous contrat Air France. Ce qui leur permettrait de voler indifféremment pour Transavia ou Air France.
Concernant Hop, le Spac demande un contrat unique pour tous les salariés ainsi qu'une "liste de classement au sein du groupe Air France afin d'assurer la libre circulation des pilotes entre les différents entités du groupe comme chez Lufthansa avec des perspectives de carrière pour tous".
Le mouvement devrait s'étendre à d'autres syndicats de Regional, dont le SNPL selon des sources internes à ce syndicat, qui serait ainsi en opposition avec le SNPL Air France. Déclarant qu'il "ne souhaitait pas être associé aux propos que Monsieur Blouzard a tenus dans la presse", le bureau du SNPL Regional précise qu'il "s'exprimera en temps voulu et de façon officielle sur le sujet".
Interrogé par La Tribune, Jean-Louis Barber, le président du SNPL Air France a réaffirmé la position du syndicat :
Concernant les Embraer 195, Jean-Louis Barber estime "qu'on n'en est pas là et qu'aucun plan n'a été échaffaudé autour de cet appareil".
À lire également
Comme dans les compagnies ayant des filiales régionales, Air France dispose d'une "scope clause" qui fixe la taille des appareils que peuvent exploiter ces filiales. Elle se situe à 110 sièges chez Air France.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer