Air France-KLM a annoncé ce jeudi des mesures fortes pour redresser ses deux maux structurels, le cargo et le court et moyen-courrier, tous deux structurellement déficitaires. Sur les vols de courte distance, le conseil d'administration du groupe a validé ce jeudi le projet de développement du PDG du groupe, Alexandre de Juniac,sur le marché loisirs en Europe.
Baptisée selon nos informations Transavia Europe, cette nouvelle filiale low-cost paneuropéenne est destinée à croiser le fer partout en Europe avec les compagnies à bas coûts. Transavia Europe ouvrira des bases en Europe, hors France et Pays-Bas sur lesquels opèrent Transavia France et Transavia Hollande. Ceci avec du personnel disposant de contrats locaux comme le fait Easyjet par exemple.
Selon nos sources, les premières bases ouvriront en 2015, à Lisbonne, Porto et dans un aéroport allemand. Le plan de croissance de Transavia Europe s'annonce très rapide. Il absorbera une bonne partie de la cinquantaine d'avions qui sera livrée au cours des prochaines années pour atteindre les quelque 115 appareils que prévoit Air France-KLM pour l'ensemble du pôle Transavia d'ici quelques années, selon nos informations. Soit plus du double de la flotte d'aujourd'hui.
En effet, Transavia Hollande (30 avions) peine à croître sur le marché hollandais face aux compagnies à bas coûts tandis que Transavia France, quand bien même la direction d'Air France parvenait à faire sauter la limite de 14 avions signée en 2006 avec le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), aura difficilement un rythme de croissance supérieur à 5 avions par an au cours des prochaines années.
Critiquée ces dernières pour la faiblesse de sa réaction face aux low-cost par rapport à IAG (British Airways et Iberia) et Lufthansa, Air France-KLM tente ainsi de revenir dans la partie.
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Pour autant, le principal obstacle au développement de Transavia se situe en France. Les pilotes d'Air France refusent d'aller voler chez Transavia avec un contrat autre que celui en vigueur à Air France. Ils exigent aussi la mise en place d'un groupe unique de pilotes pour les avions du groupe de plus de 110 places (Air France et Transavia) qui permettrait, selon eux, de gagner en flexibilité en passant d'une marque à l'autre. La direction refuse. Pour ne pas exporter chez Transavia les coûts d'Air France, elle veut que les conditions de travail et de rémunération des pilotes soient propres à chaque compagnie.
Résultat, la situation est extrêmement tendue. Après le préavis de 5 jours de grève à partir du 15 septembre déposé par la semaine dernière par le SNPL, deux autres syndicats de pilotes (le Spaf et Alter, plus contestaires) ont récemment appelé les pilotes à débrayer. Ce front uni complique la situation. Car l'engagement du Spaf et d'Alter pourrait compromettre la recherche d'un éventuel compromis.
Si Air France-KLM est prêt à muscler Transavia, le groupe entend en revanche couper fortement les ailes de l'activité tout cargo qui s'est déjà réduite comme peau de chagrin depuis cinq ans.
Composée de 14 appareils (10 à Amsterdam, 4 à Paris) la flotte tout cargo va passer à 5 appareils d'ici à 2016 : deux à Paris (2 B777F), trois à Amsterdam (3 B747 ERF) qui paye le prix forte cette restructuration.
Cinq MD11 seront notamment retirés en 2015 et 2016. A Paris, deux B747 quitteront la flotte.
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Les mesures sont fortes même si certains analystes espéraient la suppression pure et simple de cette activité comme l'a fait British Airways il y a plusieurs années pour se concentrer uniquement sur le transport de marchandises en soute des avions passagers.
Ces mesures seront détaillées le 11 septembre lors de la journée investisseurs du groupe.
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