Prolongement de la ligne 14 : un nouveau décollage pour l'aéroport d'Orly

A partir du 24 juin, la ligne 14 desservira l'aéroport d'Orly.
Maylis Rolland / Hans Lucas via Reuters Connect

A partir du 24 juin, la ligne 14 desservira l'aéroport d'Orly.
Maylis Rolland / Hans Lucas via Reuters Connect
C'est une petite révolution pour l'aéroport d'Orly. Dès le 24 juin prochain, la quatorzième ligne du métro parisien desservira 7 nouvelles stations dont, le nouveau terminus, l'aéroport d'Orly qui sera désormais accessible depuis Paris en moins de 30 minutes. « La ligne 14 va bouleverser la physionomie d'Orly qui est extrêmement dépendant de la voiture, c'est une opportunité énorme de permettre du report modal tant pour les passagers que pour nos salariés », confirme Justine Coutard, directrice générale de l'aéroport, invitée au Paris Air Forum, organisé par La Tribune jeudi 13 juin. « Nous attendons sa mise en service avec impatience, le pari de livrer le chantier avant les Jeux Olympiques aura été tenu », s'enthousiasme-t-elle.
Un bémol néanmoins aux yeux de la directrice générale de l'aéroport : « les horaires du métro, regrette Justine Coutard. Le premier départ est à 5h20 et ne coïncide donc pas avec les besoins de salariés qui travaillent en horaire décalé ou aux voyageurs qui doivent se rendre vers quatre heures du matin à Orly pour prendre leur avion ».
Maire de Morangis, Brigitte Vermillet (LR) regrette, quant à elle, que la ligne 14 ne desserve pas les communes voisines de l'aéroport avec des habitants qui devront « prendre trois bus pour l'emprunter ». « L'un de nos combats est de faire venir une station voyageur à Morangis, une vraie nécessité pour les communes limitrophes déjà engorgées », explique-t-elle.
Sur un autre front, cette mise en service sera également un outil au service de la décarbonation, cœur du projet d'aménagement Paris-Orly 2035.
Sur le plan du trafic des avions, Brigitte Vermillet émet pour sa part des réserves sur les chiffres avancés par le transport aérien sur sa trajectoire de décarbonation. L'élue demande notamment à l'aéroport d'Orly d'être plus inclusif en dotant d'équipements les villes voisines ou en participant à la création d'espace vert pour les citoyens, salariés et passagers.
Pour Muriel Assouline, directrice général d'Air Caraïbes, cette ligne 14 va également favoriser l'intermodalité tout comme la ligne 18 qui va relier Massy TGV à Orly. « Nous proposons avec la SNCF des offres TGV Air depuis la gare de Massy qui concernent principalement les passagers de l'Ouest de la France. Nous pourrons maintenant les acheminer depuis Saint-Lazare et la gare de Lyon. Nous allons pouvoir mailler train, métro et avion sans discontinuité avec, sur leur smartphone, un billet qui leur permet de prendre le train, le métro, puis de procéder à l'embarquement ».
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Autant d'éléments qui devraient renforcer l'attractivité de l'aéroport, qui reste à ce jour largement prisé en raison notamment de sa proximité parisienne. En témoignent les propos de Bertrand Godinot, directeur général France d'Easyjet, compagnie présente à Orly depuis plus de 20 ans, qui ne cache pas qu'il voudrait encore se développer à Orly, « un aéroport qui s'appuie sur une clientèle d'affaires, loisir et affinitaire ».
Un intérêt d'Easyjet qui est de bonne augure malgré le choix d'Air France de quitter Orly en 2026. « Le départ d'Air France appartient à Air France, c'est une décision de l'un de nos clients qui ne nous appartient pas de commenter », souligne Justine Coutard, qui explique néanmoins qu'« Orly est un aéroport aujourd'hui saturé, tous ses créneaux sont distribués et on sait que certains de nos clients aimeraient bien en obtenir davantage ».
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Côté trafic, l'aéroport d'Orly a retrouvé en 2023 ses chiffres de 2019, soit 32 millions de passagers. Le tout malgré des mouvements bien moins importants, de 215.000 à 208.000, compensés par de meilleurs taux d'emports - 156 passagers par vol en moyenne contre 110 en 2010. « Le trafic domestique a pu occuper un tiers de notre activité, il ne représente plus que 18%, les vols sont réorientés vers du trafic Schengen en très large majorité et du trafic international », souligne Justine Coutard.