Crash d'avion en Corée du Sud : ce que l'on sait de l'enquête
latribune.fr
Ce mardi, les autorités sud-coréennes ont annoncé un examen de la réglementation du mur en béton, installé au bout de la piste sur laquelle le B737 de la Jeju Air s'est crashé.
La présence d'un mur sur la piste de l'aéroport de Muan où l'avion de la Jeju Air s'est écrasé dimanche dernier interroge toujours les enquêteurs.
C'est l'une des questions qui revient le plus chez les familles de victimes et les enquêteurs : pourquoi y avait-il un mur au bout de la piste contre lequel le Boeing 737 de la Jeju Air s'est quasi désintégré dimanche 29 décembre, annihilant les chances de survie des passagers ? Pour tenter d'y répondre, les autorités de Corée du Sud ont annoncé ce mardi 31 décembre un examen de la réglementation de ce mur de béton, installé sur le tarmac de l'aéroport international de Muan, une ville moyenne du sud-ouest du pays. Le gouvernement va « examiner les réglementations concernées et leur application », a ainsi déclaré Kim Hong-rak, un responsable aéroportuaire, interrogé sur la légalité de ce dispositif.
La veille déjà, certains experts avaient mis le sujet sur la table. « Normalement, il n'y a pas de tel obstacle solide en bout de piste, c'est contre les standards de sécurité de l'aviation internationale (...) La structure en question a fait s'écraser et s'enflammer l'avion », affirmait à l'AFP Kim Kwang-il, professeur de sciences aéronautiques à l'université de Silla, et ancien pilote. Selon le vice-ministre Joo Jong-wan, cette barrière est un localisateur, « un type de système d'aide à la navigation » qui n'a pas de « conception standard ou uniforme ».
Autre interrogation liée au fonctionnement de l'aéroport de Muan : l'absence des pompiers lors de l'atterrissage d'urgence, alors que les pilotes de l'avion en difficulté ont informé la tour de contrôle de leur détresse.
De premiers éléments de l'enquête
Quoi qu'il en soit, une partie du déroulé de l'accident - qui a fait 179 morts, avec seulement deux survivants - est connue. Les pilotes de l'appareil, un Boeing 737-800 de 15 ans d'âge en provenance de Bangkok, ont tenté dimanche matin d'atterrir sur le ventre, après avoir constaté que le blocage du train d'atterrissage. Lundi matin, un autre Boeing 737-800 de Jeju Air a d'ailleurs rencontré le même problème.
Plusieurs analystes estiment aussi que l'appareil pourrait avoir heurté des oiseaux au moment de son approche. Un cas de figure pas inhabituel, et considéré comme « une hantise » par les pilotes d'avion de ligne. Trois minutes avant le crash, la tour de contrôle de l'aéroport de Muan a d'ailleurs envoyé un avertissement en ce sens à l'équipage.
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« Une collision avec un oiseau n'est pas inhabituelle, de même que des problèmes avec le train d'atterrissage », a noté dimanche Geoffrey Thomas, rédacteur en chef d'Airline News, cité par l'agence Reuters. Les moteurs d'avions à réaction peuvent perdre en puissance, voire s'arrêter complètement après avoir aspiré un oiseau.
«Inspection complète» des B737-800
Autre démarche lancée par les autorités sud-coréennes suite au crash : une « inspection complète » de l'ensemble des Boeing 737-800 utilisés par les compagnies du pays. « Concernant l'inspection complète, des rapports de maintenance des systèmes cruciaux, tels que les moteurs et les trains d'atterrissage, seront minutieusement étudiés pour les 101 avions de six compagnies utilisant le même modèle que celui qui a été accidenté », a ainsi déclaré lundi Joo Jong-wan, vice-ministre sud-coréen en charge de l'aviation. Avant de préciser que la procédure durerait jusqu'au 3 janvier.
En outre, les autorités ont commencé à étudier les deux boîtes noires extraites de l'appareil, selon le vice-ministre, alors qu'une équipe d'investigation américaine, incluant des représentants de Boeing, est arrivée sur les lieux du drame. La Corée du Sud est entrée lundi dans un deuil national de sept jours, avec les drapeaux mis en berne. Les premières dépouilles des 179 victimes du crash ont été remises aux familles ce mardi.
Il s'agit du pire crash que le pays ait connu. Le plus meurtrier était jusqu'alors celui survenu sur une colline proche de l'aéroport de Busan-Gimhae d'un Boeing 767 d'Air China, en provenance de Pékin. L'accident avait fait 129 morts, le 15 avril 2002. Enfin, cet accident mortel est le premier de l'histoire de la Jeju Air, une des plus grosses compagnies low-cost sud-coréennes, fondée en 2005. Le 12 août 2007, un Bombardier Q400 de Jeju Air, transportant 74 passagers, était sorti de la piste par vent fort à l'aéroport de Busan-Gimhae (sud), faisant une dizaine de blessés légers.