Crash en Corée du Sud : « inspection complète » des Boeing 737-800 du pays
latribune.fr

Le Boeing 737 de la compagnie Jeju Air a été contraint d'atterrir d'urgence suite à une collision avec des oiseaux.
Reuters
latribune.fr

Le Boeing 737 de la compagnie Jeju Air a été contraint d'atterrir d'urgence suite à une collision avec des oiseaux.
Reuters
Après le crash de l'avion de transport azéri mercredi, un avion de la compagnie Jeju Air, avec 181 personnes à bord, s'est écrasé dimanche lors de son atterrissage à Muan, en Corée du Sud. L'appareil provenait de Bangkok, capitale de la Thaïlande. L'accident a fait 179 morts, selon un bilan définitif, avec deux survivants, une hôtesse de l'air et un steward, extraits de la carcasse en feu, peu après le crash. Les personnes à bord, deux de nationalité thaïlandaise et le reste de citoyens sud-coréens, étaient âgés de trois à 78 ans.
Au lendemain du drame, la Corée du Sud a lancé une « inspection complète » de tous les Boeing 737-800 utilisés par des compagnies du pays. « Concernant l'inspection complète, des rapports de maintenance des systèmes cruciaux, tels que les moteurs et les trains d'atterrissage, seront minutieusement étudiés pour les 101 avions de six compagnies utilisant le même modèle que celui qui a été accidenté », a ainsi déclaré ce lundi matin Joo Jong-wan, vice-ministre sud-coréen en charge de l'aviation, précisant que la procédure durerait jusqu'au 3 janvier.
Selon les derniers éléments de l'enquête, les pilotes de l'appareil, un Boeing 737-800 de 15 ans d'âge, ont tenté, peu après 9 heures du matin, d'atterrir sur le ventre après avoir constaté que leurs trains d'atterrissage ne se déployaient pas. A noter : ce lundi matin, un autre Boeing 737-800 de Jeju Air a rencontré un problème lié au train d'atterrissage;
Les analystes estiment que l'appareil pourrait avoir heurté des oiseaux au moment de son approche. Un message de détresse aurait également été émis par l'équipage. « Une collision avec un oiseau n'est pas inhabituelle, de même que des problèmes avec le train d'atterrissage », a déclaré hier Geoffrey Thomas, rédacteur en chef d'Airline News, cité par l'agence Reuters. Cependant, ceci n'expliquerait pas pour autant l'impossibilité de déployer les trains d'atterrissage. L'absence des pompiers lors de l'atterrissage d'urgence, ou même la présence d'un muret au bout d'une piste, interrogent également.
« Normalement, il n'y a pas de tel obstacle solide en bout de piste, c'est contre les standards de sécurité de l'aviation internationale recommandés par (...) l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et l'Agence de l'Union européenne pour la sécurité aérienne (AUESA). La structure en question a fait s'écraser et s'enflammer l'avion », a souligné à ce sujet à l'AFP Kim Kwang-il, professeur de sciences aéronautiques à l'université de Silla et ancien pilote.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Chef de l'Etat par intérim, nommé vendredi dernier dans un pays secoué par une grave crise politique, Choi Sang-mok a présidé une réunion d'urgence du gouvernement et doit se rendre dans l'après-midi de dimanche à Muan, a annoncé son bureau. « Toutes les agences concernées (...) doivent mobiliser toutes les ressources disponibles pour sauver les personnes », a-t-il ordonné dans un communiqué. La Corée du Sud a également décrété un deuil national de sept jours, et les drapeaux ont été mis en berne
Il s'agit du premier accident mortel de l'histoire de Jeju Air, une des plus grosses compagnies low-cost sud-coréennes, fondée en 2005. Le 12 août 2007, un Bombardier Q400 de Jeju Air transportant 74 passagers était sorti de la piste par vent fort à l'aéroport de Busan-Gimhae (sud), faisant une dizaine de blessés légers.
Les accidents d'avion sont très rares en Corée du Sud. Le plus meurtrier à avoir eu lieu dans le pays était jusqu'alors le crash sur une colline près de l'aéroport de Busan-Gimhae d'un Boeing 767 d'Air China en provenance de Pékin, qui avait fait 129 morts le 15 avril 2002.
À lire également
Hantise des pilotes
Percuter des oiseaux en vol est la hantise des pilotes, surtout s'agissant d'avions à réaction dont les moteurs peuvent rapidement perdre de la puissance, voire s'arrêter complètement après avoir ingéré un volatile. En 2009, un Airbus A320 de la compagnie US Airways avait effectué un amerrissage forcé dans le fleuve Hudson, à New York, après l'arrêt de ses deux réacteurs qui avaient aspiré des oiseaux. L'accident est connu sous le nom de « Miracle sur l'Hudson », tous les passagers et membres d'équipage s'en étant sortis vivants.
(Avec AFP)
latribune.fr