Délestée du poids de la dette, une SNCF "viable va naître" (Pepy)

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La promesse d'Edouard Philippe de faire reprendre par l'Etat 35 des 47 milliards d'euros de la dette de SNCF Réseau (le gestionnaire d'infrastructures), mais aussi de lancer de nouveaux investissements, et d' "alléger" le poids des péages ferroviaires acquittés par les trains circulant sur le réseau SNCF, n'a pas empêché les syndicats de la SNCF d'appeler à la poursuite de la grève entamée il y a près de deux mois. Notamment la CGT et Sud. Les deux organisations plus modérées, l'Unsa et la CFDT, attendent pour leur part la fin du processus parlementaire, à la mi-juin, pour envisager une éventuelle sortie de crise. Selon le calendrier défini par les organisations représentatives, la grève doit se poursuivre jusqu'au 28 juin, au rythme de deux jours d'arrêt de travail sur cinq.
Les représentants des cheminots attendaient depuis longtemps des garanties sur l'avenir financier de la SNCF, qui serait condamnée avec sa dette actuelle une fois transformée en société anonyme et soumise à la concurrence de nouveaux acteurs. L'opération de délestage se fera en deux temps, à raison de 25 milliards d'euros en 2020 et de 10 milliards d'euros en 2022, a précisé Edouard Philippe.
Autrement dit, cette nouvelle charge risque d'avoir en 2020 et 2022 un impact sur la trajectoire des comptes publics telle que présentée dans le dernier pacte de stabilité, selon le rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale, Joël Giraud.
L'Elysée fait une analyse différente, selon laquelle la reprise pèsera sur la seule dette et non sur le déficit. Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont déclaré vendredi soir dans un communiqué qu'il n'était pas possible à ce stade de se prononcer sur l'impact de la reprise partielle de la dette sur la trajectoire des finances publiques.
Pour se prémunir contre tout nouveau gonflement de la dette, l'exécutif compte introduire dans la réforme une "règle d'or" visant à interdire de nouveaux déséquilibres comptables.
Edouard Philippe a en outre annoncé 200 millions d'investissements supplémentaires par an sur le réseau ferroviaire à partir de 2022, pour un total de 3,8 milliards d'euros annuels. Ce qui est plus qu'espérait la direction de la SNCF il y a encore quelques mois. La hausse des péages imposés au TGV et au fret sera par ailleurs limitée au niveau de l'inflation.
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Sud-Rail n'a pas dévié de sa ligne dure consistant à demander une suspension de la réforme et la démission de Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF. Unsa et CFDT maintiennent aussi la pression en attendant le résultat de la commission mixte paritaire (CMP), à la mi-juin, qui doit servir à mettre en commun le texte voté par l'Assemblée nationale et la version révisée par le Sénat.
Pour autant, "les annonces ne sont pas de nature à nous faire faire sortir du mouvement", a précisé Florent Monteilhet après avoir pris le pouls de la base.
Pour la CFDT, il y a des "éléments de satisfaction" mais le syndicat réformiste garde "le sentiment qu'il faut peser jusqu'au bout du processus parce que rien n'est jamais acquis", a déclaré son secrétaire général Laurent Berger.
Aux engagements financiers s'ajoutent des infléchissements sur le volet social, en premier lieu sur les conditions dans lesquelles les cheminots pourront être transférés, à partir de 2020, de la SNCF vers la concurrence - un point important pour l'ensemble des syndicats. La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a annoncé qu'elle réunirait début juin les partenaires sociaux pour "relancer" les négociations dans la branche.
La réforme fera l'objet d'un vote solennel au Sénat le 5 juin. Elle prévoit l'arrêt de l'embauche au statut de cheminots à partir de 2020, l'ouverture à la concurrence et la transformation juridique de la SNCF.
S'il juge les manifestations contre la réforme de la SNCF "légitimes" Emmanuel Macron estime néanmoins qu'"on est arrivé au bout du processus" et que le gouvernement a fait vendredi "ses dernières propositions", notamment sur la reprise de la dette.
"Il y a des manifestations légitimes contre la réforme de la SNCF" mais "je dis (aux syndicats) "on est arrivé au bout du processus. Le texte va arriver au Sénat (mardi). Le gouvernement fait ses dernières propositions aujourd'hui (vendredi, ndlr), prend sa responsabilité sur la dette. Nous devons aller au bout de cette réforme. Nous irons au bout", a déclaré le président de la République dans un entretien à BFMTV accordé vendredi depuis Saint-Pétersbourg où il est en déplacement.
Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a salué vendredi des annonces "historiques" du gouvernement pour assurer l'avenir de la compagnie ferroviaire, les jugeant "à la hauteur des enjeux" et appelant les syndicats à mettre fin à la grève.
"Cela signifie qu'il y aura plus de ferroviaire dans notre pays (...) parce que d'abord les travaux prévus vont encore augmenter pour améliorer la qualité du réseau", a-t-il ajouté.
"Et puis le gouvernement s'est engagé à stabiliser les péages ce qui veut dire qu'on va pouvoir faire plus de camions sur des trains fret et pouvoir à l'avenir développer à nouveau l'activité TGV".
"Grâce au désendettement la SNCF nouvelle va être à l'équilibre dès 2020 et donc c'est une entreprise viable (...) qui va naître (...). Donc au total c'est vrai qu'on attendait depuis longtemps des décisions de cette importance". Guillaume Pepy a également appelé les syndicats à cesser le mouvement de grève qui dure depuis deux mois.
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"Il faut que chacun prenne ses responsabilités. J'ai compris ce matin que plusieurs organisations syndicales avaient salué l'engagement, l'avancée et avaient dit qu'elles allaient réfléchir et travailler avec leurs instances pour voir les conditions dans lesquelles elles pourraient envisager de sortir du conflit", a affirmé Guillaume Pepy.
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