Fret fluvial : Sogestran se rapproche de Fluidis pour accélérer sur les livraisons en ville
Nathalie Jourdan
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Fondé par Gilles Manuelle qui présidera le nouvel ensemble, Fluidis compte parmi ses actionnaires historiques le groupe Caisse des Dépôts, la Banque des territoires et le groupe Idec.
L’armateur havrais Sogestran entre au capital de Fluidis, spécialiste de la distribution urbaine fluviale, et lui confie la barre des bateaux de sa filiale BLL. Le duo espère stimuler la desserte des villes par la voie d’eau.
Le chiffre a de quoi donner le tournis. Chaque jour, plus de 150.000 colis sont distribués dans Paris intra-muros en provenance des plateformes de distribution qui environnent la capitale. La plupart y arrivent par la route. Malgré les efforts méritoires d'une poignée de précurseurs, une toute petite portion de ces montagnes de marchandises rejoint le ventre de la capitale par la Seine, pourtant notoirement sous-utilisée.
Seules à proposer ce type de livraison par la voie d'eau à Paris, les sociétés Fluidis et Blue Line Logistics (BLL) n'acheminent ensemble que 4 000 à 5 000 colis quotidiennement. Autant dire qu'il existe des marges de progression. C'est précisément dans cet objectif que ces deux acteurs viennent d'unir leurs forces.
L'armateur havrais Sogestran, maison mère de BLL, associé au fonds Ademe Investissement, est entré comme actionnaire minoritaire au capital de la société Amme, plus connue pour son enseigne Fluidis. Le montant de cet apport de Sogestran avec Ademe est de 60 millions d'euros. Fluidis récupère, au passage, les navires de la filiale du groupe normand.
« Elle devient la seule marque commerciale et exploitante des solutions de logistiques urbaines fluviales des deux structures à Paris et à Lyon et dans d'autres villes demain », détaillent les partenaires dans un communiqué.
Des grands comptes qui montrent l'exemple
Le nouvel ensemble né de la fusion est désormais à la tête d'un parc de vélos-cargos pour la livraison du dernier kilomètre et d'une flotte de sept bateaux capables d'embarquer des colis mais aussi des caisses mobiles et des palettes. Il peut se targuer d'un portefeuille de clients doré sur tranche parmi lesquels on peut citer Ikea, Colissimo, Paprec, Suez, Lyreco ou Amazon. Pour autant, il fait encore figure de petit joueur sur un marché dominé de la tête et des épaules par le camion.
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Pour Kevin Janin Nuez, responsable des projets et des développements, il a néanmoins de bonnes chances de convaincre d'autres chargeurs de basculer vers la voie d'eau. « Le fait que des grands comptes soient passés à l'acte alors qu'il n'existait encore aucun projet il y a dix ans adresse un bon signal à ceux qui hésitent », fait-il valoir.