La compagnie aérienne Spirit Airlines menacée de faillite
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Malgré ces tentatives de redressement, Spirit Airlines affiche onze trimestres consécutifs de pertes.
REGIS DUVIGNAU
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Malgré ces tentatives de redressement, Spirit Airlines affiche onze trimestres consécutifs de pertes.
REGIS DUVIGNAU
Verra-t-on toujours le logo de Spirit Airlines dans le ciel d'ici quelques mois? Selon des informations révélées par le Wall Street Journal, ce vendredi, la compagnie aérienne américaine à bas coûts est « en discussion avec les créanciers sur les conditions d'un éventuel dépôt de bilan » après son rachat avorté par sa concurrente JetBlue Airways. Plus précisément, le groupe basé à Fort Lauderdale, en Floride, « discute d'un éventuel accord de restructuration » au titre du chapitre 11, la loi américaine sur les faillites, écrit le journal.
Quelques heures après les révélations, les investisseurs ont fortement sanctionné l'entreprise à la Bourse de New York, son cours plongeant de 25,8% vers 17H40 heure de Paris, à 1,64 dollar.
La compagnie avait tenté de réduire ses coûts pour retourner à l'équilibre.
En avril, Spirit Airlines avait annoncé décaler de cinq ans la livraison d'Airbus 320Neo qu'elle devait recevoir d'ici fin 2026, ce qui lui permettrait d'améliorer ses liquidités d'environ 350 millions de dollars sur les deux prochaines années. « L'amendement à notre contrat avec Airbus constitue une partie importante du plan complet de Spirit pour soutenir la rentabilité et renforcer notre bilan », se défendait à l'époque Ted Christie, patron de la compagnie, cité dans le communiqué. Selon lui, « renforcer les liquidités va (lui) fournir une stabilité financière supplémentaire ».
Outre la décision de décaler des livraisons d'appareils, le groupe de Dania Beach (Floride) a pris plusieurs mesures d'économie, notamment le gel des embauches de pilotes et personnel de bord, ainsi que le recours au chômage technique.
Malgré ces tentatives de redressement, Spirit Airlines affiche onze trimestres consécutifs de pertes.
Parallèlement à la dégringolade de l'action de Spirit Airlines vendredi à la Bourse de New York, le cours du titre de JetBlue s'envolait de 16,20%, de même que celui d'une autre compagnie low cost, Frontier Airlines (+19,34%).
Et pour cause, Spirit avait été au coeur d'une surenchère entre JetBlue et Frontier Airlines, remportée en juillet 2022 par le premier avec une offre à 3,6 milliards contre 2,9 milliards pour le second. Les dirigeants de JetBlue et Spirit ont estimé qu'ils n'étaient pas en position d'obtenir les autorisations réglementaires nécessaires à cette union d'ici la date limite qu'elles avaient fixée, soit fin juillet.
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Cette décision est intervenue quelques semaines après un jugement défavorable qui menaçait d'empêcher la constitution du cinquième acteur le plus important du secteur aux Etats-Unis. Le ministère américain de la Justice avait saisi en mars 2023 un tribunal civil de Boston, affirmant que cette fusion aurait des effets négatifs pour les consommateurs. Des analystes avaient alors déjà évoqué à l'époque un risque de dépôt de bilan de Spirit - qui devait recevoir une indemnité de rupture de 69 millions de dollars - après l'échec de cette fusion.
(Avec AFP)
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