La taxe sur les billets d'avion compensée pour les habitants d'Outre-mer
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Le projet de budget de l'État, qui a été définitivement adopté au Parlement jeudi, prévoit une augmentation de la taxe sur les billets d'avion.
SEARD
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Le projet de budget de l'État, qui a été définitivement adopté au Parlement jeudi, prévoit une augmentation de la taxe sur les billets d'avion.
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[Article publié le jeudi 6 février 2025 à 14h48, mis à jour à 15h04] Ouf de soulagement pour les habitants d'Outre-mer. L'augmentation de la taxe sur les billets d'avion prévue dans le budget 2025 sera « totalement » compensée pour ces derniers via une hausse des subventions, a indiqué Bercy, ce jeudi 6 février. Adopté ce jeudi 6 février par le Parlement, le budget de l'État prévoit une augmentation de la taxe sur les billets d'avion.
Celle-ci, qui était auparavant de 2,63 euros pour un billet en classe économique vers la France ou l'Europe, « passe à 7,40 euros ». Le dispositif dans sa forme actuelle rapporterait ainsi 800 à 850 millions d'euros à l'État, selon un parlementaire. Le texte adopté ne mentionne « pas de tarif particulier ou d'exonération (de la taxe) pour la Corse ou pour l'Outre-mer », a précisé le ministère de l'Économie. En revanche, il est prévu « un soutien budgétaire à la Corse et à l'Outre-mer pour la continuité territoriale ».
En Corse, la dotation idoine « a augmenté de 50 millions » d'euros, tandis que les crédits de l'Agence de l'Outre-mer pour la mobilité qui permet de subventionner les billets des habitants de ces territoires « ont été rehaussés de 14 millions. Ce qui permet de compenser totalement cette hausse de billets pour les Ultramarins », toujours selon Bercy.
Nuançant cette assertion, le ministère de l'Economie et des Finances a ensuite précisé à l'AFP que la compensation ne s'appliquerait qu'aux « ultramarins éligibles aux aides (plus de 80% d'entre-eux) mais pas tous ». En effet, « LADOM ne peut compenser pour les personnes non éligibles aux aides », a-t-il ajouté.
Reste que le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara) s'est félicité de ces mesures qui répondent « à ses appels répétés en faveur d'une meilleure prise en compte des spécificités des dessertes aériennes de la Corse et des territoires ultramarins ». Le Scara, qui compte parmi ses adhérents Air Antilles, Air Corsica et Air Tahiti, « déplore néanmoins l'alourdissement de la fiscalité pesant sur le transport aérien » qui subira en 2025 « pour la deuxième année consécutive, après la Taxe sur les infrastructures de longue distance (TEILD) en 2024, une augmentation significative des prélèvements », a-t-il ajouté dans un communiqué ce jeudi.
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En début de semaine, la Fédération nationale de l'aviation et de ses métiers (Fnam), qui représente le secteur aérien français, a dit regretter cette « nouvelle hausse de la fiscalité sur les billets d'avion n'ayant fait l'objet d'aucune étude d'impact économique ». L'Union des aéroports français (UAF), elle, a jugé l'augmentation de la taxe sur les billets « économiquement irresponsable ».
Le groupe de réflexion Transport & Environment (T&E) basé à Bruxelles a en revanche salué cette mesure, estimant qu'elle « brise un tabou sur la fiscalité de l'aérien en France et ouvre ainsi la voie à une maîtrise de la croissance du trafic par l'outil fiscal, indispensable pour envisager la décarbonation du secteur ». « Il reste encore un grand chemin à parcourir pour que la TSBA (taxe de solidarité sur les billets d'avion, NDLR) compense a minima les exonérations de taxe sur le kérosène, TVA et marché carbone », a ajouté T&E dans un communiqué mercredi soir. Selon la Fnam, le secteur aérien est responsable de 6 % des émissions de CO₂ en France, soit plus du triple de sa contribution à l'économie (1,8 % du PIB).
Quant aux compagnies aériennes, nombres d'entre elles se sont exprimées contre la mesure. Ryanair a même affirmé mercredi envisager de réduire ses opérations dans les aéroports français. « La France est déjà un pays à forte fiscalité et, par conséquent, si elle augmente encore des taxes déjà élevées, nous réduirons probablement notre capacité » au départ et à destination des aéroports français, a déclaré son patron Michael O'Leary lors d'une conférence de presse à Lisbonne.
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De son côté, le patron d'Air France-KLM a jugé « irresponsable » d'envisager d'augmenter la taxe. « Une nouvelle taxe a déjà été introduite l'année dernière. La France deviendrait le pays où le transport aérien est le plus taxé en Europe », avait-il déclaré au Parisien fin janvier. « Si une hausse de la taxe devait se confirmer, ce que je ne souhaite surtout pas, nous demandons qu'elle soit, au moins, fléchée vers la décarbonation du secteur aérien », a-t-il ajouté.
(Avec AFP)
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