Il faudra investir 1.300 milliards de dollars dans les carburants d'aviation durables (SAF) pour espérer couvrir à peine 20% des besoins en carburant du transport aérien en 2050. C'est l'une des principales conclusions du rapport intitulé Les projets de décarbonation de l'industrie aéronautique vont-ils voler ? du cabinet de conseil américain Bain & Company. S'il est largement admis que le coût de la transition énergétique et environnementale du transport aérien va se compter en milliers de milliards de dollars, cette étude évalue la facture à un niveau sans précédent et laisse poindre un certain pessimisme. Il s'agit, selon elle, d'un « moonshot challenge » : très complexe, très cher et dans un laps de temps contraint.
Ancien ingénieur aéronautique, désormais associé chez Bain & Company et co-auteur de l'étude, Jérémie Danicourt est convaincu de l'apport des carburants durables pour contribuer à la décarbonation du transport aérien et atteindre cet objectif désormais poursuivi par l'ensemble de la filière. Il prévient en revanche que l'enjeu de la disponibilité est majeur et que la somme de moyens, ne serait-ce que financiers, à déployer est colossale.
L'étude se base sur une croissance annuelle du trafic de 3 % en moyenne, ce qui nécessiterait avec les technologies actuelles de consommer 500 millions de tonnes de kérosène par an en 2050. Bien qu'elle rappelle que le premier enjeu est de diminuer la consommation, avec au moins deux nouvelles générations d'avions et de moteurs d'ici à 2050 pour générer une réduction significative, elle tente d'estimer les coûts nécessaires pour remplacer cette consommation carbonée par de nouvelles sources d'énergie non fossiles.