Le règlement Refuel EU Aviation vient de franchir une nouvelle étape. Lancé dans le cadre du paquet législatif européen "Fit for 55", il doit favoriser le développement des carburants d'aviation durables au sein de l'Union avec, entre autres, la mise en place de mandats d'incorporation minimale. Et sur ce point, conformément aux propositions adoptées fin juin par la commission des transports du Parlement européen, les députés européens sont allés plus loin que ce que souhaitait la Commission européenne. Le texte voté à une large majorité en séance plénière le 7 juillet à Strasbourg ouvre désormais la voie aux négociations entre le Parlement et le Conseil de l'UE (représentant les Etats membres) pour fixer le cadre définitif des SAF en Europe.
Là où la Commission proposait des mandats d'incorporation de 2 % de SAF dans le total de carburant consommé en 2025 puis de 5 % en 2030, avant une accélération jusqu'à atteindre 63 % en 2050, le Parlement augmente d'abord légèrement le rythme (6 % en 2030) avant de se montrer bien plus ambitieux pour les décennies suivantes avec une obligation d'incorporation de 54 % en 2045 et 85 % en 2050. C'est aussi le cas pour l'intégration des carburants synthétiques (e-fuel ou power-to-liquid, issus de l'utilisation d'électricité et d'hydrogène décarbonés et de captation de carbone), qui disposent d'un mandat spécifique dès 2025. D'abord modeste en raison d'un niveau de maturité technologique encore faible et d'une disponibilité inexistante, ils doivent eux aussi montée en puissance après 2030, ils doivent être intégrés à hauteur de 27 % en 2040 et 50 % en 2045