Le fret aérien au rythme de la guerre commerciale de Donald Trump
Lysiane J. Baudu
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Si les professionnels du fret notent qu'ils ont l'habitude d'évoluer dans un environnement marqué par des tensions, commerciales ou géopolitiques, les récentes initiatives de Donald Trump ont accru les incertitudes. C'est d'ailleurs, au-delà des nouveaux droits de douane eux-mêmes, ce qui perturbe leurs activités.
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« Nous avons tenté d'anticiper, détaille ainsi Henri Le Gouis, à la tête de la Commission Transport Internationale de Geodis. Mais nous ne savions pas quand ces nouveaux droits seraient appliqués. Difficile de bâtir une stratégie dans ces conditions. » D'autant qu'en outre, Trump peut changer d'avis... Quoiqu'il en soit, alors que « le fret aérien est gouverné par les politiques commerciales, nous n'avons aucune influence sur ces politiques », renchérit Patrick Mœbel, le président de FedEx Logistics.
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Selon les experts présents à la table ronde sur « le fret aérien et les tarifs », le plus grand changement est en fait survenu le 2 mai dernier. À cette date, l'administration Trump a supprimé les exemptions « de minimis », mettant ainsi fin à l'accès en franchise de droits aux États-Unis pour les envois de faible valeur (800 dollars) en provenance de Chine. Alors que le e-commerce correspond, selon Alain Guérin, Sales Director pour CMA CGM Air Cargo (CMA CGM est le propriétaire de La Tribune, ndlr), « à 15 % du total du fret aérien », la fin de cette échappatoire, dont profitaient auparavant les Shein, Temu et autres entreprises chinoises de e-commerce, « a créé, entre la dernière semaine d'avril et la première semaine de mai, le chaos dans des aéroports comme celui de Chicago. Quelque 40 gros porteurs ont dû être redéployés vers d'autres destinations que les Etats-Unis », poursuit-il.
Lysiane J. Baudu