Mobilité : des transports gratuits, une bonne idée ?

 |   |  673  mots
La gratuité entraîne des abus, comme une hausse des incivilités ainsi qu'une dégradation du matériel. C'est en tout cas ce que les études faites là où cela a été instauré, ont montré, prévient l'économiste des transports Yves Crozet.
La gratuité entraîne des abus, comme une hausse des incivilités ainsi qu'une dégradation du matériel. C'est en tout cas ce que les études faites là où cela a été instauré, ont montré, prévient l'économiste des transports Yves Crozet. (Crédits : Chris Yunker / CC BY-SA 2.0 / Flickr)
Instaurée à Aubagne (Bouches-du-Rhône) en 2009, argument de campagne de l'alliance EELV-Parti de gauche à Grenoble en 2014, la gratuité des transports en commun est devenu un enjeu important, à l'échelle locale. Pour autant, les effets d'une telle mesure sont davantage négatifs que positifs, selon Yves Crozet, spécialiste de l'économie des transports, qui évoque des alternatives plus socialement équitables. Décryptage.

On ne peut pas dire que les transports occupent une place de premier plan dans la campagne présidentielle. C'est du moins ce que déplorent les acteurs du secteur, qui tentent d'y remédier, grâce à diverses initiatives comme le débat entre les différents porte-parole des candidats organisé par le think tank TDIE le 22 mars à Paris ou encore les états généraux de la mobilité durable. L'occasion d'évoquer l'idée, loin d'être nouvelle, de la gratuité des transports en commun, au moment où les opérateurs luttent activement contre la fraude, véritable sport de haut niveau en France, et que le tarif du pass Navigo va encore augmenter, notamment pour financer le métro du Grand Paris Express.

"Parfois cela se justifie"

"La gratuité est une vieille idée, aussi stupide que le revenu universel d'ailleurs", s'amuse Yves Crozet, spécialiste de l'économie des transports. "C'est tentant et parfois cela se justifie, comme dans une vingtaine d'agglomérations en France, telles que Chateauroux, qui ont de petits réseaux. Lorsqu'il s'agit d'un réseau de trois lignes au maximum, ce n'est pas la peine de mettre des contrôleurs, et on le finance d'une façon ou d'une autre. A Chamonix, par exemple, le système des remontées mécaniques financent les transports en commun, donc ce n'est pas fondamentalement stupide", analyse-t-il.

"Mais quand il y a de gros investissements à faire (du type tramway), la recette commerciale est indispensable. Sinon il n'est pas possible de développer son réseau. Rendre les transports gratuits à Paris, reviendrait ainsi à trouver plusieurs milliards par an, qui seraient payés par les impôts", poursuit l'économiste.

D'autant que la gratuité entraîne des abus, comme une hausse des incivilités ainsi qu'une dégradation du matériel. C'est en tout cas ce que les études faites là où cela a été instauré, ont montré, prévient-il. "Cela a été fait à Atlanta aux Etats-Unis", précise Yves Crozet. Résultat : "On a observé une sur-utilisation des transports en commun, ce qui va en outre chasser les autres usagers, comme dans le Languedoc avec la mise en place du TER à 1euro".

Pas de report modal de la voiture vers les transports en commun

"De la même manière, lors des pics de pollution, si on observe une hausse de la fréquentation, il s'agit de gens qui n'ont pas de voiture. Les seuls gagnants sont donc les visiteurs et les touristes (de loisir ou d'affaire) qui sont estimés à 100.000 par jour."

La gratuité des transports en commun n'aurait ainsi pas favorisé le report modal escompté des autosolistes vers cette alternative. C'est pourquoi, en Ile-de-France, le Stif avait plutôt mis en place un pass, la dernière fois. "D'ailleurs le pass navigo dézoné n'a pas changé l'usage de la voiture", précise Yves Crozet. Avant de conclure :

"C'est globalement une mauvaise idée, du fait des effets pervers possibles".

Cependant, "politiquement ça peut se décider", estime-t-il. "En Grande-Bretagne, les autoroutes sont gratuites, mais pas l'école publique avant six ans. Ce sont des choix de société".

C'est également le sentiment du GART, le groupement responsable des autorités de transport. Son président, le sénateur LR Louis Nègre, également coprésident du think tank TDIE, ne voit ainsi pas la gratuité d'un bon œil :

"Cela dévalorise le service public, qui a un coût. D'ailleurs la gratuité n'existe pas, il faudrait alors augmenter les impôts, ce qui ne risque pas de plaire aux électeurs. D'autant que c'est le seul service public qui voit son prix tendanciellement baisser, alors que tous les autres augmentent."

Cela dit, des solutions existent. "Les collectivités locales peuvent mettre en place des tarifications adaptées aux revenus des voyageurs, en se basant sur le quotient familial par exemple. Ce type de tarification sociale a d'ailleurs déjà été mis en place dans certaines villes, à l'instar de Strasbourg", rappelle-t-il. Reste donc à généraliser une telle pratique.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 31/03/2017 à 13:46 :
Rien n'est gratuit, en bout de chemin il y a toujours quelqu'un qui paie (éternellement les con-tribuables)
Réponse de le 31/03/2017 à 21:05 :
Oui,c'est vrai.Mais le transport gratuit a beaucoup d'avantages:
1)C'est une mesure redistributive.Elle fait gagner du pouvoir d'achat, surtout aux plus modestes.
2)Il peut faire diminuer,de manière spectaculaire,la pollution dans les grandes villes (si on le couple avec une mesure coercitive d'interdiction des voitures thermiques ). Ceci diminuerait les hospitalisations,les arrêts de travail pour problèmes respiratoires et cardiaques,avec des économies importantes pour la sécu à moyen terme et à long terme aussi (moins de cancers et de maladies chroniques).
3)Moins de voitures thermiques,oblige les constructeurs à vraiment faire décoller la voiture électrique avec comme conséquence une diminution des importations de pétrole, bénéfique pour la balance commerciale.
4)Diminution , donc de émissions de gaz carbonique, ce qui est très bon pour lutter contre le réchauffement climatique et tenir les engagements de la COP21.
5)Plein de place à Paris et dans les grandes villes pour créer des pistes cyclables sécurisées et donc que le vélo devienne un moyen de transport,à part entière,comme à Copenhague et Amsterdam.
En plus la pratique du vélo est très bonne pou lutter contre la sédentarité, qui favorise les maladies cardiaques.
6)La diminution de la pollution permettrait d'espacer les ravalements des immeubles et des monuments, avec des économies à la clé,etc,etc.
Les externalités positives d'une mesure , comme le transport gratuit (qui ne coûterait pas très cher) sont énormes.
a écrit le 30/03/2017 à 20:55 :
Il y a déjà environ 15 ans que c'est gratuit dans la ville de Vitré, la ville de Méhaignerie et tout le monde est content.
Quand au financement, dans une ville ou le chômage est environ à 4%, c'est pas franchement un problème, disons que ce sont des dépenses sociales "autres".
Et comme l'autoroute est gratuite, hé ben en pays Gallo, en gagnant moins on en fait plus.
a écrit le 30/03/2017 à 17:48 :
J'habite Aubagne, et depuis que les transports en commun sont gratuits, mes enfants, ma femme et moi prenons le bus pour aller en tout point d'Aubagne.
Les usagers gardent la bonne humeur, les traminots ont le sourire et ont le commentaire gentil envers les personnes qui montent. Je n'ai pas vu la moindre détérioration des équipements.
Parfois le bus est plein de jeunes, de personnes âgées, de personnes handicapées et de gens, comme moi, ravis de laisser la voiture au parking.
On ne pense plus à la voiture, mais on n'a pas à penser non plus à régler un abonnement, à faire des photographies et se faire ficher, à montrer son droit de transport aux contrôleurs, à voir des resquilleurs devenir maître de l'espace public ... Que c'est devenu agréable de se déplacer dans notre ville. C'est la belle vie, et cela m'est égale de payer un peu plus d'impôts locaux. Le grand gain est écologique mais aussi psychologique : quel plaisir de bouger d'un point à un autre de la ville sans devoir mettre, encore et toujours, la main au porte monnaie.
L'idée du transport urbain gratuit est "stupide" dit M. Crozet. C'est son point de vue. Mais surtout qu'il reste économiste, qu'il ne devienne jamais un décideur ou un acteur politique.
Réponse de le 31/03/2017 à 22:16 :
D'accord à 100% avec @ UNDAE. Ayant visité plusieurs fois cette ville et connaissant des personnes qui y habitent, je partage complètement cet avis.
a écrit le 30/03/2017 à 15:09 :
les bobos libéraux prétendent qu'il n'y a rien de gratuit:c'est faux.grace a eux vous payez et les transports,et les dégats sanitaires de la pollution ou de perte de temps dans les embouteillages,soit au moins deux fois plus,ils adorent faire payer le peuple.les économies de soins de santé et de temps gaspillé dans les embouteillages compensent largement l'installation des transports en commun
Réponse de le 30/03/2017 à 15:38 :
@élu ps : rien ne t'empêche d'aller au boulot à pied et pieds nus, car la fabrication de chaussures est aussi énergivore. Pour les soins de santé, on les supprime puisque selon toi personne ne les paie. La supercherie socialiste a des limites, n'est-ce pas :-)
Réponse de le 31/03/2017 à 22:11 :
@Patrickb .Personne n'a dit que les frais de santé personne ne les paie.Ce que dit élu ps, est qu'on ferait des économies importantes dans le coût de la santé (grâce à la diminution de la pollution) avec diminution du trou de la sécu. C'est évident.Une externalité positive très importante des transports gratuits.
In fine,la collectivité économiserait de l'argent en acceptant de financer les transports gratuits, grâce aux économies induites à moyen et long terme par cette mesure.Je pense bien interpréter le post de élu ps.
a écrit le 30/03/2017 à 15:07 :
Une question à Yves Crozet : comment définissez-vous et mesurez-vous "une sur-utilisation des transports" ?
Je comprends que l'on puisse gaspiller de l'eau, par exemple (je laisse couler le robinet parce que c'est gratuit). Mais utiliser un transport engendre un coût d'opportunité du temps passé dans le transport (je fais le choix de sacrifier le temps que j'aurais pu consacrer à faire autre chose).
Réponse de le 31/03/2017 à 14:37 :
Très concrètement, si les transports sont gratuits, vous aurez plein de gens qui n'ont pas grand chose à faire qui les prendront pour se promener.
En période de grand froid, par exemple, on aura pas mal de SDF de plus que d'habitude.
Ou tout simplement,les ados qui veulent se promener entre copains, etc...
Vous avez vous peu de temps, et effectivement, entre parcourir la ligne A et faire "autre chose" vous préférez faire quelque chose de plus intéressant.
Mais il y a des gens désoeuvrés, pour tout un tas de raison tenant à leur situation professionnelle, famiale etc..
a écrit le 30/03/2017 à 14:58 :
"La gratuité est une vieille idée, aussi stupide que le revenu universel d'ailleurs", s'amuse Yves Crozet"

Il va pas être content Bill Gates.
Réponse de le 30/03/2017 à 15:28 :
après cette phrase je suis passé au commentaires directement
a écrit le 30/03/2017 à 14:48 :
Mauvais titre, les transports ne sont pas gratuits, ils sont payé par les taxes et les impôts, comme les autoroutes en Grande Bretagne.
Par contre, je suppose que ce "spécialiste" trouve normal que les Français aient financé les autoroutes et que celles-ci soient concédés à des entreprises privés. C'est comme, l'arnaque du partenariat "Public-Privé" où le publique est toujours perdant. Une entreprise privé doit faire des bénéfices, et c'est normal, c'est incompatible avec l'aménagement du territoire dont le financement a un cout souvent très élevé, et n'est pas rentable à court terme.
a écrit le 30/03/2017 à 14:10 :
Rien n'est gratuit dans ce bas monde... mais je m'interroge tout de mème, au delà de la faiblesse des arguments du pseudo spécialiste interrogé.

1- l'utilisateur des transports en commun autorise de fait ceux qui préfère le confort de leur voiture personnelle. Faire financer les TC par une taxe sur les carburants n'a rien d'illogique
2- tout ce qui peut faciliter l'utilisation des TC est bon... et pour les utilisateurs occasionnels, du samedi par exemple... [ ex : ticket 1,5 € / 1h plus cher que le parking de centre ville si on est en couple pour une ballade/shopping 1h30 ]
3- le système de paiement et de contrôle ont un cout important...
4- les entreprises sont mises à contribution via un impot ( et prise en charge partielle abonnement)
a écrit le 30/03/2017 à 12:40 :
"En Grande-Bretagne, les autoroutes sont gratuites, mais pas l'école publique avant six ans".
Bon en réalité elles sont gratuites dès l'age de 4 ans. Mais on est pu a 50% de marge d'erreur. Apres tout, on est dans un monde ou on peut dire tout et n'importe quoi maintenant.
a écrit le 30/03/2017 à 12:13 :
C'est une très bonne idée à faire financer par l'Europe, c'est déjà ce qui se passe un peu, voir beaucoup ...
a écrit le 30/03/2017 à 11:54 :
Donc a quand le train gratuit pour traverser la France, l'avion gratuit t ou encore les vacances gratuites !! Non le coût du transport ,c'est le coût du transport il doit être MINIMISER mais il existe : je ne suis pas pour les solutions du tout gratuit, pour tous et pour tous le monde : celà ne responsabilise personne et surtout celà ne règle pas le problème des transports en commun. On peut faire tendre le coût du transport vers la valeur 0 mais ne jamais l'atteindre : idem pour le prix du carburant à la pompe pour les automobiles : en informatique, il y a les partisans du tout gratuit qui pense que le code informatique (ce qui crée les programmes, les applis, les logiciels peut être gratuit comme le noyau d'exploitation Linux et ses divers OS existant mais je pense plus à un coût minimiser du codage . Ce sont deux notions qui s'affrontent : maintenant que les solutions informatiques diverses existe, on s'aperçoit que le monde du gratuit affronte le mondedu payant comme le système d'exploitation windows mais en fait je ne crois pas au tout gratuit comme à la société de l'economie solidaire, une forme de non responsabilité face au coût de la vie ( transport,électricité, impôts, eau, internet, loisirs, culture, etc...)
Oui on peut minimiser les prix, stabiliser les prix, equilibrer les budgets mais pas rendre tout gratuit : même le wifi ( la connexion internet sans fil n'est pas totalement gratuite ! Il y a de la technologie pour y accèder, et à chaque fois que vous utiliser le wifi, vous vous accèder à une part de cette technologie).
Qui financera la maintenance, la sécurité ainsi que le futur des infrastructures de transports comme le TGV, l'avion si on pense tous que "c'est gratuit"? Ecusez du peu mais c'est de l'utopie d'economiste et de l'utopie politique : oui on doit faire tendre vers une limite proche de la valeur 0 mais jamais ne penser que les transports sont totalement gratuit. C'est une forme de revolution conceptuelle comme une socièté idéalisée ou tout s'echangerait sans le moindre coût, que les profits et les dividendes des patrons n'existerait plus, ou le capitalisme ne serait pas une valeur mais une contrainte voir une menace pour l'homme. Le travail et les efforts deviendraient t-ils totalement gratuits ? Je ne le crois pas du tout ! La matière première comme le pétrole serait gratuite, les materiaux pareille, ( effectivement tout serait plus simple dans le monde de l'ingénierie et de la conception de produits ou de la production mais comment les entreprises pourrait vendre leurs produits à leur clients ?). La gratuité n'excluera jamais la responsabilité de comprendre les coûts de la vie courante et surtout les EQUILIBRES à tenir ! Non à une socièté d'utopiste, de bobos gauchos et de "gratuistes".
Réponse de le 01/04/2017 à 13:05 :
sg 85@
L'avion ne peut en aucun cas être gratuit. Le transport aérien est déjà subventionné, car il ne paie pas de taxe sur le kérosène.
Vous n'avez pas compris que l'un des intérêts principaux des transports publics gratuits , est la lutte contra le réchauffement climatique et dans ce cadre ,il faut taxer le kérosène d'avion et augmenter les taxes sur l'essence et le diesel des voitures thermiques pour décourager l'utilisation de ces voitures et au contraire booster l'utilisation de la voiture électrique.
Il n'y a rien d'utopiste ,là-dedans.
a écrit le 30/03/2017 à 11:32 :
Crozet est fidèle à lui-même, toujours dans la même veine libéro-macroniste.

Le quotient familial, c'est très pratique. C'est tellement peu connu que les bénéficiaires ne le demandent pas, c'est sûr que ça doit plaire à Crozet.
a écrit le 30/03/2017 à 11:10 :
Très mauvaise idée "séduisante" gauchocrate ...! car dans vie globalement , tout ce qui est gratuit ... devient au final forcément très couteuse ! ...d'ailleurs cette logique implacable , est validée aujourd'hui et hier , par la mise en pratique du rêve socialiste ...
a écrit le 30/03/2017 à 11:07 :
Monsieur Crozet oublie un élément important : les entreprises en IDF ont une taxe de transport qu'ils doivent payer par collaborateur (même si celui-ci utilise sa voiture)
Donc ce n'et pas gratuit.
La question du gratuit ou non du transport n'est pas une question en soi, ni de raisonner uniquement en terme financier. Mais plutôt en notion de direction que la région veut donner dans son projet de transports publics ! Bordeaux a bien compris cela (le transport est peu cher et les parkings non plus cela donne une idée de complémentarité en journée et en soirée.)
a écrit le 30/03/2017 à 10:36 :
L'école publique gratuite avant 6 ans... quand on constate le déclassement éducatif français qui continue au fil des enquêtes PISA on se demande si c'est une si bonne idée. Beaucoup de pays qui ne l'ont pas s'en sortent bien mieux. Il vaudrait sans doute mieux mettre les moyens de l'école maternelle sur le primaire et le collège, dont on pourrait aussi améliorer la qualité en taillant dans le très coûteux et très onéreux système d'options du lycée. On pourrait notamment avec les moyens dégagés recréer des bourses au mérite et multiplier les classes européennes.
a écrit le 30/03/2017 à 10:24 :
Il serait ridicule de rendre les transports gratuits, cela serait un gouffre financiers sans contre partie. Il s'agit avant tout d'un argument électorale afin "d'acheter" des voies: celles de ceux qui prennent les transports en commun.
a écrit le 30/03/2017 à 9:19 :
il n'y a jamais rien de gratuit dans la vie. De toute façon , au bout du compte, il faut un payeur. Alors , un petit effort , qui va passer à la casserole ?
Réponse de le 30/03/2017 à 11:14 :
Excusez moi, je n'ai pas fait de copiage ,je n'avais simplement pas lu votre post, d'accord avec votre commentaire , c'est l'expression "réelle" de la logique ...
a écrit le 30/03/2017 à 9:14 :
Rien n'est gratuit, il ne faut pas rêver. Tout se paie, soit par l'utilisateur, soit par le consommateur, soit par des impôts et des taxes. Depuis quand les conducteurs acceptent-ils de travailler sans salaire, et que l'énergie n'est pas payée, sans parler des matériels et de leur entretien ?
Réponse de le 30/03/2017 à 13:04 :
Il faut prendre modèle sur le Royaume-Uni au contraire, en faire payer le vrai prix à l'utilisateur.
a écrit le 30/03/2017 à 9:07 :
"La gratuité est une vieille idée, aussi stupide que le revenu universel d'ailleurs", s'amuse Yves Crozet, spécialiste de l'économie des transports. "C'est tentant et parfois cela se justifie, comme dans une vingtaine d'agglomérations en France, telles que Chateauroux, qui ont de petits réseaux."

Un "spécialiste" capable de se contredire totalement d'une phrase à l'autre, avec ça on est servi... Parce que si c'est stupide cela ne peut pas être utile faut savoir.
Réponse de le 30/03/2017 à 14:59 :
Citoyen blasé a raison. Il faudrait se demander si cet "expert" n'a pas des conflits d'intérêt avec certaines entreprises de transport comme sncf, ratp et leurs filiales,ou transdev. Lorsque , l'on sait que 80% du coût des transports ,est financé par les taxes et les impôts et la moitié de la carte orange payé par l'employer en IDF, on peut se poser la question sur la manière péremptoire de cet "expert" d'évacuer l'idée des transports publics gratuits.
D'ailleurs,à Aubagne ça a donné de très bons résultats,avec une diminution des incivilités,contrairement à ce qu'affirme M.Crozet. Sans parler de l'augmentation spectaculaire de l'utilisation du transport public (+ 50% depuis 2008).
Le vrai problème n'est pas le financement des recettes qui disparaissent mais la nécessité pour l'état et les entreprises de transport(quasiment toutes publiques)d'investir fortement dans le réseau de transport,pour faire face à l'augmentation d'affluence de voyageurs ,provoquée par la gratuité des transports.
Je dis tant mieux,car cela aiderait à tenir la diminution des émissions de gaz carbonique, prévues dans l'accord de la COP21,signé par la France.
Sans parler de la diminution de la pollution qui diminuerait de manière importante les frais de santé.Il est vrai qu'il faudrait prévoir, l'interdiction des véhicules thermiques dans les grandes villes comme Oslo, qui prévoit de le faire en 2019.
Quant à la gratuité pour les touristes,c'est déjà le cas à Genève et seulement pour eux.
Réponse de le 30/03/2017 à 16:19 :
@Favorable au transport public gratuit !A part qu à Aubagne les bus ne sont jamais plein et tournent pratiquement à vide dans la journée ,qu il y a toujours autant de voitures !! si l idée est bonne c est toujours les mêmes contribuables qui payent pour ces transports gratuits
Réponse de le 30/03/2017 à 19:17 :
@ mortimer vous auriez des faits ou des liens pour étayer vos dires svp ? Parce que je n'ai pas entendu parler de Aubagne de la sorte en ce qui me concerne, merci.
Réponse de le 31/03/2017 à 10:37 :
Mortimer@
Il faut lire ce qui dit UNDAE plus haut sur Aubagne. C'est exactement la même chose que j'ai constaté là-bas. Depuis 2015, Aubagne est la première ville au monde à avoir un tram gratuit. La liste de droite, qui a gagné les dernières municipales en 2014 , a promis de maintenir les transports gratuits ,qui existent depuis 2008. C'est une mesure extrêmement populaire .
Cela étant dit, il y a un rapport qui critique le financement des transports à Aubagne, mais c'est un rapport commandé par la Sncf,donc sujet à caution (conflit d'intérêt derrière).
Quant aux bus vides, c'est le cas partout en France aux heures creuses.
L'augmentation du nombre des voyageurs depuis 2008 est de plus de 50%! ,donc obligatoirement il y a eu une diminution importante de l'utilisation de la voiture personnelle (lire UNDAE plus haut).
a écrit le 30/03/2017 à 8:41 :
Article inconséquent : aucune analyse, aucun chiffre, aucune étude précise. Il s'agit d'une série d'opinons pour elles véritablement gratuites pour le coup. On se demande vraiment le sens de cette parution
a écrit le 30/03/2017 à 8:39 :
La gratuité des transports c est une fausse bonne idée puisque il y a toujours quelqu' un qui paye !!et naturellement se sont ceux qui payent les impôts locaux !!!c est une façon de faire payer toujours les mêmes pour ceux qui bénéficient déjà d autres avantages gratuits
a écrit le 30/03/2017 à 8:38 :
Tirer une logique à partir des jours de pollution est illogique. Prendre les transports en commun suppose une autre organisation et l'écologie ne passionne pas les foules donc les automobilistes font selon leur habitude. Si les transports sont gratuits, ils remettront en cause l'usage de leur voiture qui a un coût élevé pour autant que le temps de transport soit équivalent ou plus court.
Réponse de le 31/03/2017 à 20:04 :
Oui,il est vrai que pour avoir un temps de transport équivalent ou plus court que la voiture,il faut beaucoup investir dans les transports publics.C'est le coût principal des transports gratuits.Ce n'est pas les recettes en moins des tickets devenus gratuits.
L'année dernière ,en Belgique, 2 économistes ont proposé les chemins de fer gratuits.Ils ont calculé que le coût principal est la remise à niveau de la SNCB, avec réouverture de gares et de certaines lignes fermées, rachat de nouveau matériel ,nouvelles dessertes et augmentation des dessertes existantes.
Il faut signaler que le gouvernement libéral belge,fait le contraire actuellement,suivant les directives de la CE. Il diminue de 500 millions d'euros par an, la subvention publique à la SNCB !.
Par ailleurs ,en IDF, ça fait 30 ans (inauguration de la ligne 14) qu'on investit très peu dans les transports.Le transport gratuit obligerait les pouvoirs publics à rattraper le retard.
En ce qui concerne les nouvelles lignes de métro inter-banlieue du Grand Paris (premier gros investissement depuis 30 ans) dont la construction débute, on calcule que ces lignes ne seront utilisées qu'à25% de leur capacité. Un transport public devenu gratuit,augmenterait fortement leur taux d'occupation.Une manière de rentabiliser l'énorme effort d'investissement des collectivités territoriales et de l'état.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :