« Nous tournons avec 110 taxis à hydrogène à Paris » (Mathieu Gardies)

Mathieu Gardies, fondateur de Hype, une compagnie de taxis dont les véhicules fonctionnent uniquement à l'hydrogène, souhaite contribuer à l'essor de ce type de mobilité.

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Mathieu Gardies, fondateur de Hype
Mathieu Gardies, fondateur de Hype (Crédits : DR)

LA TRIBUNE - Dans quel contexte avez-vous décidé de lancer une compagnie de taxis fonctionnant exclusivement avec la technologie hydrogène, la première au monde ?

MATHIEU GARDIES - J'ai fondé en 2009 la Step (Société du taxi électrique parisien). Cette initiative reposait sur l'idée que la ville était congestionnée et polluée et qu'il fallait réduire la place des voitures en ville, donc améliorer les services de mobilité, les véhicules restants devant être vertueux d'un point de vue environnemental.

Jusqu'en 2015, nous avons connu plusieurs faux départs avec diverses voitures électriques à batterie. Mais l'arrivée des premiers modèles à hydrogène, que j'attendais depuis longtemps, a été un tournant. Avec l'aide d'Air Liquide, à qui j'ai proposé plus de visibilité pour sa filière, j'ai lancé Hype, composée d'une première flotte de 5 taxis, durant la COP 21. Aujourd'hui, nous tournons avec 110 taxis à hydrogène.

Les véhicules à hydrogène sont encore extrêmement chers. Y a-t-il un modèle économique pour l'exploitation de cette technologie, selon vous ?

Les véhicules à hydrogène sont chers, et l'hydrogène l'est aussi. Nous sommes dans une démarche d'investissement qui va nous permettre de nous installer sur ce marché en proposant, en tant que prestataire, une solution complète de mobilité non polluante, et de montrer aux partenaires industriels qu'il y a dans ces activités de transport de personnes en milieu urbain un premier marché significatif et pertinent pour la mobilité hydrogène.

Nous estimons qu'il est impossible de convertir les 18000 taxis à la voiture électrique à batterie. Il faudrait des infrastructures de charge trop importantes et trop de contraintes ou de compromis pour les chauffeurs. Notre objectif est d'apporter aux taxis une solution non polluante présentant des performances au moins wégales aux voitures qu'ils ont conduites jusqu'ici.

Allez-vous continuer à vous développer ?

Nous avons signé un partenariat avec Toyota qui sécurise l'approvisionnement de près de 500 Mirai supplémentaires d'ici à fin 2020. Nous allons franchir des seuils importants qui vont nous permettre de baisser le coût de l'hydrogène. Nous allons également déployer de nouvelles stations et capacités de recharge pour que les taxis comprennent qu'il n'y aura pas de problèmes de recharge et qu'ils peuvent donc basculer facilement dans la technologie hydrogène.

Tout ça est extrêmement onéreux. Comment êtes-vous financés ?

Nous avons lancé un ambitieux partenariat en février dernier avec Air Liquide, Toyota, Idex, afin de financer notre stratégie commune de déploiement de cet écosystème dédié à la mobilité hydrogène, à travers la société HysetCo. HysetCo doit boucler prochainement un financement total de l'ordre de 100 millions d'euros pour l'achat d'une flotte de véhicules, mais également de licences de taxi et de stations de recharge d'hydrogène.

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Commentaires 2
à écrit le 31/07/2019 à 9:42
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Excellent pour les poumons et la planète de remplacer le diesel, qui empoisonne à petit feu, par des véhicules fonctionnant à l’hydrogène et aussi par des voitures full hybride. Le diesel en ville c'est une ineptie. Si il existe un scandale de l'amia...

à écrit le 31/07/2019 à 3:07
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A 70000 euros l'unite, on se demande ou est le modele economique ?

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