Privatisation de l'aéroport de Nice : cette candidature qui interpelle

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L'aéroport de Nice est le premier aéroport régional
L'aéroport de Nice est le premier aéroport régional (Crédits : DR)
Le groupe italien Atlantia est candidat avec EDF Invest pour le rachat des parts de l'État dans l'aéroport de Nice. Il compte parmi ses actionnaires Mediobanca, la banque-conseil de l'État dans cette opération. Par ailleurs, il fait partie de la galaxie Benetton, dont le président, Gilberto Benetton est à la fois administrateur d'Atlantia et de Mediobanca.

Parmi les nombreuses candidatures envoyées le 24 mars pour le rachat des parts de l'État dans le capital de aéroport de Nice, l'une d'elle suscite l'étonnement de plusieurs acteurs financiers. Celle d'Atlantia (en partenariat avec EDF Invest), un groupe italien spécialisé dans les infrastructures qui détient notamment la société d'autoroutes Autostrade et l'aéroport Fiumicino de Rome.

Mediobanca banque-conseil de l'État

Atlantia a en effet des liens avec la banque italienne Mediobanca, laquelle a été choisie par l'État français comme banque-conseil pour la vente de ses parts dans les deux aéroports français. Mediobanca est notamment actionnaire d'Altantia à hauteur de 2,71%. Atlantia a par ailleurs comme principal actionnaire Sintonia (à hauteur de plus de 30%), une société du groupe Edizione détenue par la famille Benetton, présidée par Gilbert Benetton. Ce dernier est administrateur d'Atlantia mais aussi administrateur de la banque Mediobanca.

Alors que certains banquiers d'affaires font part de leur étonnement, d'autres expliquent que les deux activités en question sont complètement distinctes. Selon une source bancaire « Mediobanca aurait un accord particulier dans son mandat avec l'APE qui leur permet d'être conseil de l'APE et partie prenante dans les dossiers, y compris en tant que prêteur d'éventuels candidats.» Contactée, l'APE n'a pas répondu à nos sollicitations.

Atlantia était dans le dossier Ecomouv

Atlantia n'est pas un inconnu en France. Il faisait partie aux côtés de Thales, SNCF, SFR et Steria du consortium franco-italien Ecomouv qui avait remporté le contrat des portiques de la collecte de l'écotaxe avant qu'il ne soit annulé. Cette rupture du contrat entraîne le versement par l'État d'une indemnité de plus de 800 millions d'euros de manière échelonnée.

Atlantia était associé dans Ecomouv avec Thales du temps où le groupe aéronautique de défense était piloté par Jean-Bernard Levy, aujourd'hui PDG d'EDF. Atlantia est aujourd'hui partenaire d'EDF Invest, la filiale EDF dans le dossier de la privatisation des aéroports de Nice.

Pour l'aéroport du sud de la France, Atlantia est conseillé par Bank of America dont le vice-président de la banque de financement et d'investissement pour le l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique est depuis 2014 David Azéma, l'ancien directeur de l'Agence des participations de l'État (APE). David Azéma est également président des activités de la banque dans les infrastructures.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2016 à 14:22 :
Jean-Bernard Levy fait bénéficier EDF de son portefeuille de relations et amis. Tout cela est parfaitement légitime dans le monde des élites.
a écrit le 07/04/2016 à 23:15 :
Je voudrais savoir pourquoi mon commentaire n'a pas été publié, pourtant je l'ai posté il y a 11h.
je réitère mes propos: "Est-ce un problème? PSA et Renault participent à tous les appels d'offre de l'état pour la fourniture de véhicules de fonction et des véhicules des forces de l'ordre, pourtant l'Etat est un actionnaire important (14% et 15 % de mémoire) des deux producteurs (la Tribune en parlait d'ailleurs le 17 février dernier). "
a écrit le 07/04/2016 à 12:34 :
C'est comme si on disait que PSA et Renault ne peuvent pas participer aux appels d'offre de l'Etat pour la fourniture de voitures de fonction ou des gendarmes parce que l'Etat même détient une participation significative dans les deux...
a écrit le 07/04/2016 à 10:00 :
Juge et partie... comme ça, c'est plus simple... pourquoi même faire un appel d'offre ? Y a qu'à leur offrir l'aéroport et basta.... non ?
a écrit le 07/04/2016 à 8:04 :
je croyais edf en train de se recentrer sur son métier de producteur d'électricité, notamment en essayant de maitriser l'EPR. Que viennent ils faire dans cette galère, avec l'argent de leurs clients ?
Réponse de le 07/04/2016 à 14:08 :
EDF Invest manage les fonds mis de cote pour le demantelement des centrales nucleaires d'EDF. C'est en tant que tel un acteur financier, different donc du groupe industriel EDF.

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