La commission d'enquête publique a rendu un avis négatif sur le projet d'extension du tramway de Strasbourg. Ce chantier à 268 millions d'euros, promis par la municipalité écologiste, ne démarrera pas avant la fin du mandat en 2026.L'avis négatif de la commission d'enquête a sonné comme un coup de semonce à la mairie de Strasbourg. Depuis le 9 décembre, l'extension du tramway défendue par Jeanne Barseghian, maire (Les Ecologistes) de Strasbourg et Pia Imbs, présidente de l'Eurométropole, n'a plus de perspective de déclaration d'utilité publique. Désormais, le chantier ne démarrera pas avant l'échéance des élections municipales, en mars 2026.
Avec 268 millions d'euros d'investissements, c'était le projet phare de la municipalité écologiste élue en 2020 : cinq kilomètres de voies de tramway en direction de Schiltigheim (34.000 habitants) et Bischheim (18.000 habitants) en banlieue nord, des opérations d'urbanisme à grande échelle et des changements significatifs dans les plans de circulation automobile.
Jeanne Barseghian a déploré ce « coup dur », mais elle se dit « plus déterminée que jamais » à offrir une nouvelle desserte de transports en commun au nord de l'agglomération. Pia Imbs, présidente de l'Eurométropole, autorité organisatrice de la mobilité sur son territoire (515.000 habitants), promet déjà de « retravailler » le projet.
Des réunions houleuses avec les riverains
A quinze mois des élections, la municipalité strasbourgeoise n'avait pas imaginé un tel scénario. Certaines réunions de concertation ont été houleuses, notamment dans le quartier historique et résidentiel de l'avenue des Vosges, interdite au transit des voitures. Mais la création prévue de nombreuses pistes cyclables pouvait convaincre les strasbourgeois adeptes de déplacements doux. L'agglomération, essentiellement plate, dispose déjà d'un réseau de pistes et de bandes cyclables (700 kilomètres) plébiscité par les habitants.