Start-up : pionnier allemand des taxis volants, Lilium dépose le bilan

Lilium Aerospace a été fondé en 2015 au sein d’un secteur aérien mis au défi de réduire ses émissions de CO2.
Lilium

Lilium Aerospace a été fondé en 2015 au sein d’un secteur aérien mis au défi de réduire ses émissions de CO2.
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Fin de parcours pour Lilium, pionnier allemand des avions-taxis électriques. « Comme les options de financement pour assurer l'avenir de Lilium ne se sont pas concrétisées à temps, Lilium Aerospace a déposé son bilan aujourd'hui », annonce la start-up, dans un communiqué publié ce vendredi. Elle était en faillite depuis octobre dernier, faute de liquidités.
Et Lilium d'ajouter : « Bien que les discussions sur des solutions alternatives soient toujours en cours, les chances de restructuration sont actuellement très improbables, et les opérations seront donc arrêtées ».
Lilium Aerospace a été fondée en 2015 au sein d'un secteur aérien mis au défi de réduire ses émissions de CO2. L'entreprise a été longtemps financée par des investisseurs privés originaires des États-Unis et de Chine, couvrant près de 1,5 milliard de dollars de pertes.
La jeune pousse développait des jets électriques à décollage vertical. Ses aéronefs promettaient de transporter quatre à six passagers sur des distances allant jusqu'à 175 kilomètres, à une vitesse de 250 km/h. En janvier, Lilium revendiquait une centaine de commandes fermes, dont cinquante en provenance de la compagnie aérienne publique saoudienne Saudia, et environ 700 pré-commandes dans le monde. La société prévoyait un premier vol habité expérimental cette année et le lancement commercial en 2026.
Au bord de la liquidation mi-janvier déjà, la start-up avait reçu, in extremis, une proposition de rachat d'un certain Marian Bocek, un entrepreneur slovaque, à la tête de la holding DTM Investment. Les fonds promis étaient supérieurs à 100 millions d'euros, soit la majeure partie de l'enveloppe de 200 millions d'euros provisionnée à cette époque par un consortium pour relancer l'entreprise. Mais il semblerait que les deniers promis n'ont pas été versés.
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Ancien cadre de la banque américaine Lehman Brothers (disparue en 2008), l'entrepreneur est le fondateur du fabricant slovaque de batteries InoBat, qui fournit notamment Volkswagen. Inobat était également partenaire et fournisseur de Lilium.
Lilium n'est pas la seule jeune pousse du secteur à éprouver des difficultés. Fin décembre, c'est la start-up allemande de taxis volants Volocopter, fondée en 2011, qui a annoncé son dépôt de bilan, faute de financements. La jeune société continue malgré tout de chercher des investisseurs, et mise toujours sur un lancement commercial en 2025 de son premier modèle « Volocity ».
Les difficultés traversées par ces deux acteurs de la filière suscitent un vif débat sur la capacité de l'Allemagne, première économie européenne, à soutenir ses jeunes entreprises innovantes. En cause : un contexte de crise industrielle et de récession. Patron de Volocopter, Dirk Hoke a d'ailleurs appelé plusieurs fois les pouvoirs publics allemands à soutenir financièrement son entreprise, à la manière de la Chine ou des États-Unis, pays où de nombreuses sociétés concurrentes du secteur sont nées.
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« Dans un secteur aussi complexe sur le plan technologique et à forte intensité de capital comme le nôtre, on regarde forcément en direction de l'État », avait-il déclaré en mai 2024, dans les colonnes du magazine économique Capital. Selon le dirigeant, il faudrait « moins de 75 millions d'euros » pour obtenir la certification de l'agence européenne de sécurité aérienne (EASA), et ainsi lancer des vols commerciaux à Paris ou Rome.