L'accélération des événements en Iran, avec les bombardements américains venus s'ajouter aux hostilités déjà ouvertes avec Israël, fait craindre de lourdes conséquences pour le transport maritime. Celles-ci pourraient se concrétiser si la République islamique venait à mettre en œuvre sa menace de fermer le détroit d'Ormuz, et donc l'accès au golfe Persique. Une fermeture qui constituerait un séisme pour les transports de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) : pas moins de 1/5e de la production mondiale passe par cet étroit passage, où l'Iran et la péninsule arabique ne sont séparés que d'une cinquantaine de kilomètres. Pour l'instant, les navires circulent encore, et c'est l'attente qui prime. Mais des premiers remous importants se font déjà sentir.
« Nous naviguons à vue pour le moment. Nous ne savons pas très bien quel sera l'impact », déclare Édouard Louis-Dreyfus, président d'Armateurs de France et président du directoire du groupe Louis Dreyfus Armateurs (LDA). Il explique ainsi que tout le monde est sur le qui-vive depuis au moins une dizaine de jours avec la montée des tensions, avant même les premiers bombardements d'Israël. Même son de cloche chez Ludovic Gérard, président de Knutsen LNG France, filiale du groupe norvégien Knutsen, spécialisé dans le transport d'hydrocarbures.
Pour l'heure, sa compagnie n'a pas de bateaux qui opèrent dans la région. Mais cette situation pourrait changer sous peu, avec la livraison d'un premier méthanier cette semaine qui doit être exploité pour le compte de QatarEnergy. Ludovic Gérard est donc très attentif au suivi de la situation : « Dans les compagnies maritimes, nous avons un Company security officer, qui a la charge de la sûreté, en lien avec les autorités maritimes françaises pour voir les restrictions ou les lignes de conduite à adopter. »