Suspendue lundi peu avant 21h, la réunion rassemblant plateformes et chauffeurs au Secrétariat d'Etat aux Transports reprendra mardi vers 14h. Plusieurs pistes de discussion afin d'améliorer la rentabilité des chauffeurs étaient à l'étude selon nos informations. Revue de détails.
Article publié lundi 19 à 14h43, mis à jour à 21h40
La rentabilité des trajets des chauffeurs de VTC est bien le nerf de la guerre qui oppose certains représentants de chauffeurs et les plateformes, Uber en tête. Pour calmer le mouvement contestataire qui a mobilisé une centaine de chauffeurs depuis jeudi, et tenter de trouver une solution, le Secrétaire d'Etat en charges des Transports Alain Vidalies a réuni tous les acteurs (plateformes et chauffeurs) autour de sa table ce lundi matin. Seules les plateformes Uber et LeCab ont répondu à l'appel. Les membres de la FFTPR (fédération française du transport de personnes sur réservation) dont Marcel, Allocab, Chauffeur-Privé et SnapCar ne sont pas venues, ne souhaitant pas "compliquer" les discussions, ont-elles expliqué dans un communiqué.
La première concerne le chiffre d'affaires réalisé par les chauffeurs. Celui-ce dépend du tarif des courses et des frais de service (commissions) prélevés par les plateformes. Une idée serait donc de facturer le temps d'attente pour les chauffeurs. Partant du principe que le prix d'une course est connu d'avance, les passagers peuvent en effet ne pas se rendre compte de la pénalité que représente pour un chauffeur le fait de le faire attendre. Car lorsqu'on commande un taxi, on sait que le compteur commence à tourner dès l'arrivée du chauffeur - et même avant avec les frais d'approche.
Selon Sayah Baaroun d'Unsa Scp-VTC, cité par l'AFP, les conducteurs ont "demandé dans l'immédiat un retour au tarif de 8 euros l'heure et à une commission de 20%, au lieu de 6 euros et 25% actuellement, de façon à apaiser les choses dans l'immédiat". S'il n'y a pas de hausse des tarifs, "je vous promets une grève très dure sur toute l'Ile-de-France", a dit le président de Capa-VTC.
Revoir le choix des véhicules réglementaires
Deuxième piste étudiée : celle relative aux charges qui pèsent sur le chauffeur. Avec, pour commencer, le coût de son véhicule. En effet, pourquoi ne pas modifier la réglementation qui impose aujourd'hui un certain standard aux VTC ? Et pour cause: est-il justifié qu'un vétéciste doive rouler en berline plutôt qu'avec un véhicule de moindre taille, qui sera non seulement plus rentable, mais peut-être aussi moins nocif pour l'environnement?
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Financement de la protection sociale des chauffeurs
Quant à la protection sociale des chauffeurs, elle pourrait être en partie financée par les plateformes. Celles-ci proposeraient une contribution, un peu comme elles avaient déjà proposé une contribution au fonds d'indemnisation des chauffeurs de taxi pour leurs licences, sans qu'une solution n'ait encore été apportée sur ce dernier point. Le dossier serait toujours ouvert sur le bureau d'Alain Vidalies.
Commission dédiée à la déconnexion
Autre pierre d'achoppement: le phénomène de déconnexion des chauffeurs par les plateformes. L'idée serait de constituer une sorte de "panel d'appels" ou commission de chauffeurs, qui donnerait son avis sur la déconnexion d'un chauffeur.
"Uber, sans rejeter cette mesure temporaire, a demandé un délai supplémentaire afin de faire connaitre la position du groupe. Elle s'est engagée à faire part de sa réponse lors d'une nouvelle réunion qui se tiendra demain à 14h au ministère", ajoute le secrétariat d'Etat dans un communiqué diffusé à l'issue de la réunion.
Par ailleurs, "Alain Vidalies a fait (lundi) la proposition que les parties s'engagent dans un cycle de discussions, sous l'égide d'un médiateur nommé par le gouvernement, sur quatre thématiques: la tarification, les conditions de déconnexion des plateformes pour les chauffeurs, la protection sociale, et les charges. Ces négociations devront se conclure d'ici le 31 janvier 2017. Cette proposition a été reçue positivement", se réjouit le ministère.