Uber : réunion sous tension entre plateformes et chauffeurs VTC

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Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat chargé des Transports réunira lundi 19 décembre à 10H l'ensemble des plateformes et des représentants de chauffeurs VTC (voitures de transport avec chauffeur) afin de définir ensemble les modalités d'une sortie de crise, a-t-il indiqué dans un communiqué samedi soir, pour apaiser les tensions.
Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat chargé des Transports "réunira lundi 19 décembre à 10H l'ensemble des plateformes et des représentants de chauffeurs VTC (voitures de transport avec chauffeur) afin de définir ensemble les modalités d'une sortie de crise", a-t-il indiqué dans un communiqué samedi soir, pour apaiser les tensions. (Crédits : DR)
Le secrétaire d'Etat chargé des Transport, Alain Vidalies, reçoit ce lundi à 10h l'ensemble des plateformes VTC comme Uber, ainsi que les chauffeurs, afin de trouver une solution au conflit qui s'envenime depuis jeudi.

Réunion au sommet. Plateformes et représentants de chauffeurs VTC doivent être reçus au secrétariat d'Etat au Transport ce lundi matin, alors que l'Assemblée nationale examinera en seconde lecture le projet de loi du député socialiste de Côte d'Or Laurent Grandguillaume, qui vise entre autres à "pacifier" les relations entre les différents acteurs du transport public de personnes, notamment entre taxis et VTC (voitures de transport avec chauffeur) donc, tout en luttant contre l'emprise des plateformes sur les chauffeurs et en durcissant l'accès à cette dernière profession.

Un rendez-vous pris en hâte

Cette réunion de médiation a été annoncée samedi soir dans un communiqué du ministère pour apaiser les tensions. Et pour cause, depuis jeudi, le mouvement contestataire lancé par trois associations de chauffeurs (Scp-VTC, Capa-VTC et Actif-VTC) a dérivé sur des violences (passagers sortis de force des véhicules) et des agressions de chauffeurs ne prenant pas part au mouvement qui a rassemblé, selon l'AFP entre 100 et 300 chauffeurs (sur les 22.000 chauffeurs recensés sur le territoire).

Dans un montage vidéo diffusé sur Internet, Helmi Mamlouk de Capa VTC et Sayah Baaroun de Scp VTC faisaient part de leur souhait de séquestrer la direction d'Uber lundi, si une solution satisfaisante n'était pas trouvée . "Imaginez-vous le buzz", dit l'un. Quand l'autre prévient : "on n'est pas Air France les gars, on n'est pas Goodyear, on ne va pas arracher juste une chemise malheureusement". Cependant, si, à l'issue de la réunion au ministère, "les négociations n'aboutissent pas à des décisions concrètes et actées sur place, nous appellerons à la reconduite du mouvement dès la fin de la réunion", a toutefois prévenu Capa-VTC.

Uber porte plainte

Si bien que la société Uber a porté plainte dimanche contre les trois syndicats (Capa-VTC, Scp-VTC et Actif-VTC) ainsi que contre une dizaine de leurs représentants, dont deux leaders de Scp-VTC et de Capa-VTC. La plainte, que La Tribune a pu consulter, vise des faits de "diffamation" et de "menaces", notamment par le biais des "réseaux sociaux", a indiqué Uber, qui précise que plusieurs de ses chauffeurs ont déjà déposé des mains courantes.

Selon Uber, les personnes mises en cause ont appelé "à commettre des actes de violence sur les employés et les chauffeurs partenaires ainsi que certains passagers ayant recours à la plateforme", par le biais notamment de Facebook, Twitter et Youtube.
Ces menaces ne sont en outre "pas seulement proférées par le biais d'internet mais également mises à exécution dans la rue, comme nous pouvons le constater en regardant des reportages ou des vidéos circulant sur internet", selon la plateforme californienne.

Quelles revendications ?

Scp-VTC, syndicat affilié à l'Unsa, a de son côté précisé attendre de la réunion une "augmentation immédiate des tarifs", ainsi qu'un "calendrier de réunions sous la tutelle du ministère pour la rentabilité, les commissions discipline et différents aspects techniques du métier". Une mise en garde dont le calendrier peut surprendre étant donné que le dialogue social semble justement progresser chez certaines plateformes.

Rappelons à cet égard qu' Uber vient justement d'augmenter ses tarifs - certes, ainsi que sa commission (25% pour UberX) - et de mettre en place des cycles de discussions réguliers avec chauffeurs et syndicats comme la CFDT qui a salué l'initiative. La plateforme Marcel (dont la commission est de 15%), elle aussi soucieuse de la rentabilité de ses chauffeurs, a entrepris la même démarche.

Lire : Chez Uber et Marcel, le dialogue avec les chauffeurs se concrétise

Uber participera à la réunion, a précisé à La Tribune un porte-parole. "Cela va permettre de clarifier les positions. Car à présent, on ne sait pas vraiment ce que veulent les manifestants", dont certains "ont réclamé la fermeture pure et simple des plateformes", a-t-il dit. Ce qui est sûr en revanche, c'est que dans un entretien au Parisien publié dimanche, le patron d'Uber France, Thibaud Simphal, a dit être prêt à des concessions, tout en condamnant les débordements constatés dans la nuit de vendredi à samedi, qui s'étaient soldés par six gardes à vue et deux blessés. Uber se dit à l'écoute des chauffeurs et des difficultés inhérentes au statut d'autro-entrepreneur, et plus largement de celui d'indépendant, caractéristique de la profession de chauffeur (VTC bien sûr, mais également taxi !). C'est pourquoi l'entreprise espère que cette situation sera l'occasion de mettre un coup de projecteur sur ce statut qu'il estime être "le parent pauvre de la protection sociale en France". Si Uber permet en effet de faire évoluer ce modèle social dans le bon sens, tant mieux.


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Commentaires
a écrit le 20/12/2016 à 16:12 :
Si j'ai bien compris, le négociateur avec les services du secrétaire d'Etat, c'est Grégoire Kopp?. http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/france-info-numerique/uber-recrute-au-sein-du-gouvernement-francais_1780469.html. Pourtant dans l'avis de la commission des conflits, en juin 2015, il lui était interdit de dialoguer avec ses anciens collègues du ministère. Tout ne serait-il que du bla bla? Honte à la gauche de Gouvernement. Il est évident qu'il fallait prévoir, quand la commission Attali (avec Macron comme rapporteur!!!) prônait la concurrence aux taxis, et la numérisation de fonctions de réservation, qu'il fallait créer des statuts compatibles avec les tais, la loi en débat vient trop tard. Maintenant ça dérange tout le monde, et tout va se confondre dans les dépôts de bilan, les cessations de paiements, de remboursements d'emprunts et de manque dans les caisses de couverture sociale et impôts. Tout le principe de ces petits jobs , c'est de ne rien gagner, de ne rien payer, et de s'étriper.
a écrit le 19/12/2016 à 20:18 :
Ç est la joie de l entreprenariat !! Sinon on doit les embauchée
a écrit le 19/12/2016 à 11:05 :
"Si Uber permet en effet de faire évoluer ce modèle social dans le bon sens, tant mieux.
Uber n'est pas là pour ça. Uber est là pour suivre son business plan et satisfaire ses actionnaires. Les chauffeurs, les rémunérations, le social, "ils s'en foutent".
Le statut d'auto-entrepreneur n'est pas décemment viable sur le long terme. N'importe quel expert comptable en fera la démonstration. Uber les sait très bien, mais "ils s'en foutent" une nouvelle fois. Uber n'est pas (ne se sent pas) responsable de ses chauffeurs, il utilise le système et sait qu'à tout moment il trouvera des chauffeurs pour remplacer ceux qui seront morts... criblés de dettes sociales, fiscales, bancaires...Uber et toute l'économie basée sur le même principe c'est la pauvreté, la précarité assurée.
a écrit le 19/12/2016 à 10:39 :
25% , Uber ponctionne 25% des revenus des chauffeurs ! un délire pur , ces gens ne font rien ,ils ne cherchent qu'une rente facile avec un contrôle total de leurs employés , soit un nouvel esclavage. Il faut un décret qui requalifie les chauffeurs en employés et oblige Uber à leur payer la sécu, la retraire et des congés payés sinon c'est le retour au 19ème siècle avec 12 h de travail par jour payées une misère. C'est comme la privatisation de la sécu, les mutuelles privées ponctionnent jusqu'à 27% des cotisations pour leur "fonctionnement " alors que la sécu ne coûte que 3,6% . Ne vous faites pas avoir par ces discours néolibéraux délirant qui n'ont plus rien à voir avec le libéralisme, c'est du vol pur et simple . 25%!!!!!!! 1% pour payer des serveurs je veux bien c'est tout ce que cela vaut , mais 25% à ne rien faire , c'est du vol pur ! Il faut faire une plate forme coopérative et vite !!!
a écrit le 19/12/2016 à 10:17 :
Ca fait bien longtemps que Madame Mounia Van de Casteele fait de la communication et non pas du journalisme. Le parti pris, une marque de fabrique.
a écrit le 19/12/2016 à 9:37 :
Les chauffeurs de VTC sont en train de défendre le minimum de nos droits fondamentaux mine de rien, alors que pourtant à la base c'était une profession bien loin des préoccupations sociales et autres revendications syndicales.

La convergence des luttes ça ne se décide pas, ça se met en place tout seul. BEn oui nous sommes des humains tous pas des chiens.

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