Un avion disparait au Népal, l'un des pays les plus dangereux au monde pour le transport aérien

Le transport aérien a beau se développer au Népal, le pays continue de connaître des épisodes dramatiques : un avion vient de disparaître avec 22 personnes à bord au cours d'un vol pourtant très court. Les opérations de recherche sont ralenties par les conditions météorologiques. Entre manque de formation et conditions extrêmes, voler au Népal est toujours périlleux.

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Un avion de Tara Air a disparu au Népal avec 22 personnes à bord.
Un avion de Tara Air a disparu au Népal avec 22 personnes à bord. (Crédits : NAVESH CHITRAKAR)

Bien qu'en plein développement ces dernières années, le transport aérien au Népal reste périlleux. Un bimoteur Twin Otter, exploité par la compagnie aérienne privée Tara Air, a disparu ce dimanche avec 22 personnes à bord. Il reliait la ville touristique de Pokhara, à environ 125 km à l'ouest de la capitale Katmandou, à Jomsom dans le massif des Annapurnas, un des points de départ pour les randonneurs dans l'Himalaya. Les deux lieux ne sont distants que de 70 km, pour une vingtaine de minutes de vol, mais sont notamment séparés par le sommet Annapurna Dakshin qui s'élève à 7 219 mètres d'altitude. Selon Tara Air, l'avion transportait seize Népalais, dont les trois membres d'équipage, quatre Indiens, deux Allemands. Sept passagers sont des femmes, a-t-elle précisé

"Le contact a été perdu avec un vol intérieur qui se dirigeait vers Jomsom depuis Pokhara", a indiqué Sudarshan Bartaula, porte-parole de la compagnie basée à Katmandou, à l'AFP. De son côté, l'agence Reuters rapporte qu'un responsable de la compagnie aérienne sous couvert d'anonymat a déclaré que l'avion avait perdu le contact avec la tour de contrôle cinq minutes avant d'atterrir sur l'aéroport de la ville touristique de Jomsom.

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Les opérations de recherche bloquées par la météo

Des recherches aériennes ont été déclenchées avec deux hélicoptères, selon Phanindra Mani Pokharel, un porte-parole du ministère de l'Intérieur. Mais il a ajouté que "le mauvais temps pourrait ralentir les opérations de recherche. La visibilité est si faible qu'on ne peut rien voir".

De même, l'Autorité de l'aviation civile du Népal, a indiqué que "un hélicoptère de recherche est retourné à Jomsom en raison du mauvais temps, sans localiser l'avion". Les conditions météorologiques bloquent pour l'instant la poursuite des opérations : "Les hélicoptères seront prêts à décoller pour les recherches depuis Katmandou, Pokhara et Jomsom une fois que les conditions météorologiques s'amélioreront. Les équipes de recherche de l'armée et de la police sont en route vers le site."

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Des conditions extrêmes pour voler

Le Népal, qui abrite huit des 14 plus hautes montagnes du monde, dont l'Everest, déplore un nombre record d'accidents aériens. Les conditions météorologiques y sont changeantes et les pistes d'atterrissage sont généralement situées dans des zones montagneuses difficiles d'accès. La formation des pilotes et la maintenance y sont aussi insuffisantes. L'Union européenne a interdit à toutes les compagnies aériennes népalaises l'accès à son espace aérien pour des raisons de sécurité.

En mars 2018, un avion de la compagnie bangladaise US-Bangla Airlines s'était écrasé à proximité de l'aéroport de Katmandou, faisant 51 morts. L'année suivante, trois personnes étaient mortes lorsqu'un avion avait raté son décollage et percuté deux hélicoptères. L'accident s'était produit à l'aéroport de Lukla, porte d'entrée vers l'Everest, qui a la réputation d'être un des aéroports au monde où il est le plus compliqué d'atterrir et de décoller.

L'accident le plus meurtrier remonte à 1992, lorsque 167 personnes avaient été tuées à bord d'un vol de Pakistan International Airlines près de l'aéroport de Katmandou. Deux mois auparavant, un appareil de Thai Airways s'était écrasé dans la même zone, faisant 113 morts.

Le transport aérien connaît pourtant un véritable essor au Népal ces dernières années, transportant des touristes, des marcheurs et des alpinistes, ainsi que des marchandises, dans des endroits reculés et difficiles d'accès par voie routière. En mai, le deuxième aéroport international du pays a ouvert ses portes à Bhairahawa, afin de permettre aux pèlerins bouddhistes de toute l'Asie d'accéder au lieu de naissance du Bouddha, à Lumbini, tout proche. Ce projet, d'un coût de 76 millions de dollars, doit permettre de délester l'aéroport international de Katmandou.

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Commentaires 3
à écrit le 30/05/2022 à 4:01
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Apres les automobiles comme consommables , l'aviation civile ! . AFF ISS pe Corsica * .

à écrit le 29/05/2022 à 20:00
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On est pas à Limoges là bas. Tout est hors normes et il est assez malsain de les toiser. Leurs personnels navigant n'ont rien à apprendre des notres, le contraire est moins vrai je pense. On cause du toit du monde là.

à écrit le 29/05/2022 à 17:16
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Il faut qu'ils empruntent de l'argent aux banquiers pour acheter des gros avions, c'est ça non ? Le jour ou le système marchand foutra la paix à l'humanité là nous serons sauvés.

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