737 MAX : "les accidents ont révélé une conduite frauduleuse et trompeuse" de Boeing (ministère de la justice américain)

 |  | 513 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : Brendan McDermid)
Boeing a accepté de verser plus de 2,5 milliards de dollars dans le cadre de l'enquête du ministère américain de la Justice sur les deux accidents du 737 MAX qui ont fait 346 morts en 2018 et 2019, mais n'aura pas à plaider coupable dans le cadre des poursuites criminelles, a annoncé le ministère.

Officiellement accusé jeudi d'avoir induit les autorités en erreur lors du processus d'approbation du 737 MAX, Boeing a reconnu sa responsabilité et accepté de verser plus de 2,5 milliards de dollars pour solder certaines poursuites dans le cadre de l'enquête du ministère américain de la Justice sur les deux accidents du 737 MAX qui ont fait 346 morts en 2018 et 2019. Mais le constructeur n'aura pas à plaider coupable dans le cadre des poursuites criminelles, a indiqué le ministère. La somme comprend une sanction pénale de 243,6 millions de dollars, 1,77 milliard d'indemnités et la création d'un fonds de 500 millions de dollars pour les proches des victimes.

"Conduite frauduleuse et trompeuse"

"Les accidents tragiques du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines ont révélé la conduite frauduleuse et trompeuse des employés de l'un des principaux fabricants d'avions commerciaux au monde", a déclaré le procureur général adjoint par intérim du ministère David P. Burns, dans un communiqué.

"Les employés de Boeing ont choisi la voie du profit plutôt que celle de la franchise en dissimulant des informations importantes à la FAA (l'aviation civile américaine) concernant l'exploitation de son avion 737 Max et en s'engageant dans un effort pour dissimuler leur tromperie."

Boeing reconnaît dans des documents judiciaires que deux des pilotes d'essais de 737 MAX avaient trompé la Federal Aviation Administration (FAA) au sujet d'un système de sécurité appelé MCAS impliqué dans les deux accidents. Les documents émis par la suite par l'agence de l'aviation américaine de l'aviation civile ne contenaient en conséquence pas des informations essentielles sur ce logiciel, qui n'ont donc pas été incluses dans les manuels des compagnies. C'est seulement après le premier accident, en octobre 2018, que la FAA a eu connaissance "de détails clés" sur le MCAS.

Complot

Selon les termes de l'accord, qui accuse officiellement Boeing de complot en vue de commettre une fraude, le groupe a accepté de continuer à coopérer avec les autorités pour toutes les enquêtes en cours ou à venir et de respecter certains engagements.

Le ministère lèvera les poursuites dans trois ans si Boeing obéit à toutes ses obligations. Il n'a en revanche pas jugé nécessaire d'imposer à la compagnie un inspecteur indépendant.

L'accord "reconnaît à juste titre que nous n'avons pas répondu à nos valeurs et à nos attentes", dit David Calhoun, directeur général de Boeing, dans un communiqué

Une simple tape sur les doigts pour certaines familles de victimes

Certaines familles de victimes ne prévoient par ailleurs pas d'abandonner leurs poursuites, a indiqué un représentant de leur avocat à l'AFP.

Pour Zipporah Kuria, qui a perdu son père dans le crash du 737 MAX d'Ethiopian Airlines, l'accord représente une "simple tape sur les doigts".

"Si on cherchait vraiment la justice, les personnes responsables chez Boeing ne devraient pas prendre leur retraite ou démissionner avec des primes - elles devraient être tenues pénalement responsables de leurs actes", a-t-elle souligné dans un message.

(avec AFP et Reuters)

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/01/2021 à 14:20 :
les subventions militaires de l'état américain couvrent largement la "pichenette" de 2,5 M$ !
a écrit le 08/01/2021 à 9:19 :
Il n'y a que dans les républiques bananières que les responsables/coupables sont soustraits à la justice par des lois scélérates. Aux USA, ceux qui ont causé la mort de centaines de personnes par leurs agissements passent des accords avec, non pas la justice, mais les procureurs, c'est à dire, le système. D'autres, comme les lanceurs d'alerte sont lourdement condamnés. Que vous soyez puissant ou misérable, la justice vous rendre blanc ou noir. En France, c'est la même chose mais d'une autre façon. Certains inculpés ne sont toujours pas jugés pour des faits datant de 2012, voire 1995 pour un ancien premier ministre. Quand ils le seront, s'ils le sont un jour, ils bénéficieront d'exemption de peine au vu de leur grand âge ou autres prétextes.
a écrit le 08/01/2021 à 9:00 :
Ouf !,la FAA n'est pas dans le coup ,Ouf,pas de dirigeants impliques ,Ouf une amende de 25% du benefice'annuel,ou 2% du chiffre d'affaire,1% du capital.l'action va vite remonter et faire oublier tout ca.Respirons!( responsable mais pas coupable ou l'inverse....)
Réponse de le 08/01/2021 à 10:40 :
Voila quand je penses que bosch fait de la pub pour ses machines à laver en ce moment.
Il devrait faire une campagne: Nos machine lavent plus blanc que le système judiciaire. Ca ce serait un argument de vente.
Réponse de le 08/01/2021 à 14:13 :
Pour mémoire, BNP-Paribas, pour une sombre histoire de non respect d'embargo qui n'avait causé aucun mort direct, avait écopé de la part de la "justice" US d'une amende de près de 10 milliards, soit 20% de son CA annuel....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :