EXCLUSIF- D'une simple remise de gaz mal maîtrisée, le vol AF011 est devenu une affaire mondiale suite à une suspicion de dysfonctionnement sur le Boeing 777 mis en lumière par un enregistrement diffusé sur Internet. Pourtant, selon des premiers éléments recueillis par La Tribune, le "Quick access recorder" (QAR) montre qu'aucune défaillance n'est imputable à l'avion. Explications.« On a remis les gaz donc, problème de commandes de vol, l'avion (un Boeing 777, NDLR) a fait à peu près n'importe quoi ». Adressée à la tour de contrôle après un incident de vol le 5 avril en phase finale d'atterrissage à Roissy, la phrase-choc d'un des pilotes d'Air France de l'AF011 a fait grand bruit. Et pour cause. Interceptée et diffusée sur Internet, elle a fait le tour du monde, inquiétant non seulement Boeing, mais aussi un grand nombre de compagnies aériennes utilisant cet avion qui s'est vendu comme des petits pains depuis une trentaine d'années.
Et cet incident, qualifié de grave par le Bureau Enquêtes Analyses (BEA) lequel, à l'instar du NTSB américain, a ouvert une enquête, n'a pas fini de faire du bruit. Car l'affaire n'est peut-être pas aussi claire qu'un blocage de commandes soudain. Selon plusieurs sources concordantes en effet, les premières données récoltées par Boeing et communiquées à Air France, ne laissent entrevoir aucun dysfonctionnement des commandes de vol du Boeing 777.
Ces éléments sont issus du Quick access recorder (QAR) - enregistreur à accès rapide. Ce dispositif enregistre des données similaires à l'enregistreur de données de vol (FDR) - l'une des fameuses "boîtes noires" avec l'enregistreur phonique (CVR). Mais, au contraire de ces dernières, dédiées uniquement aux enquêtes en cas d'accident, le QAR est dédié à l'analyse des données de vol dans une optique d'amélioration de la sécurité des vols mais aussi d'optimisation des opérations et de la maintenance. Comme son nom l'indique, le QAR permet une extraction rapide et facile de ces données de vol brutes. Celles-ci sont régulièrement téléchargées et envoyées aux équipes de la compagnie aérienne et de l'avionneur. D'où la rapidité de leur traitement en comparaison des données du FDR et du CVR actuellement en cours d'analyse par le BEA, qui s'est saisi de l'affaire en la qualifiant "d'incident grave".
Léo Barnier et Fabrice Gliszczynski