Vers une renaissance des Chantiers de l’Atlantique ?

Quelques jours après avoir obtenu la reprise des chantiers de Saint-Nazaire à l’issue d’un long bras de fer avec l’Etat français, le PDG de Fincantieri veut leur redonner le nom de "Chantiers de l’Atlantique".
L'Italien Fincantieri acquiert 48% des Chantiers de Saint-Nazaire
L'Italien Fincantieri acquiert 48% des Chantiers de Saint-Nazaire (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)

Après avoir longtemps résisté à la prise de contrôle des chantiers de Saint-Nazaire et avoir évoqué une possible nationalisation temporaire (défendue par les candidats Mélenchon et Fillon), le gouvernement a finalement donné jeudi son accord de principe. Selon le schéma prévu, l'italien Fincantieri (4,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, plus de 21 milliards de carnet de commandes) possédera 48% du groupe mis en vente après la faillite de sa maison mère, le sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding. DCNS entrera au capital à hauteur d'environ 12 %.

"Notre entrée au capital va permettre de préserver l'accès de DCNS aux capacités industrielles uniques en Europe des chantiers de Saint-Nazaire pour la construction de navires militaires de grande taille comme les porte-hélicoptère de type Mistral ou encore les porte-avions, garantissant ainsi la préservation des intérêts stratégiques de la France tout en renforçant notre capacité d'exportation", a déclaré Hervé Guillou, le PDG de DCNS.

Droit de véto de l'Etat français

En tandem avec l'entreprise militaire publique DCNS, l'Etat français conserve ses 33 % actuels, assortis d'un droit de veto, qui lui permet "de s'opposer à ce que l'activité des Chantiers ou de leur bureau d'études soit substantiellement réduite, que leur propriété intellectuelle ou leur savoir-faire soient transférés, que les Chantiers développent des partenariats, filiales ou acquisitions hors d'Europe, ou une stratégie contraire aux intérêts en matière de défense nationale".

Fincantieri avait déjà accepté de garantir l'emploi à Saint-Nazaire pendant 5 ans "à conditions économiques inchangées", de poursuivre le plan d'investissement de 100 millions d'euros sur trois ans préparé par le management de STX, et de garantir l'accès de DCNS aux capacités de production de grandes coques militaires pour d'éventuels successeurs au Charles de Gaulle et aux porte-hélicoptères Mistral.

Pacte d'actionnaires prévu pour 20 ans

Mais ce droit de veto valable vingt ans, avec un rendez-vous au bout de douze ans pour les réexaminer, devrait être plus à même encore de rassurer les syndicats et les élus locaux qui, depuis l'annonce en janvier de la vente de STX France à Fincantieri, craignaient un transfert des compétences françaises à l'étranger, en particulier en Chine, où Fincantieri a créé une coentreprise.

L'accord de gouvernance, avec l'équilibre du capital, est proposé pour huit ans et le pacte d'actionnaires serait prévu pour durer vingt ans, a précisé devant la presse le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue.

"J'espère que les chantiers de Saint-Nazaire pourront à nouveau s'appeler les Chantiers de l'Atlantique, a déclaré le PGD de Fincantieri, Giuseppe Bono, dans un entretien  au Journal du Dimanche. Cela dépendra d'Alstom, encore propriétaire du nom, mais nous allons lui en faire la demande".

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Commentaires 6
à écrit le 10/04/2017 à 14:12
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Où sont les industriels français dans cette affaire? Certainement plus occupés à défendre auprès de l'État le CICE et autres subventions déguisées...

à écrit le 10/04/2017 à 10:23
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Oui c'est une bonne chose que les ex chantiers STX redeviennent les "chantiers de l'atlantique" que j'ai visité il y a une dizaine d'années : le chantier ont un domaine de spécialité : les plus gros paquebots mondiaux comme le Meriglavia de MSC ( à M...

à écrit le 10/04/2017 à 8:22
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Un pacte d'actionnaire sur vingt annees ! Quel optimisme. C'est oublier les mefaits de la cgt, cfdt et autres calamites.

à écrit le 10/04/2017 à 6:34
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Petite berçeuse italienne pour s'endormir paisiblement. Les promesses sont vite passées mais rien ne dit qu'ils tiendront leurs engagements. Il y a quelques mois encore Fincantieri refusait (avec une certaine hargne) le statut d'actionnaire minorit...

à écrit le 09/04/2017 à 22:12
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Vous savez le nouveau propriétaire peux appeler cette entreprise comme il veux.... Moi je vois la encore le preuve du démantèlement de l'industrie France... Une des très nombreux entreprise qui fonctionner correctement et qui appartient à des étrange...

le 10/04/2017 à 5:11
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Sauf que cette entreprise appartenait déjà à des étrangers depuis 2006, les norvégiens d'abord (Aker Yard) et ensuite les coréens STX.

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