Le groupe Batteur polémique avec ses banquiers

Le spécialiste de la parapharmacie accuse les banques de tarder à lui prêter 40 millions d'euros pour une nouvelle usine. Des critiques que les banques jugent injustifiées.

Les banques sont devenues des preneurs de garantie avant d'être des sources de financement ! » Laurent Batteur, PDG du groupe Batteur, peste depuis plusieurs mois contre ces « financements longs à obtenir ». Il regrette que les banques régionales tardent à lui accorder un prêt de 40 millions d'euros (15 millions pour l'immobilier et 25 millions pour l'équipement industriel) pour son projet d'usine de 10.000 m2 destinée à accroître la capacité de production du groupe en produits salins conditionnés en unidoses stériles. « Dans le contexte de crise financière, les processus de prise de décision des organismes financiers se centralisent, s'allongent et se complexifient, accuse le PDG. La liste des audits et des documents à produire ne cesse de s'allonger. Les banques cherchent à gagner du temps ; il leur manque toujours le document nécessaire pour prendre leur décision. »

accord de principe oral

La polémique commence quand les huit partenaires financiers du groupe ont été réunis formellement, pour la première fois, pour ce projet le 17 juillet 2008. « Ce jour-là, confie l'un d'entre eux (qui a requis l'anonymat), les banques apprennent que le groupe Batteur n'apportera pas un centime en fonds propres pour ledit projet et que les travaux de terrassement de la nouvelle usine ont déjà commencé? » Frédéric Culleron, le directeur financier de Batteur, invoque un « accord de principe oral » des banquiers datant de 2007 pour un projet d'usine de cosmétique. Le marché de la cosmétique devenant « difficile », l'industriel change de cap en 2008 et « réoriente » son projet vers la fabrication de produits salins conditionnés en unidoses stériles. « C'est un métier que nous maîtrisons parfaitement, explique Frédéric Culleron, convaincu d'un retour sur investissement en six ans. Nous maîtrisons la technologie ? nous exploitons déjà huit lignes de fabrication Bottleback qui tournent au maximum de leur capacité ? et nous connaissons bien ce marché, qui est en train d'exploser. »

Le 17 juillet donc, les banques prennent acte et demandent au chef d'entreprise une étude de marché sur les machines (six nouvelles lignes à terme) devant équiper l'usine, un bilan prévisionnel de trésorerie consolidé 2008 (intégrant la nouvelle usine) ainsi qu'un business plan prévisionnel consolidé (intégrant la nouvelle usine). « Ce dossier a été traité de façon parfaitement normale, avec des critères normaux et des garanties normales au regard des montants demandés par le chef d'entreprise. 40 millions d'euros, ce n'est pas rien ! » s'exclame le banquier.

atmosphère de défiance

Nouvelle réunion le 10 septembre dernier. Les banques se plaignent de ne pas encore avoir le plan de trésorerie consolidé 2008 ni le business plan. « Malgré de nombreuses relances auprès de l'entreprise, nous n'avons reçu le prévisionnel de trésorerie consolidé qu'autour de la mi-novembre », affirme le banquier avant d'accuser à son tour : « La ficelle est un peu grosse. Quoi de plus facile que de traiter les banquiers de frileux dans l'actuelle atmosphère de défiance collective vis-à-vis du monde bancaire ? »?

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