Des débouchés à l'international pour les pays émergents

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Lorsque Arona Sy, PDG de Novabrick, a voulu construire son usine de parpaings et de carreaux de céramique à Kayar, près de Dakar (Sénégal), il a tout acheté sur Internet : charpentes, toitures et parois d'acier, machines de production, véhicules. Tout !

« J'ai acheté deux camions d'occasion sur la place de marché électronique TruckStore. com qui opère en Europe, un Renault Premium 400 de 10 tonnes pour 15.000 euros et un Mercedes Atego de 11 tonnes à 17.000 euros. De très bons prix ! » se réjouit-il.

D'un côté, les acheteurs du monde entier cherchent à réduire leurs coûts en s'approvisionnant dans les pays émergents. De l'autre, les fournisseurs de ces mêmes pays nourrissent un très grand espoir dans les places de marché électroniques pour développer leurs débouchés à l'international. Dans les deux cas, les plates-formes européennes et américaines se voient concurrencées par celles des pays émergents.

« Ces pays ont développé une intense culture de la mutualisation des moyens et une innovation par la simplicité », commente Jean-Michel Huet, responsable du secteur télécoms au cabinet BearingPoint. « Par exemple, en Inde, faute d'infrastructures télécoms filaires suffisantes, les transactions électroniques, nécessaires aux places de marché, passent par un parc d'environ 30.000 antennes satellites. Les opérateurs télécoms les ont mutualisées pour baisser leurs prix à la clientèle. »

Négociations par SMS

D'ailleurs, certains d'entre eux reproduisent ce schéma en Afrique. Résultat, l'accès à certaines places de marché ne se fait plus exclusivement par ordinateur. Le téléphone GSM suffit. À tel point que même les paysans s'en servent. À l'instar de Foodnet en Ouganda, spécialisée dans les semences et le bétail vivant.

« Agriculteurs et acheteurs peuvent comparer et négocier les prix par SMS. Pratique avant de prendre la décision d'acheminer les marchandises étant donné les temps de transport qui sont très longs », pointe Riadh Shaiek, responsable du secteur logistique chez BearingPoint. Ce type de plate-forme, promue par l'opérateur télécoms sud-africain MTN allié à l'indien Bharti Airtel, se développe au Kenya, au Sénégal, au Ghana et en Haïti en partenariat avec la Grameen Foundation du Prix Nobel de la paix 2006, Muhammad Yunus. « Les places de marché émergentes s'adaptent à leurs conditions difficiles qu'elles perçoivent non comme une contrainte mais comme un environnement concret pour faire des affaires », reprend Jean-Michel Huet. Ainsi, au Kenya, le téléphone GSM est-il utilisé comme moyen de paiement en lieu et place de la carte bancaire. En trois ou quatre ans, un quart des transactions financières du pays est passé via le téléphone GSM.

À côté de ces opérateurs se développent des places haut de gamme comme Tejari à Dubaï. Forte de filiales dans le Moyen-Orient et l'Asie, cette place a mis un pied en Europe, plus précisément en Italie. Elle entre en concurrence frontale avec la place de soustraitance industrielle MFG.com.

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