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C'est le moment d'entamer un MBA

Catherine Quignon

Publié le 29 mars 2010 à 04:43 - Mis à jour le 29 mars 2010 à 04:44

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L'engouement pour cette formation intensive au management ne se dément pas, en dépit de la conjoncture qui a modifié voire raréfié les débouchés. Une façon, justement, de préparer et d'anticiper la sortie de crise...

MBA : trois lettres magiques qui font rêver nombre d'entreprises et de cadres. Formation réputée, le MBA est considéré comme un booster inégalé de carrière. Un Master of Business Administration n'est pas seulement un diplôme prestigieux permettant d'accéder aux plus hautes fonctions. C'est d'abord une formation intensive en business, stratégie et management permettant d'acquérir une vision à 360 degrés de l'entreprise. Son public ? Des candidats souvent issus de formations techniques de type ingénieur et désireux de développer leurs compétences managériales. Et l'enthousiasme qu'il suscite ne se dément pas en temps de crise malgré le coût élevé de ce diplôme : de 20.000 à 50.000 euros, voire davantage pour les établissements les plus prestigieux. « La demande ne ralentit pas, au contraire. Depuis deux, trois ans, on assiste à une très forte augmentation des candidatures, entre 16 % et 20 % par an », affirme Valérie Gauthier, directeur délégué du MBA d'HEC.

Cadres au chômage désireux de muscler leur CV, jeunes diplômés voulant encore mieux s'armer avant d'entrer sur le marché du travail... Les aspirants continuent donc d'être légion. Pour autant, les débouchés sont-ils les mêmes qu'avant la crise ? « On n'a pas encore les statistiques exactes pour 2009, mais pour le moment, nos chiffres de placement sont très similaires à l'année précédente », affirme Valérie Gauthier. « On ne peut pas dire que nos étudiants aient souffert de la crise, estime de son côté Françoise Rey, directeur du MBA grandes écoles de l'Essec. Néanmoins, les débouchés ont quelque peu évolué. Cette année, nos étudiants se sont beaucoup orientés vers les secteurs de l'énergie et de l'industrie pharmaceutique. Dans le secteur de la finance, les emplois occupés par nos étudiants se sont diversifiés : ils se sont plus dirigés vers les réseaux bancaires, la fusion-acquisition... »

Une promotion qui tarde

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Pour les diplômés cependant, les débouchés attendus ne sont pas toujours au rendez-vous. Xavier Iglesias, responsable de vente chez un équipementier automobile, a été diplômé de l'Executive MBA de l'Essec en décembre 2008. Soutenu financièrement par son entreprise, il espérait une promotion à la suite de l'obtention de ce diplôme. À ce jour, il est encore en attente de propositions. « Pour mes camarades de promo, c'est un peu la même chose. Le marché n'est pas porteur en ce moment, surtout dans l'industrie automobile », constate-t-il. Lucide, le responsable de ventes sait que le MBA ne fait pas tout : « Les sociétés n'engagent pas quelqu'un seulement parce qu'il a fait un MBA, encore moins en ce moment. Il faut pouvoir faire valoir une vraie expérience. » Mais pour ce cadre, pas de regrets : le MBA reste une formation enrichissante. « Ce programme, assure-t-il, m'a beaucoup apporté d'un point de vue personnel et professionnel. Et dans quelques mois, lorsque la situation économique se sera améliorée, je pourrai valoriser mon diplôme. Paradoxalement, c'est peut-être maintenant le meilleur moment pour entamer un MBA ! »

Catherine Quignon

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