Et deux de suite. Pour la deuxième année consécutive, la consommation de produits bio est en baisse. Du jamais vu depuis 11 ans. Selon les chiffres de l'Agence Bio présentés ce 1er juin dans un domaine viticole de Gironde, le marché est tombé à douze milliards d'euros l'an passé, soit un recul de -4,6 %. La grande distribution, qui représente 53 % de ce marché, accuse la même proportion de baisse, plus élevée qu'en 2021. L'ampleur est encore plus importante dans les magasins spécialisés avec -8,6 % de ventes en valeur. La chute s'explique par la fermeture d'environ 200 de ces points de vente à travers le pays pour un total de 3.086 magasins fin 2022.
Les deux autres débouchés, qui captent 21 % des parts de marché, ne s'en sortent pas vraiment mieux. La croissance de la vente directe à la ferme et sur les marchés a été divisée par deux par rapport à 2021 et par cinq par rapport à 2020. Elle demeure tout de même le seul secteur en progression puisque les artisans-commerçants ont vu leur ventes bio ralentir de -2,6 %. Un recul généralisé qui s'inscrit dans un contexte inflationniste où les ménages ont réduit de 5,1 % en 2022 la part de l'alimentation dans leur budget global.
Si le bio fait les frais de ce repli, il a pourtant connu un plus faible niveau d'inflation que celui des produits conventionnels grâce à l'absence de recours aux intrants et produits phytosanitaires souvent importés. Mais dans un contexte où le pouvoir d'achat des consommateurs s'est réduit, ces derniers se sont reportés vers d'autres valeurs identifiables et restées moins chers que le bio. Selon un baromètre commandé par l'Agence Bio, 73 % des pertes en valeur de la filière ont profité à d'autres produits labellisés (« haute valeur environnementale » par exemple). Seuls 65 % des Français se disent attentifs au logo « agriculture biologique » lors de leurs achats, soit 11 points de moins qu'en 2021.