C'est une question brûlante qui pourrait empoisonner la COP26. Les pays du Nord finiront-ils par trouver les 100 milliards de dollars américains qu'ils ont promis de verser chaque année aux pays du Sud pour les soutenir dans la lutte contre le changement climatique? Cet engagement, formulé en 2009 à la conférence sur le climat de Copenhague, et censé être tenu à partir de 2020, prolongé jusqu'en 2025 par l'Accord de Paris, n'a toujours pas été atteint jusqu'ici.
Selon le dernier bilan publié par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en septembre, en 2019 l'ensemble des aides versées par les pays riches aux pays moins développés n'a atteint que 79,6 milliards de dollars. Par rapport à 2018, ce montant n'a augmenté que de 2% puisque, si les financements publics fournis par les institutions multilatérales ont augmenté, les financements publics bilatéraux et les financements privés ont, eux, baissé. Et malgré l'absence encore de données suffisantes, il semble très improbable que les 20 milliards manquants aient été trouvés en 2020.
La promesse ne sera d'ailleurs pas tenue avant 2023, relève un recensement mené ces derniers mois par l'Allemagne et le Canada et publié le 25 octobre, prenant en compte les tout derniers engagements des États et des banques multilatérales de développement. C'est seulement à partir de cette date que, selon les auteurs de ce "Plan de mise en œuvre collectif", mandatés par la présidence britannique de la COP26 et aidés par l'OCDE, "le financement fourni et mobilisé par les pays développés au titre de la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement devrait atteindre 100 milliards" américains.