Climat : le deuxième pollueur de la planète sort officiellement de l'Accord de Paris

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Lors du sommet de l'ONU sur l'urgence climatique, le 23 septembre 2019, à New York, le président Donald Trump a fait une apparition surprise de quelques minutes, le temps d'applaudir l'allocution du premier ministre indien Narendra Modi, et quittant l'enceinte avant le discours de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, qui déclarera à la tribune : «Vous m’avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses!»
Lors du sommet de l'ONU sur l'urgence climatique, le 23 septembre 2019, à New York, le président Donald Trump a fait une apparition surprise de quelques minutes, le temps d'applaudir l'allocution du premier ministre indien Narendra Modi, et quittant l'enceinte avant le discours de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg, qui déclarera à la tribune : «Vous m’avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses!» (Crédits : Reuters)
Ce retrait officiel des États-Unis, annoncé par Trump le 1er juin 2017, était attendu et fait partie d'un processus qui devrait durer un an et s'achever le 4 novembre 2020, au lendemain de la prochaine élection présidentielle américaine. Les États-Unis -"fiers de leur bilan de leader mondial en matière de réduction de toutes les émissions", dixit Mike Pompeo- deviendront ainsi, dans un an, le seul pays à ne pas faire partie de l'accord.

Le gouvernement américain a officiellement informé lundi les Nations unies de sa décision de quitter l'accord de Paris sur le climat, promesse du président Donald Trump, a-t-on appris au département d'Etat.

Cette étape est la première d'un processus de retrait (annoncé par Trump le jeudi 1er juin 2017) qui devrait durer un an et s'achever le 4 novembre 2020, lendemain de la prochaine élection présidentielle américaine.

Le département d'État a adressé un courrier au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui enclenche le compte à rebours.

"Les États-Unis sont fiers de leur bilan" climatique

Les États-Unis, deuxième pays émetteur de gaz à effet de serre (GES) dans le monde après la Chine(*), deviendront ainsi dans un an le seul pays à ne pas faire partie de l'accord.

Cette décision avait été annoncée par Donald Trump en juin 2017 mais les règles de l'Onu empêchaient les Etats-Unis de la concrétiser formellement avant ce 4 novembre.

"Les États-Unis sont fiers de leur bilan de leader mondial en matière de réduction de toutes les émissions (...). Notre modèle est réaliste et pragmatique", a justifié le secrétaire d'État Mike Pompeo dans sa lettre à Antonio Guterres.

Dénonciation d'un accord signé par Barack Obama

L'accord de Paris de décembre 2015, en vertu duquel Washington s'engageait à réduire de 26% à 28% les émissions de GES des États-Unis d'ici à 2030 par rapport à leurs niveaux de 2005, avait été signé par l'administration de Barack Obama.

Lire: Climat : Obama serre la vis aux centrales thermiques, l'Europe applaudit

Tous les candidats démocrates en lice pour l'investiture de leur parti pour la présidentielle de 2020 promettent de réintégrer l'accord s'ils sont élus.

Jusqu'à sa sortie formelle, Washington continuera de participer aux négociations sur les aspects techniques du pacte, par le biais d'une petite équipe de fonctionnaires du département d'État.

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Revivez notre "DIRECT" des événements et péripéties de la COP21 du dimanche 29 novembre au samedi 12 décembre jour de la signature de l'Accord:

Lire aussi : [DIRECT] COP21: l'accord de Paris est adopté

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(*) Ce classement ne rend pas compte de la pollution délocalisée (beaucoup de produits fabriqués en Chine sont en fait importés et utilisés aux Etats-Unis). NB: si l'on considère les émissions par habitant, on obtient un autre classement où les États-Unis (avec 14,61 tonnes) sont loin devant la Chine (6,68 tonnes). Mais ce classement n'est pas exempt de biais non plus.

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Commentaires
a écrit le 05/11/2019 à 21:11 :
Si l'administrationTrump sort de l'accord de Paris, c'est presque un non événement car des États comme la Californie considèrent les critères de la COP21 comme des repères et des phares et ne reconnaissent du reste aucune compétence aux instances de cette administration sur les questions environnementales et les problèmes d'évolution climatique.
a écrit le 05/11/2019 à 16:42 :
Pourquoi encore parler d'ecologie puisque de toute façon, c'est plié !
Ça va chauffer, il y aura moins d'eau disponible, moins de produits agricoles, des famines, des inondations....du pétrole pour quelques dizaines d'années encore, des méga riches, des centaines de millions de pauvres et tout ce beau monde sur une Terre stérile. Pas belle la vie?
a écrit le 05/11/2019 à 14:30 :
"Si les états unis sortent de l'accord de Paris je m'y opposerais !"

Heu... c'est bon Manue tu l'as déjà dit avec le brexit et... bref c'est bon !
a écrit le 05/11/2019 à 12:53 :
Il faut relativiser la portée qui est avant tout symbolique (même si le symbole est désastreux)

Les USA sont un état fédéral et chaque état a de larges compétences en matière d'environnement. La Californie dont le PIB dépasse celui de la France (13% du PIB américain) a des normes très dures concernant les émissions de CO2. Beaucoup d'état ont entamé leur transition sans tenir compte du gros blond et les industriels ont compris que leur intérêt était de ne pas se laisser distancer, y compris sur l'argument écologique.

L'un dans l'autre, c'est moins pire que cela aurait pu et Trump n'est pas éternel... selon tous les sondages récurrents , il est donné perdant l'année prochaine, quelque soit le candidat démocrate qui lui serait opposé.
Réponse de le 05/11/2019 à 14:54 :
Je suis d'accord avec vous sur le pouvoir relatif de Trump à imposer ses vues aux administrations des états ( cf le tollé soulevé par l'administration fédérale sur le "charbon propre").
Concernant la réélection de Trump, je pense que vous faites référence à un sondage de janv2018 commenté par un média canadien.
Depuis, sauf si la procédure d'empeachment aboutissait, d'après les derniers articles sur ce sujet, sa réélection semble assurée...
a écrit le 05/11/2019 à 12:31 :
haha
les chinois les russes et les americains n'en n'ont rien a foutre, mais les francais veulent sauver la planete avec leurs taxes ' facon segolene royal' dont le but est de punir les gens ( et accessoirement de remplir les caisses)
a mettre en lien avec l'article poublie hier sur la tribune ou des gogos ecolos haineux veulent imposer n'importe quoi aux boites francaises qui n'ont rien signe, mais qui se gardent bien d'aller baver leur morale la ou sont les pbs
Réponse de le 06/11/2019 à 15:49 :
En Suède, fuel trop cher (fiscalement), les gens ont été aidés à changer de mode de chauffage, et ne paient plus la surtaxe "fuel" (en Norvège c'est l'essence qui est chère, pour ne plus en voir circuler).
On devrait se réjouir, payer une taxe carbone sur le carburant pour financer avec cet argent les nouveaux tramways dans les villes, sauf qu'ils y restent, les tramways, ils ne s'aventurent pas dans les campagnes, c'est dommage, contribuer sans retour. Comme la TICGN (taxe carbone sur le gaz) figée à 40€/tonne en 2019 (devrait atteindre 150 par paliers : France (trop ?) vertueuse), elle est employée à quoi faire ? Financer les digesteurs pour faire du biogaz avec les déchets ? Ou pas.
a écrit le 05/11/2019 à 12:07 :
Les US assument leur pleine responsabilité en matière d'émission GES. Inutile pour eux de délocaliser leurs fumées carbonées.
a écrit le 05/11/2019 à 12:05 :
Il faut sortir de cette image et voir la pollution comme une ressource, la fin "d'un monde" plutôt que d'y voir la fin du monde! Sinon, nous allons voir apparaître de nouvelles religions nous imposant leur dogme!

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